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Samedi 10 :30, Café de Flore à St Germain
Thomas est arrivé bien avant moi, j’avais un quart d’heure de retard mais je lui avais envoyé un sms pour l’avertir. Thomas et moi sommes amis depuis un an. J’étais au grand palais pour une expo et j’y ai rencontré un ami photographe qui m’a présenté Thomas, 36 ans, bel homme, artiste rêveur, look british mais un peu bobo, anticonformiste et un excellent photographe qui a déjà exposé un peu partout en Europe.
-Un chocolat viennois svp.
Thomas avait déjà fini son café et a commandé un deuxième…
Nous avons parlé de nos dernières lectures respectives, dernier roman acheté, expos, projets professionnels, je lui ai parlé de Thomas Lélu et son roman « Le Parisien » en lui faisant remarquer qu’il y avait des similitudes avec « L'Egoïste romantique » de Fréderic Beigbeder.Une génération d’écrivains qui commence à me gaver quand ils étalent leur vie sexuelle, les petites copines qui se défoncent à tout, l’alcool, la drogue, le sexe, et leur soirées VIP comme s’ils avaient besoin de lecteurs voyeuristes et non plus de lecteurs tout court.
Thomas me questionna sur mes amants, si je voyais quelqu’un en ce moment et je lui avais répondu que je ne voyais personne et que j’étais blasée de tout. Il souriait en me disant qu’il ne s’inquiétait pas pour moi et que j’avais raison de prendre du recul par rapport à tous ces « braconniers » parisiens. J’aurai peut-être dû avant de lui poser la question me taire à jamais puisque les confidences qui ont suivi m’ont laissé sans voix.
Jas, je viens de sortir d’une relation très très spéciale, je ne sais pas comment je pourrai te l’expliquer mais j’étais addictded au point d’y avoir tout perdu y compris la femme que j’aime.
Un matin une cliente s’est pointée me demandant un portrait d’elle avec des précisions et détails techniques que seul un photographe peut connaître, elle voulait une espèce de poster-portrait pour l’un de ses amis m’avait-elle dit. Trois jours après vers 18h, cette belle brune est arrivée seule, le décor était déjà installé, minimaliste certes mais qui annonçait déjà la couleur, un fauteuil en velours rouge a été installé en face d’une fenêtre, elle était habillée en maîtresse SM, corset en latex noir,des bas noirs, talons aiguilles et un fouet à la main, je ne te cache pas que lorsqu’elle a retiré son manteau face aux spots, elle était tellement belle que mon cœur battait fort au point d’en entendre l’écho résonnait dans mes oreilles.
Plusieurs prises, assise dos bien droit, même position, même regard, même plan, même profil, elle suivait mes instructions sans dire le moindre mot. À 19h, fin du shooting, elle n’avait gardé que 4 prises, la 2ème serait le sujet de son fameux" ZE GIANT POSTER" !.
Une semaine plus tard, elle était revenue chercher sa commande, me paya et me laissa son numéro de tél.
Depuis que je l’ai vu je n’ai cessé de penser à elle, cette brune mystérieuse obséda mes pensées, elle dégageait à la fois quelque chose de troublant et mystérieux, dangereusement attirante et très sensuelle. Je ne voulais pas que l’histoire avec cette belle brune s’arrête à une commande d’une cliente assez particulière, je voulais plus, je l’ai appelé un vendredi matin et elle me donna rdv lundi d’après à 19h, j’avais dit à ma femme que j’avais un dîner avec un client, elle m’a donné rdv dans un hôtel de luxe « Br… » dans le 8ème, je ne savais pas comment je suis arrivée jusqu’à la porte de sa chambre, j’étais comme aimanté, sous la prise de quelque chose que je pourrai pas expliquer, Thomas dans les filets d'un gourou qu’il connait à peine, je suis resté devant la porte sans oser frapper, j’étais perdu, je voulais tout laisser tomber quand elle m’ouvra la porte et m’invita à entrer. Elle me demanda de me déshabiller, elle était dans la même tenue que la dernière fois, toujours ce regard froid, troublant, cette présence intimidante, je lui obéissais sans contester le moindre ordre, elle aurait pu faire une belle carrière militaire, « nu à genoux » m’ordonna t-elle, moi Thomas j’étais nu à genoux ( j’en ris quand j’y pense maintenant) face à une dominatrice, elle s’avança et m’attacha les poignets derrière le dos, elle a fait tellement vite et bien au point de me dire qu’elle a du faire ça toute sa vie, attacher les hommes, les réduire à des esclaves immobiles.
Elle me banda les yeux tellement fort, avec un ruban en soi, que j’ai pensé qu’elle voulait me ôter la vue.je l’ai entendu s’éloigner, elle siégea désormais sur son trône en velours couleur rouge parme, ne dira rien pendant presque une demi-heure, elle fuma des Vogue mentholées et buvait du champagne, j’étais toujours par terre à genoux, j’étais pétrifié et je n’osais pas bouger. Elle s’approcha de moi et colla ma bouche contre son sexe humide, tellement humide que j’avais qu’une envie c’est de la prendre et la défoncer.
Elle me tira les cheveux et me faisait mal mais j’aimais cette douleur, l’envie de la lécher encore et encore , j’étais par terre et elle debout devant moi, elle gémissait et ses gémissements m’excitaient me rendaient plus résistant plus déchaîné, sa voix douce et ferme me rappelle celle des actrices porno que je regarde en cachette sur mon ordinateur quand ma femme n’est pas à la maison, c’est la première fois que je vis cette sensation pour de vrai, la première fois que je m’aperçois que j’ai un appétit sexuel qu’aucune femme n’a su assouvir sauf « Evy » , elle me détacha les poignets et m’ordonna de la prendre et garder mes yeux bandés, elle s'empala sur ma queue sans retenu et me poussa fort et me plaqua le dos contre le sol et me chevaucha, je me suis laissé faire et je n’ai pas résisté…Si toutes les guerres sont comme les siennes, je serais fier et honoré lorsqu’ils diront : Soldat Thomas « MORT POUR LA PATRIE » !.
Il s’arrêta de raconter son récit, prend ma main et l'a fait passer sur sa braguette, son sexe était devenu tout dur, il m’a souri en me disant que cinq mois après elle lui faisait toujours le même effet et pourtant tout était fini entre eux, elle lui a juste dit qu’il pouvait désormais reprendre sa liberté.
Thomas me raconta que c’était toujours le même scénario, mais à des endroits différents,jamais le même, jamais chez elle. Cette histoire lui a coûté sa famille, son argent mais aussi cette fameuse dépendance sexuelle, il n'était plus le même, sa femme l'avait remarqué, elle voulait qu'il arrête mais il était sous l'emprise de Maîtresse Evy.Aujourd’hui me dit-il « j’ai besoin d’un équilibre, une relation saine, loin de toute perversité sexuelle, j'ai besoin de me retrouver... ».
Maîtresse Evy détenait une AJM (Arme de Jouissance Massive) dont les victimes gardent les séquelles des mois après, voir des années après. Une dominatrice face à un homme tel Thomas est capable de le pousser à l’extrême au point d’en perdre la raison. Certaines expériences sont bonnes à vivre mais avec modération, Thomas l’a compris mais trop tard, d’autres en ce moment même s’abreuvent à ces fontaines dont le nectar jouissif est tel de l’arsenic : tue lentement mais sûrement.
JAS, extrait de mes "Histoires Inachevées", 18/10/ 2009
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