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September 1st, 2007

Dorothea LANGE : Photographe

"You put your camera around your neck along with putting on your shoes, and there it is, an appendage of the body that shares your life with you. The camera is an instrument that teaches people how to see without a camera." - Dorothea Lange-
   
   
 
   
  Mère migrante, Nipomo, Californie. 1936 
  
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September 1st, 2007

Le dernier client de la nuit...

 

 

Le dernier client de la nuit
Il n’est ni insomniaque ni perdu
C’est un client ordinaire
Il prie, ses mains tremblent, le visage pâle levé vers le ciel
 
Le dernier client de la nuit
Ne parle pas beaucoup, il n’aime pas les mots
J’ai même cru qu’il était muet
Il passe son temps à fredonner un air inconnu
 
 
Le dernier client de la nuit
N’a ni terre ni femme
Ses rides sont des sillons marqués par le temps
Il est partout mais je le vois nul part
 
 
 
Le dernier client de la nuit
Jaloux de sa liberté, c’est sa richesse et sa fierté
Il a tant de secrets et de chagrins 
Il gribouille des mots magiques sur des petits papiers
 
 
Le dernier client de la nuit
M’a dit un jour que je suis sa muse
Dur de convaincre une femme qui ruse
Il est toujours seul, dépourvu même de son ombre
 
 
 
Le dernier client de la nuit
Est un soleil qui vient de loin
Homme parfait, peut-être est-ce un Dieu sur terre ?
Il rit quand je lui fais de la peine, utopiste jusqu’au bout
 
 
Le dernier client de la nuit
Ne fait pas de bruit
Son masque est de terres éloignées, une légende méconnue
Il a tout d’un poète et rien d’un prophète
 
Le dernier client de la nuit
A peut-être un cœur ou même plusieurs
Au creux de sa main, des plaies en sang mais il n’a pas peur
Des fois il redevient sentimental, Il rêve de l’amour , de l’infini et des étoiles.

  

JAS

 

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September 1st, 2007

Ainsi parlait-elle

 

 

Je doute la nuit
Mon corps
Ce foyer sans âme
Mes mains
Caressent le visage étrange
D’une femme.
                                            
 Une ville
Espoir et asile
Quelques ombres qui
Souvent
Bougent comme
Des pantins.
 
Un homme
Au regard vide
Aux lèvres pures
Sa peau
Blanche comme la poudre
Des étoiles.
 
Dieu
Souffle suprême
Il est unique et éternel
Ma foi
Je l’ai perdu sur
mon chemin.
 
JAS
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September 7, 2007

Citation du matin!

Je lisais le roman de Guillaume MUSSO Seras-tu là? lorsque soudain, une espèce de voix intérieure m'interpella, je m'aperçu que je venais de lire quelque chose de beau, très beau et tellement vrai que j'aimerai donc partager avec vous.

"Je fais reculer la mort à force de vivre, de souffrir, de me tromper, de risquer, de donner et de perdre"

Anaïs Nin

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September 29, 2007

That’s not typing, it’s writing!

 

-Je ne m’excuse pas pour ce que je suis !

 
 
Nos images s’évaporent et laissent derrières elles des miroirs déformés, pourquoi mon Dieu auprès de cet homme je ne suis plus la même, pourquoi ai-je l’impression d’être piégée au milieu de cette toile magique, celle où l’ennui n’a pas de place, le doute, la peur, la fuite ne sont qu’un souvenir lointain ? 
j’ai le vertige, la vue brouillée et les larmes aux yeux. Debout devant cette fenêtre et derrière moi le lit de ces délicieux péchés, je cesse de regarder cet homme parce qu’il n’a plus de visage, il l’a perdu pendant nos ébats et il ne le retrouvera plus, je le sais. Je regarde les rues désertes de cette ville que j’aimerai tant quitter, cette plage que je ne peux voir à cause de ce brouillard lourd et épais, ces hommes et femmes que j’ai tant observé la veille, absorbés par tous ces jeux, autant de stratégies, de sueurs froides, de prières ratées, d’argents jetés dans ces machines qui jouent un air qui ne m’est plus étrange….
De loin, cette chanson de Cabrel qui jadis rythmait mes nuits retentit comme l’ultime instant de vérité, la mienne :

Elle te fera changer la course des nuages,
Balayer tes projets, vieillir bien avant l'âge,
Tu la perdras cent fois dans les vapeurs des ports,
C'est écrit...

Elle rentrera blessée dans les parfums d'un autre,
Tu t'entendras hurler "que les diables l'emportent"
Elle voudra que tu pardonnes, et tu pardonneras,
C'est écrit...
 
