Qu’a-t-elle donc de si important à lui dire ?

Rue de Rivoli, samedi 31 juillet, 19h00
-Elle
Marchait , ses pensées dispersées à l’image de tous ces visages anonymes qu’elle croise au fur et à mesure qu’elle avance et qui ne sont au final que des ombres qui projettent une lumière fade et triste.
Elle ne l’avait pas vu, ce charmant inconnu en chemise en lin blanche, une approche singulière et amusante venait de lui, leur échange était bref, le temps d’un trajet, profiter de cet instant pour le connaître un peu, ne pas oublier son visage, sa voix , son prénom…Elle ne l’a pas oublié, il était un passant différent des autres, un inconnu dans l’urgence de quelque chose, mais quoi ?
Je ne sais pas pourquoi c’est vous, ce sera vous, pourquoi je pense à vous, pourquoi le manque s’installe, je ne vous connais pas et pourtant j’ai l’impression que vous avez toujours était là. Je sais que je serai à vos côtés, je sais que ce sera notre histoire, les dès sont jetés depuis l’instant où nous nous sommes croisés, nous sommes maîtres de rien du tout, la preuve je suis là à vous écrire alors que samedi à 18h59 vous étiez encore un inconnu parmi d’autres…
Je sais que vous avez besoin de moi, je ne pourrai pas l’expliquer mais je sais que je serais là pour vous quoiqu’il arrive…Non je ne suis pas un ange gardien sinon je serai déjà avec vous, près de vous au chevet de votre cher père...
Restez, nos destins sont désormais liés.
-Lui
Je vous respire jusqu'au tréfonds de votre mystérieuse et envoûtante sensualité...
Je ne vous quitte plus car cette fragrance est la plus agréable des geôles
Vous êtes le rêve incarné du désir rebelle de toutes les passions...
En un mot comme en cent vous êtes belle à mon cœur et à mon âme
Ne me quittez pas
-Elle
Vous quitter?
Comment pourrai-je quitter l'âme de mon âme si ce n'est pour condamner la mienne à l'agonie ?...
-Elle
Quelques jours plus tard, Paris 8ème,20h00
Ce soir là dans ses bras je n’étais plus la même, comment peut-il m’apaiser à ce point alors qu’on se connaît à peine ?...Je n’étais rien sans lui, je suis devenue quelqu’un avec lui, rien c’était abstrait, c’était la mélancolie du silence, le visage fermé, un tableau parmi d’autres de la vie et de la grisaille parisienne, je suis désormais un être qui se complète et qui ne se complexe pas…Dans la complexité du monde j’étais simple, ce qu’il m’offrait aujourd’hui c’est une complexité simple, celle où nous pouvons être à la fois seuls et plusieurs…Il est mes moi et émois, je suis celle dont il rêvera, celle avec qui il frôlera l’infini dans son immensité, nos horizons se rapprochent et se complètent , je le veux et tout mon être le réclame…l’absence des mots ne manque pas d’éloquence, je le sens, je le respire, je le vis et je le devine!
Toutes les histoires d’amour commencent par un jeu, la notre commence par un Nous, le Je n’a plus sa place, il la cèdera aux jeux de l’amour, au désir qui constitue une sorte de destin…
Il me regarde,prend mon visage dans ses mains,me dit qu'il devait me le dire ce soir...Je le regarde émue et il me dit: Je t'aime mon amour de tout mon coeur et de toute mon âme...J'en étais bouleversée!
-Lui
Emoi…
Votre présence est partout en moi, ne cherchez plus votre terre d’asile car vous l’avez trouvé…
-Elle
Emoi…

J'ai toujours préféré la folie des passions à la sagesse de l'indifférence.

Anatole France

JAS, extrait de mes "Histoires Inachevées", 07/08/ 2010