Tout le bonheur du monde est dans l’inattendu.
« Jean d’Ormesson »

Elle ne sait pas encore que de nombreuses heures sont passées depuis qu’elle a ouvert son livre, sans penser aux aiguilles de l’horloge dressée devant elle comme un ultime rappel à l’ordre. Elle lit jusqu’à ce que son lit l’appelle. Presque tous les soirs, elle aime lire et elle ne peut imaginer sa vie autrement. Elle qui voudrait tant comprendre l’âme humaine va-t-elle trouver ce qu’elle cherche dans ces livres, ces escapades photographiques et ces rencontres sans lendemain ?
Elle qui a troublé plus d’un homme dans sa vie se demande si toutes ces séparations sauront lui expliquer pourquoi ce désir et cette passion s’envolent comme ils étaient venus, sans crier gare !
 
Tous ses textes n’ont pas de destinataire, contrairement à ce qu’il pense, lui, il ne sait pas qu’elle n’est qu’une faiseuse de mots. Une inventrice d’histoires improbables ou pas. Elle est souvent ailleurs alors qu’on la croit ici, là-bas, alors qu’on se dit que ça ne peut être qu’elle. Le jeu du « Je », rétorque-t-elle !
J’ai beaucoup appris de « mes » hommes, la liberté dans leur amour, leur silence qui est devenu le mien, la jalousie, la trahison , le doute, la fuite, la séparation, surtout les innombrables techniques de séparation même quand j’avais ces hommes dans la peau. Tu es si présent, tu es tellement là que je te vois partout. Et même si tu me blesses avec tes doutes et tes soupçons, je ferme les yeux pour me réfugier dans le silence de mes certitudes. Dès mon jeune âge, j’entendais ma mère dire à mes sœurs qu’une fille de bonne famille ne lève jamais les yeux sur les hommes, il faut baisser la tête et ne pas se détourner …De la Pudeur, parlait-elle naïvement !
 
J’ai fait tout le contraire, j’étais ce vilain petit canard mais tu avais raison maman, ça ne vaut pas le coup de lever les yeux sur ces êtres-là, après tout il n’ y a pas de mal à aimer les femmes mais ce n’est pas vraiment ce que j’attends de mes pulsions sexuelles, souvent incontrôlables et destructrices. Je ne peux pas vivre sans ces crétins, ils m’attirent et hypnotisent tous mes sens.
La soumission, l’effacement, la résignation, l’injustice m’irritent. Je méfie de ceux qui passent leur temps à vous observer derrière un mur de silence, ces gens-là passent au crible vos failles, faiblesses et points forts pour mieux vous contrôler. Il faut jouer le jeu, tromper l’ennemi en acceptant son invitation au Game, en revanche, le Game over ne doit jamais venir de vous mais de lui.
Tu m’épies et j’aime cela, je fais semblant de ne rien voir, tu crois contrôler la situation, tu crois tout savoir mais tu ne sais rien. « Tu es une femme intelligente » me dis-tu, Eh oui, raison pour laquelle tu ne réussiras point à me noyer dans un flagrant délire. Tu as déjà vécu un joli fiasco, serais-tu amateur des prises en flag ratées ?
 
Elle ne sait pas qui a tué votre histoire, peut-être que la fin était déjà inscrite dans le commencement .L’assassin ce n’est ni vous ni elle, vous avez tout simplement planifié un crime parfait comme tous ces autres…Or, vous savez qu’il n'y a pas , il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais de crime parfait !
Un avant-goût de la solitude s’installe, je fuis l’asphyxie de ton amour, un besoin d’exil dans l’urgence, bientôt une nouvelle année, tu me diras « Bonne année mon amour », je te regarderai avec ce masque que je porte à chaque occasion où je m’efforce d'être la moins désagréable possible, ce sourire fade, ce regard détaché et elle te répondra « Bonne année chéri… ».
  
Mon bonheur est dans l’inattendu, mon envie de vivre vient de cette attente. J’ESPERE, pleinement, complètement, je sais que tu n’es pas dans cette attente-là, tu es souvent confronté à ce décalage de nos perceptions de la vie, de l’avenir, dailleurs tes reproches tournent autour de cela, je suis tellement épuisée que je n’ai plus la force ni l’envie de te sauver d’un éventuel naufrage… 
 
 
 
Jas, extrait de mes « Histoires Inachevées »