Pourquoi plus rien ne m’habite, pourquoi j’ai pris l’habitude de ne plus avoir aucun besoin et pourtant à ce moment précis je redeviens femme plus que jamais.
Je sais qu’une fois de plus, lorsque toutes ces choses à la fois étrangères et familières auraient disparus j’aurai un petit goût d’amertume sur mes lèvres, un de ces sourires froids et laids prendra forme petit à petit, celui qui me redonne cet air de femme blasée, froide, fatale et inaccessible. 
Il n’y a pas d’habitude, il n’y a plus d’amour, il n’y a plus de rêve, mes chemins ne mènent nulle part , ils n’obéissent plus à mes espérances.
Je ne sais plus ce qui me fera avancer parce qu’il fut un temps où l’on ne me demande plus ce qui me fera avancer, il fut un temps où je reconnaissais toutes les saisons même celles qui prennent d’autres chemins pour se perdre dans une intemporalité passive et silencieuse ; mais aujourd’hui tout a changé et rien ne sera plus comme avant.
Je cherche à abréger le temps qui se consume telle cette bougie posée sur cet autel vieilli par tant de prières et espérances dérisoires de quelques âmes pécheresses…
 
(Extrait de mes « Histoires Inachevées »JAS)
 
 
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September 29, 2007

En attendant Godot...

 
Je t’aurais attendu toute ma vie, même les autres vies, celles dont j’ai rêvé et celles que j’ai fabulé. Les rêves sont souvent des pièges et pourtant je rêve encore.
Aujourd’hui, j’étais là à t'attendre dans cette gare, ton train est arrivé mais toi tu n’y étais pas. Un jeune homme s’approche de moi et me demande si j’allais bien, un inconnu qui se souciait de moi, peut-être parce que je semblais être une femme anéantie comme toutes ces autres qui portent les clefs des contrées inconnues, celles que des hommes comme toi ont déjà visité mais ils n’y sont jamais revenus.
 
L’amour est dérisoire, l’amitié est méprisable, la féerie des songes se heurte à la réalité d’un monde hypocritement moral.
  
Je t’ai attendu parce que je croyais encore en nous, vainement, désespérément, souvent naïvement. La plus haute des solitudes ne date pas de cet instant là, sur le quai de cette gare, la voie 42 que je fixais depuis quelques heures déjà, les voyageurs passent et repassent, chacun d’eux porte en lui une histoire peut-être triste ou gaie, il ne s’arrête pas parce qu’un train l’attend ou une amoureuse, un homme, un membre de sa famille qui l’attendra sûrement dans une autre gare, une autre ville. Les gares abritent paisiblement le quotidien  de quelques existences en sursis.
Privée de mes larmes parce que je suis dans un lieu public, j’ai sorti mon petit carnet pour y  gribouiller les notes muettes d’un profond chagrin:
« Je suis tristement seule dans cette gare,j’aimerais tant l’abreuver de larmes mais je ne peux accorder à mon corps un piètre spectacle où il exhibera généreusement sa faiblesse. Il n’est pas venu parce qu’il ne m’aime plus, j’avais un amant, je m’abritais dans son cœur, c’est un prince à la fois tendre et cruel, une étoile noire qui quitta mon ciel…cette gare m’absorbe et je ne peux la quitter. L’ivresse du désespoir me dépasse, je suis comme un homme lourd de désirs inassouvis et dont l’organe par lequel il prétend s’affirmer ne lui obéit plus. »
 
Je croyais que je maîtrisais le jeu des vices et des vertus, je ne t’écoutais pas assez pour savoir à quel point tu profitais de mes faiblesses et mes illusions, à quel point tu pouvais devenir un monstre. Tu es un lâche, ton mutisme et ton apathie m’exaspèrent, ton existence est abstraite jusqu’à l’insignifiance, tu es insignifiant. Je ne porterais plus jamais le deuil d’une séparation, tu m’entends…plus jamais!

Quand tout sera mort
Quand la passion aura quitté mon corps
Je me reprendrai
Et je te quitterai sans un regret

Parce que je crois
Qu'un jour dans un sourire
Je vais dire
Que nous deux
C'est fini tu vois
Et qu'enfin il me reste
Que le geste
De l'adieu

(Aznavour)

Jas

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September 30, 2007

Les mots des hommes

Les Mots des hommes -ne sont pas souvent ceux des femmes-, un très beau roman que je viens de finir, écrit par une femme qui se cherche et retrouve les hommes qu'elle a jadis aimés. 
 
