Qu’est-ce que je pouvais apporter à un homme qui sait tout, qui a tout vu et vécu ?devrai-je lui réapprendre la vie, autrement?
Il n’en a pas besoin, a-t-il dit.
Certes, je connais les hommes, mais pas leurs « vrais » besoins. Je ne sais pas si je dois parler de besoins parce que les leurs sont éphémères et souvent incohérents…
Je n’avais rien commencé et pourtant tout est déjà fini. Pourquoi parler de la fin quand le commencement n’était qu’illusion?...
A lui,
Je ne savais pas comment lui dire que tout est fini, je ne ressentais plus rien pour toi, tu m’as fait tant de mal au point de ne plus savoir ce que signifiait la souffrance.
Je me sens vide, je suis comme ces maisons hantées désertées par ses esprits qui ont retrouvés enfin la paix, le repos éternel, vide mais en paix, c’est si bon de ressentir ce vide, je me sens légère, plus rien ne me retient, ton amour était une chaîne dont les maillons sont tellement rouillés qu’ils s’effritent sous le moindre souffle de liberté.
Cesse de croire que tout redeviendra comme avant, rien ne sera comme avant, avant n’était rien. Le passé est un temps qui n’existe pas dans cette histoire, elle est présent, elle naît et meurt à chaque instant et renaîtra de ses cendres par la suite.
Ecrire me fait un bien fou. Lorsque je suis seule chez moi, et quand je ne lis pas ou je ne retouche pas les photos, j’écris. Généralement c’est toujours sur les hommes, les femmes m’intéressent peu, leurs histoires parlent des hommes quittés, cocus, aimés, trahis…Les femmes sont souvent maladroites dans leurs amours, entières, sincères, fragiles, impatientes, possessives, jalouses, utopistes et cruelles...
Ton regard posé sur moi, tu espérais me reconquérir ? S’il suffisait d’un regard pour recoller les morceaux je serai la première à exploiter cette technique pour reconquérir un homme que j’avais jadis aimé. Lui seul méritait que je me mette à genoux pour demander son pardon, quant à toi tu n’étais qu’un semblant d’amant, un semblant d’homme, un arbre sans racines ni feuillages, un passager en transit qui traine sa fatigue, ses bagages vers un nulle part d’où il reviendra sans mémoire.
De légers coups de couteau dans son cœur, il saigne !
Jas m’a TUER, dira t-il.
Ce crime était parfait.
Après l’amour il y a la politesse, après les sms chauds il y a la soupe froide ! Il imposait une distance à la quelle je ne manifestais que de l’indifférence. Fuis moi je ne te suivrais point.
Quelque part…tu me manques, dis-je.
Qu’a-t-il compris de ce manque ? Rien, il n’a jamais rien compris de ce manque si ce n’est quelques moments dérobés à notre quotidien pour en faire un semblant d’histoire. Il comprendra peut-être un jour que ces moments ne valaient rien, ce ne sont que de minables virgules qui ponctuent maladroitement ces moments là.
Le manque, mon tortionnaire, l’histoire de ma vie. Je suis comme Betty dans 37°2 le matin qui "court derrière quelque chose qui n’existe pas"!.
La vie, dit-il «n'existe que dans la tête des enfants trop bien élevés desquels on a chassé l'imagination et qui ne savent qu'appliquer quelques recettes bien apprises. » ses certitudes m’agacent, il a d’autres formules comme ça, aussi fades les unes que les autres, peut-être que ça le rassure de s’accrocher à des certitudes comme celles-ci, mais pas moi.
J’apprends de l’Autre lors de chaque rencontre , je ne dis jamais je sais, parce que je ne sais pas, parce qu’il faut rester humble et écouter ces autres.
Ce que je suis en train d’écrire paraitra à certains presque banal, mais la banalité a souvent un sens, qui échappe même au plus avisé.
On avait presque les mêmes passions, je me voyais en lui, j’aimais cette ressemblance sans en être convaincue, son style me plaisait, il m’avait écrit ceci :
« Elle avait tout pour plaire et en effet me plaisait beaucoup.
Dès les premiers mots elle m'avait séduit et bien que je sache ; étant photographe ; qu'une photo ne reflète en rien la réalité je la trouvais plutôt jolie sur la minuscule photo qui ornait sa page de présentation.
Nous commençâmes par nous écrire régulièrement, les échanges étaient riches et le désir montait au fur et à mesure que l'on se dévoilait, que l'on semblait faire connaissance.
Mais quoi ? Quelle réalité cette correspondance recouvrait-elle ? Étais-ce elle sur la photo ? S’intéressait-elle vraiment à tant de domaines si éclectiques ?
Nous étions comme le petit poucet à suivre des petits mots pour trouver la personne cachée derrière les mots.
Je décidais de ne pas la rencontrer... »
La chute me plaisait beaucoup. Ne pas me rencontrer voulait dire simplement qu’il voulait me rencontrer, dans la négation je voyais l’affirmation. Il était au Louvre et m’invita à le rejoindre, je n’y suis pas allée parce que c’était trop tôt pour le rencontrer et puis j’aime tellement cet endroit au point d’y bannir tout rendez-vous avec mes amants. On n’est jamais à l’abri d’une rupture et je ne peux maudire un endroit de cette magie à cause d’eux.
Je ne cesse de penser à lui, le vent souffle fort, tellement fort que j’ai posé ma main sur mon cœur qui battait au souvenir de cet homme, je priais, ce fut mon ultime prière pour lui, sera-t-elle exaucée ?!
*Inspiration Bétadinée est un texte que j’ai écrit quand j’étais hospitalisée et mon corps puait la Bétadine. Je suis sortie aujourd’hui, l’écriture m’a encore sauvé la vie.
JAS, extrait de mes "Histoires Inachevées", 27/01/ 2009