Je n’espère plus rien de toutes ces bouches, ni baisers, ni mots doux, ni promesses, j’ai cessé d’avoir envie d’écouter des mots qui chantent et glorifient le mensonge…Douce est ma naïveté, l’amour que je porte souvent pour eux, on ne vit que de choses superflues et on oublie l’essentiel.

Lorsque je regarde ce monde, ces gens autour de moi, cette ville, ces ombres dont je fais partie, je réalise combien je suis désespérément perdue dans les entrailles de cette spirale destructrice, je ne suis plus la même depuis bien longtemps, je ne sais plus qui je suis ni qui je serai, tant d’attentes vaines, de douceurs devenues douleurs, je m’arrête un instant et je me regarde dans ce miroir qui ne cesse à chaque fois de me rappeler que je ne suis qu’une ombre de moi-même, une enfant qui se veut femme…

Si seulement son silence se transformait en parole, j’aurai inventé des mots pour lui dire combien je me sens seule sans lui, chaque jour je réalise que son absence m’était fatale, à cause de son départ je ne suis plus la même, ils le savent, mes yeux ne cessent de le répéter tout bas : "ramenez lui son père, c’est une enfant qui est devenue femme malgré elle, pardonnez sa dureté, sa froideur, ce cœur qui bat pour survivre…".

Elle ne sera plus la même, je l’aimais si fort que je ne peux plus aimer après cet amour là, le printemps est devenu hiver, je suis triste, mon cœur l’est aussi, je porte un masque et mes rêves ne sont que chimères, la lumière a déserté mon cœur et ne reviendra jamais…

Les autres, n’ont pas réussi à me réconcilier avec la vie, je ne les ai jamais aimé, je ne vous aime pas car je ne sais plus aimer, vous comblez mon silence, vous donnez un semblant de vie à mon ombre, mais vous êtes si loin de moi que j’oublie souvent vos visages, vos noms et vos vies, tout ce que je sais est devenu obscur, oublié et enterré, sauf lui, je l’ai enterré mais il est toujours là, il est en moi pour toujours ….

A mon père qui nous a quitté en mars 1999.