I
Le roi, seul dans la salle du trône, assis, se regarde dans un grand miroir, l'air songeur. Un jeune garde entre dans la salle et lui dit quelques mots à l'oreille.
SURIEN : Fais la rentrer.
Le garde se retire et se dirige vers la porte. Il revient.
LE GARDE (au garde à vous) : La reine !
La reine-mère entre et salue le roi.
SURIEN : Bonjour mère, ou plutôt bonsoir.
LA REINE : Sa majesté...
SURIEN : Cesse ce ton protocolaire ! Que me vaut l'honneur de ta visite si tardive, mère ? M'as-tu trouvé une nouvelle prétendante ?
LA REINE : Que d'amertume dans ta voix, Surien. Ca fait longtemps que j'ai rennoncé à te voir marié, à mon grand regret d'ailleur !
SURIEN : Et tu me dis amer ! Que devrai-je dire ?
LA REINE : Ce n'est pas de l'amertume. De la déception, c'est tout, mais je n'ai plus que toi et ...
SURIEN : Mère ! On ne va pas revenir là dessus !
LA REINE : Oui.
SURIEN : Tu n'es pas venue me faire la morale j'espère !
LA REINE : Non, je suis venue t'entretenir de quelque chose de beaucoup plus grave.
SURIEN : Vas-y, je t'écoute.
LA REINE : Je suis venue te parler de ton royaume.
SURIEN : Mon Royaume ?
LA REINE : Oui.
SURIEN : Continue ! Tu m'intrigues ! Que se passe-t-il de si grave ?
LA REINE : C'est bien ce que je pensais. Mes peurs étaient toutes fondées. Ne te rends tu compte de rien ? Ne vois tu rien ?
SURIEN : Quoi à la fin ? Que devrai-je voir ? Parle !
LA REINE : Ton royaume se fissure et se meurt à cause de ton absence en tant que roi.
SURIEN : C'est faux !
LA REINE : Malheureusement non. Ton palais est beau, il te protège. Mais regarde un peu autre chose que ton reflet dans ce miroir ! La misère, la haine, la corruption gagnent peu à peu du terrain, aspirant les forces vitales de ce monde. Elles sont maintenant aux portes de la ville, aux portes de ton coeur. Le peuple est las de ne plus voir son roi et d'être gouverné par des ministres assoiffés de pouvoir et d'argent. Les guerres de clochers et d'influences font rage, l'or est dilapidé et toi tu restes là.
Le roi se lève et va de long en large.
SURIEN : C'est faux ! Je le saurais !
LA REINE : Comment ? Tu es absent du royaume et de ta vie. Le peuple se demande même si tu es encore vivant. Tu crois que tu n'as qu'à faire le beau sur ton trône pour que tout aille ? Te vautrer avec je ne sais quels bouffons ou gardes passent encore ! Mais laisser mourir ton royaume, ton héritage, ta propre vie ! Grandis un peu ! Ouvre les yeux et regarde ! Ton père...
SURIEN : Arrête ! De quel droit ! Mon père a lutté pour ce royaume et a été tué ! Oui, il a ouvert les yeux et il en est mort !
LA REINE : Parce-que tu crois que les fermer te sauvera ?
SURIEN : Je ne les ferme pas ! Ne juge pas ma vie, tu dramatises tout !
LA REINE : Mais sois adulte ! Prends en main ta vie et ton royaume. Tu as le pouvoir en toi, il te reste peu de temps pour agir avant qu'il ne soit trop tard !
SURIEN : Tu mens ! Je le saurais, elle me l'aurait dit !
Surien désigne le miroir...
à suivre.......
Ludovic B. "Le Reflet du Royaume" ed. Le Manuscrit 2002
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Béatricepro says:
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Martine N Noirot says:
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