L' Arbre, la lampe

 

L' arbre vieillit dans l' arbre, c'est l' été.

L' oiseau franchit le chant de l' oiseau et s' évade.

Le rouge de la robe illumine et disperse

Loin, au ciel, le charroi de l' antique douleur.

 

O fragile pays,

Comme la flamme d' une lampe que l' on porte,

Proche étant le sommeil dans la sève du monde

Simple le battement de l' âme partagée.

 

Toi aussi tu aime l' instant où la lumière des lampes

Se décolore et rêve dans le jour.

Tu sais que c' est l' obscur de ton coeur qui guérit,

La barque qui rejoint le rivage et tombe.

 

in, Pierre écrite 1965, Mercure de France