Armel de Wismes est l'auteur de nombreux ouvrages se rapportant à la mer et à l'histoire : "la vie quotidienne dans les ports bretons au 17ème et 18èm siècle", "ainsi vivaient les marins", "histoire de la Vendée" ... j'ai choisi "Corsaires et aventuriers Bretons" parce que c'est un hymme à la Bretagne maritime que j'aime. Depuis plus de 20 ans je randonne sur les sentiers du littoral Breton ou les chemins des douaniers par les GR et les PR, et à force de rencontrer les ports, les chapelles, les plages, les forteresses, les marins et les gens, j'ai été amené à me renseigner de plus en plus et ce livre est un très bon point de départ pour qui veut s'imprégner du littoral Breton ... Il nous parle bien évidemment des plus grands comme Dugay-Trouin, Surcouf, Jacques Cassard ... mais aussi des forteresses ... de la vie des simples marins ...
Voici quelques passages choisis:
le début du livre
"Géographiquement, la Bretagne maritime présente des rivages où l'on peut admirer le plus impressionnant dédale de pointes, d'anses, d'écueuils, d'îles et d'îlots. Battu par les flots, lavé par les souffles de la brise, ce littoral des tempêtes, des pluies et des brouillards, est aussi celui de prodigieux couchers de soleil. Là, plus qu'ailleurs, les lueurs éclatantes d'un crépuscule sur l'océan, comme le mouvement de la houle et les appels du vent, semblent avoir toujours attiré des hommes vers les eaux incertaines ... Dès l'âge du bronze, des Bretons naviguaient. Si le rôle des Phéniciens est bien connu dans le traffic de l'étain, on néglige souvent la forte activité de la flotte vénète de l'Armorique dans l'histoire des échanges commerciaux. Les Vénètes qui possédaient, sur le plan technique, une avance considérable sur les peuples du Nord, ne craignirent pas d'affronter les conquérants du Sud, et pour les réduire, César dut faire construire par Décimus Brutus un grand nombre de galères. Après une lutte acharnée la Louve romaine triompha. Elle ne put jamais courber sous sa loi une province mystérieuse, sauvage et secrète, que la mer, la lande la forêt continuaient de protéger."
le début du chapitre 4
"Parmi les corsaires bretons, deux noms s'élèvent au-dessus de tous les autres, ceux de Duguay-Trouin et de Surcouf. Tous deux semblent, à première vue, avoir connu, chacun en son temps, des destins à peu près identiques : l'un et l'autre sont nés à Saint Malo, ce vaisseau de granit, battu par les flots ; parmi les notables malouins qui depuis longtemps s'associaient pour pratiquer le commerce, la pêche et la course, les Trouin comme les Surcouf tenaient un rang distingué, René Trouin comme Robert Surcouf furent des enfants turbulents, difficiles à élever, et pourtant leurs parents les destinèrent d'abord à la prêtrise. Puis, un jour, l'un comme l'autre furent embarqués sur des navires, et c'est à partir de là qu'ils purent faire preuve de leurs capacités."
les dernières phrases du livre :
"Les corsaires ne sillonnent plus les océans et dans nos ports le temps des grands appareillages est à jamais passé. Mais, en Bretagne, sans doute plus qu'ailleurs, l'aventure n'est pas morte. Sur cette terre magique où même le banal et le quotidien s'enveloppent de mystère , le mot aventure a gardé sa pleine signification, celle que lui donnaient les chevaliers et les capitaines de la légende et de l'histoire. Il ne représente pas seulement prouesses, exploits, gloire et fortune, mais aussi rencontres heureuses ou malheureuses , succès et défaites, joies et peines, et à travers tant d'évènements vécus par chacun d'entre nous, recherche et conquète de cette sorte d'espace spirituel où l'homme d'aujourd'hui a encore quelques chances de pouvoir respirer librement. Pour s'en convaincre, il suffit de méditer parfois sur son propre destin, de chercher à retrouver intacts ses plus beaux rêves de jeunesse, ou seulement, à certaines heures du jour ou de la nuit , sur une grève déserte, de regarder la mer, symbole d'absolu."