   
« Quand tu m’as parlé, tu m’as fait l’affront de mentir encore. Il fallait que tu rentres à Paris, un projet de théâtre t’y appelait, toutes les raisons de mettre une distance entre nous étaient bonnes. J’ai suggéré que tu reprennes ta liberté, mais tu as juré que tu m’aimais, et ce soir-là nous avons fait l’amour comme deux adolescents, en gigotant de tous les côtés. Tu ne t’es pas aperçue que je pouvais enfin retenir mes orgasmes. En vérité, ils n’arrivent pas, je m’étais dédoublé, je me voyais faire l’amour avec une femme méprisable qui me prenait pour un con, un esclave qu’on peut  manipuler et posséder à sa guise. 
La haine s’est infiltrée dans nos rapports, elle ne devait plus cesser de grandir et de prospérer.La haine est un lien aussi fort que l’amour. Je te haïssais, mais je voulais voir jusqu’où tu irais. Les deux années qui ont suivi ont été un enfer que je ne revivrai jamais plus. Dix fois tu m’as appelé et abandonné dans des conditions similaires. Tu voulais te faire pardonner, tu sanglotais, perdue et repentante, et tu repartais avec la même urgence, la même indifférence. Tu me portais aux nue, j’étais le seul homme droit et humain que tu aies rencontré, mais tu me bafouais le lendemain en te précipitant à un nouveau rendez-vous de ton amant, dont tu me disais pis que pendre. Je te regardais te débattre, avec répugnance, mais ce spectacle affligeant me fascinait, et c’est pour cela que je t’en veux. Tu as fait de moi un homme cynique et fataliste durant de nombreuses années. » 
 
Extrait de « Les Mots des hommes » par Macha Méril 
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September 30, 2007

Dog's life

  
   
    
     
  
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September 30, 2007

Saturno, peintre fétichiste

Des peintures et portraits d’inspiration religieuse dans les poses et les thèmes (Cène, nonnes, anges, saintes...) teintés de diableries friponnes et de péchés de chair, des couleurs chaudes et fortes, une ambiance un rien gothique et sulfureuse.Tel est l'art de Saturno Butto, peintre italien de nus inspiré par les couleurs ocre et le rouge. Dans ses huiles sur toile, les modèles interrogent le regard d'une manière très forte et avec des figures angéliques. Son art est épris de fétichisme,de gestes et accessoires qui rajoutent à ses peintures une touche nippone et un soupçon de chirurgie.
  
     
  
 
 
  
 
 
 
 
 
     
 

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September 30, 2007

Paris je t'aime

 

Je marche dans tes rues
Qui me marchent sur les pieds
Je bois dans tes cafés


Je traîne dans tes métros
Tes trottoirs m'aiment un peu trop
Je rêve dans tes bistrots

Je m'assoie sur tes bancs
Je regarde tes monuments
Je trinque à la santé de tes amants

Je laisse couler ta seine
Sous tes ponts ta rengaine
Toujours après la peine

Je pleure dans tes taxis
Quand tu brilles sous la pluie
C'que t'es belle en pleine nuit...

Marc Lavoine

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September 30, 2007

L'insomnie

 

 

 
Couchée au bord de mon lit telle une offrande que le sommeil s’applique à ignorer. Dans mon insomnie la lucidité devient maîtresse, je pense et repense à tout et dans les moindres détails, la nuit je refais ma journée , je règle mes comptes avec certains, j’organise mes séparations et mes rencontres….Mon cerveau travaille sans relâche et ça devient obsessionnel…
La nuit revient tel un conteur avec ces mêmes histoires qui m’ont fait rêver étant petite, elle me nargue et elle repart  en me laissant sur le seuil de cette porte interdite telle une orpheline!mes orteils sont de glace, je ne cesse de les frotter contre les draps mais le résultat reste le même, l’échec de les réchauffer s’accomplit par cette insomnie impitoyable…
Je me retrouve seule face à l’obscurité, devrai-je allumer ma lampe et noyer mon insomnie dans la lecture ou me contenter d’écrire et réécrire des pages entières dans ma tête et qui disparaîtront le jour levé après une courte nuit de sommeil ?!
Un livre à la main, je lis en prenant soin de ne pas regarder la montre, les heures passent et je ne suis toujours pas fatiguée de tourner ces pages noircies par les rêves d'autruis, je soupçonne mes yeux d’un complot avec l’insomnie, j’en suis convaincue.
Les livres sont mon seul somnifère, l’unique que je prends soin de bien choisir à la Fnac qui est devenue une sorte de pharmacie ambulante, ils ne le savent pas mais moi je le sais, je sais que dans ces rayons je trouverai mes somnifères sans aucune prescription !
Les hommes ne comprennent pas l’insomnie des femmes et moi je ne comprends pas le sommeil des hommes…
Il y a des nuits comme ça, il y en aura d’autres de plus en plus.
Après le vertige de l’insomnie viendra celui des livres, les livres deviennent ce lit sur lequel les mots se couchent au bord de l’infini...

Jas

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