Elle ne sait plus, elle est en attente de quelque chose, mais quoi ? 

Je ne sais plus ce que je veux, ce qui me rendrait ce sourire éternel, tellement beau, ce regard qui brille, cette femme épanouie que je ne rencontre plus que dans mes rêves.
J’ai toujours assumé mes choix, j’ai toujours mis sur un piédestal tout ce que mes parents m’ont inculqué, m’ont appris de la vie et des valeurs que je dois tant appliquer à la lettre, "tu ne peux être femme respectée et respectable tant que tu n’as pas fait d’études"..."Le savoir t’ouvrira des portes, les diplômes parleront à ta place ma fille"…
Je suis allée au bout de tout cela et ensuite j’ai fait un pas en arrière pour comprendre. Ce n’est jamais trop tard pour se retrouver avec soi-même, communiquer avec soi c’est déterrer de son histoire personnelle ce fameux Graal que personne d’autre ne peut trouver en vous.
Mon Saint Graal je l’ai trouvé et ça me fait peur.
La quête de soi est dangereuse, lire dans soi-même demande du courage, lucidité, patience et sagesse.
Samedi, nous nous sommes retrouvées entre copines. Nous l’avions fait à la SEX&THE CITY. Quatre femmes, amies, aux destins et choix de vies différents mais tellement impressionnants.
Mini-fours, champagne, macarons, thé à la menthe, jus, pétards, zik branchée et histoires de femmes illustrées par des photos qui étaient, je l’avoue, bien réussies.
Le sujet de débat était les hommes ! Oh que oui, qui mieux que les hommes pouvaient faire tourner encore et encore les langues de ces belles créatures…
Alors Jas, ton consul tu l’as finalement éjecté ou pas ? tes vacances ? ça se passe bien au travail ? encore des rumeurs sur toi ou tu les as calmé ?…
Sora ma chérie, ta soirée à l’étoile ? au fait ta robe Dior est magnifique, Ohhh ton sac Chanel est trop fashion, T’as gagné combien au casino ? NY est donc pour bientôt avec ton chéri ?…
Sab, Comme tu es belle sur les photos, franchement tu devrais poser, ta beauté est si naturelle tu as un visage angélique, ton travail d’éducatrice n’est pas épuisant ? elle avait quelle âge la petite ? 15 ans et enceinte ? oui tu as raison les parents sont dépassés par les événements…
Ves, Oh yes danse ma belle tu bouges bien ! t’es gracieuse on dirait une princesse orientale. Hey alors ton lover t’offre toujours des roses ? oui, y a pas que l’argent dans la vie tu vois comme quoi, tu as fréquenté la crème de la crème et ce mec aussi simple soit-il a su t’offrir ce que les autres ne pouvaient pas te donner, l’Amour ma chérie…
C’était ça notre soirée, on parlait de tout et de rien, des histoires de femmes, de vies…C’est à ce moment là que j’ai pensé à lui, à cet homme que je fuis désespérément, volontairement, comment lui dire que je ne peux plus faire semblant, comment lui dire qu’il n’est là que pour remplir cette case, remplacer l’irremplaçable, lui l’unique, qui restera unique malgré tous ses défauts, j’aime ses défauts parce que je n’ai pas pu encore apprécier ses qualités.
Je sais qu’il le sait, mes yeux passent aux aveux dès qu’ils le voient, on s’empoisonne volontairement, on se donne la mort parce que nous sommes trop fiers pour se donner la vie…
 
J’ai fait le choix de te dire Adieu, c’est fini. Les tiens ont besoin de toi, pas moi. Je ne veux pas que tu restes, elles t’attendent et tu n’as pas le droit de les quitter pour moi. Je sais que tu ne voudras pas mais fais-le et arrête de me répéter que je t'apporte beaucoup, que je suis unique et dangereusement attirante, ce n’est qu’un jeu, les autres le savent mais toi tu restes dans la négation de ce « JE ».
 
Je rêve d’un départ, une page pas encore noircie, un ciel étoilé, la raison qui cessera d’interdire à mon cœur de s’exprimer, la censure sentimentale existe, une femme cérébrale s’auto-torture et elle aime ça, une castration qui procure de la jouissance…
J’ai tant besoin de comprendre pourquoi je suis souvent dans l’envie de tout quitter, détruire, fuir pour quoi faire ? je suis dans une spirale destructrice. Ce que je vis et je fais vivre aux autres paraît parfois si parfait que cette perfection m’agace, je suis blasée, fatiguée de ma gentillesse, de mes sourires, mes silences, ma générosité, de cette volonté de vouloir tout contrôler, contrôler mes moments de faiblesses, ne pleurer qu’en cachette, tromper les autres et leur faire croire que je suis forte, que je suis différente, intriguer, séduire, le mystère qui attire tel un piège bien tissée par la célèbre « Veuve noire » (j’ai failli écrire Veuve Clicquot…sourire) !
 

Il est presque 2h du mat, c’est le 14 Juillet, la fête nationale (Bonne fête à toutes et à tous). Je n’aurais pas l’occasion de me pointer aux premiers rangs pour prendre quelques clichés (attention ce n’est pas parce que Bachar el-Assad y est invité mais… ) parce que certains y sont depuis 7h du matin et à 10h pas moyen de trouver une brèche où s’engouffrer dans cette marée humaine, ensuite parce que tout simplement j’ai besoin de me reposer puisque j’ai un sacré programme qui m’attend le soir.

Mardi, il y aura encore sur mon bureau les roses qu’il m’avait offertes vendredi dernier, elles seront fanées, avant d’allumer mon laptop je les regarderai une dernière fois avant de les jeter comme pour un ultime Adieu…Quoi de plus beau que des roses fanées pour enterrer cette histoire !?

 JAS, extrait de mes "Histoires Inachevées", Juillet 2008