Ti'gri a été mon premier chat.

J'ai fait la connaissance de la maman et de la tante de Ti'gri, chez des amis, à la campagne.

Jusqu'alors, j'avais TRÈS peur de ces animaux, qui me semblaient sournois. Je craignais leurs réactions que je jugeais imprévisibles et ne me serais approchée d'aucun de ces énergumènes.

Déconcertée, j'ai découvert deux adorables chattes, affectueuses, caressantes et ronronnantes. A tel point que je suis tombée amoureuse de ces petites bêtes et ai prié mon amie de me garder un petit si, d'aventure, l'une des deux chattes procréait.

Ce fut le cas quelques mois plus tard. Je désirai alors adopter la femelle blanche et l'appeler Gwen (Blanche, en breton). Hélas, la chatte s'est montrée sur la défensive avec ma chienne, Wendy, lui crachant tant et plus au nez, tandis que le mâle ne semblait pas intimidé outre mesure par cette grosse chienne berger belge. Va pour le minou ! Pour son bien, et celui de Wendy !

Je n'ai eu qu'à me louer d'avoir adopté Ti'gri. Pas au début..... J'avais peur de lui, un peu.... Mais très vite, je me suis mise à adorer ce bébé. Il me le rendait merveilleusement. Il était mon petit garçon, mon petit homme, mon trésor, mon petit amour.

Il a dormi dans mes bras, chaque nuit, pendant 14 ans 1/2. Et pendant 14 ans 1/2, nous avons partagé de merveilleux moments de tendresse et d'affection. J'adulais mon bébé, qui m'adorait tout autant.

A 13 ans 1/2, il a été malade.... Une première vétérinaire m'a parlé de cirrhose du foie, ou de cancer. Et moi, j'ai dit "Non ! Mon chat n'a pas cette maladie ! " Et j'en étais certaine. Un ami médecin m'a parlé de problèmes thyrroïdiens (je lui ai demandé son avis : ne sommes-nous pas des mammifères au même titre que le chat ?...). J'ai consulté quelqu'un d'autre, qui a confirmé les doutes de mon ami.

Il n'a pas été possible de soigner Ti'gri.... Il a vécu un an avec la diarrhée, il s'est amaigri. Pourtant, il mangeait de bon appétit. Je lui ai prodigué encore plus d'amour, si c'est possible...

Un soir, il n'est pas venu se pelotonner dans mes bras. Je l'ai appelé, il n'a pas répondu. J'en étais presque vexée.... Mais me suis dit qu'il préférait dormir tranquille sur le canapé.

Le lendemain, j'ai compris qu'il n'avait pas PU se déplacer jusqu'à moi, parce que trop faible. Je l'ai installé confortablement pour la journée.

Le soir, il n'avait pas bougé de place, et Popeye, le chien de la SPA, avait manifestement passé sa journée à ses côtés. Il m'est apparu, comme une évidence, que c'était sûrement quelque chose comme le bout du chemin...

J'ai emmené mon bébé sur mon lit, l'ai installé au pied avec des coussins, pour qu'il soit bien. Dans la nuit, il s'est traîné hors du lit pour faire ses besoins. Mais à demi paralysé, il ne pouvait plus se relever, et il avait beau y mettre toute son énergie, ses pattes râclaient désespérément le pied de l'armoire sans que rien se passe. C'est ce qui m'a réveillée. J'étais endormie depuis peu.

J'ai pris mon bébé, l'ai lavé, et l'ai couché, non plus au pied du lit, mais dans mes bras, comme nous avions dormi pendant des années. C'est ce qu'il voulait. Il s'est mis à ronronner, s'est endormi, et a continué à ronronner pendant son sommeil. Je l'ai bien serré contre moi, en pleurant. Je savais que c'était fini, cette fois.

Il a fait pipi contre moi, sans s'en rendre compte.... Qu'importe ! Je n'ai pas voulu le déranger. Tout irait dans la machine à laver le lendemain, et je n'aurais qu'à prendre une bonne douche.... Je n'ai pas dormi, j'ai pleuré, j'ai serré mon petit ange dans mes bras....

Chez la vétérinaire, je suis restée jusqu'au bout près de lui. Pas question qu'elle l'emmène hors de ma vue, seul, le pauvre, pour l'euthanasier. Je lui ai tenu la patte, en lui disant que je l'aimerais toujours et c'est toujours vrai 5 ans après. Il est toujours là, dans ma tête et dans mon coeur, le plus beau, le plus merveilleux chat que la Terre ait jamais porté. Et il le restera.

Il n'aurait pas dû partir à ce moment-là... Dix jours avant son départ, j'ai appris la nouvelle de mon cancer. Alors, j'aurais tant aimé l'avoir près de moi, pour m'aider à passer ces moments difficiles.... J'ai peu réagi à la nouvelle de mon cancer.... Mais comme j'ai pleuré pour la fin de mon Ti'gri......... Et je le pleure encore.

 

(D'autres photos viendront. Je dois les scanner. Je n'avais pas d'appareil numérique à l'époque, et mes photos sont sur papier...).