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December 6, 2008

Groupe de Bilderberg : Une élite qui se cache pour diriger le monde ?

On entend parfois parler d’un certain "Groupe de Bilderberg", qui se réunirait en secret tous les ans, pour établir les stratégies entre "grands" de ce monde, mais qu’en est-il vraiment ? Pour essayer d’y voir plus clair, voici deux articles parus en juin 2008, et qui nous expliquent ce qu’est ce groupe et quelle influence il aurait sur les politiques internationales en Occident.

Le premier article est l’oeuvre d’une association "Initiative Citoyenneté Défense" dont le but est d’informer les citoyens sur la politique française de Défense.

Le deuxième est paru sur le site de Rue89, à l’occasion de la réunion annuelle de ce mystérieux groupe, où apparaissent les noms de personnalités de tous les pays, y compris la France. Aux cotés de noms comme Henri Kissinger ou Paul Wolfowitz, la réunion de juin 2008 a vu la participation - selon plusieurs sources comme PrisonPlanet, Infowars, AmericanFreePress - de Christine Ockrent, Hubert Vedrine, Manuel Valls, François Pérol, et d’autres noms moins connus mais tous haut placés dans les grands groupes et multinationales.

Connaissiez-vous l’existence et l’activité de ce groupe ? L’avez-vous découvert dans les grands médias ? Rue89 semble penser que la couverture médiatique est largement suffisante, alors faites-vous votre propre opinion !


Première réunion du Groupe de Bilderberg en 1954


B. Obama, H. Clinton et le groupe de Bilderberg

Article paru sur le site Initiative Citoyenneté Défense, juillet 2008

La presse en ligne s’est récemment (en juin 2008 - NdlR) faite l’écho d’une possible visite des candidats démocrates Hillary Clinton et Barack Obama auprès du « Groupe de Bilderberg », réuni secrètement à l’hôtel Westfields Marriott à Chantilly (USA).

Qu’est-ce que cette organisation « secrète » ?

Un puissant réseau d’influence Le Groupe de Bilderberg a été fondé en 1954 à l’hôtel Bilderberg à Osterbeek (Pays-Bas) – d’où son nom - à l’initiative du Prince hollandais Bernhard, ancien officier SS, et du richissime David Rockefeller. Le Groupe de Bilderberg, conçu à l’origine comme une « alliance anti-communiste occulte », constitue toujours l’un des plus puissants réseaux secrets d’influence. Il rassemblerait des personnalités de tous les pays, leaders de la politique, de l’économie, de la finance, des média, mais aussi des responsables de l’armée et des services secrets.

Une organisation secrète en trois cercles
Très structuré, le Groupe de Bilderberg est – selon certaines sources - organisé en 3 cercles successifs.

Le “cercle extérieur” est assez large et comprend 80% des participants aux réunions. Les membres de ce cercle ne connaissent qu’une partie des stratégies et des buts fondamentaux de l’organisation.

Le deuxième cercle, beaucoup plus fermé, est le Steering Committee (Comité de Direction).Il est constitué d’environ 35 membres, exclusivement européens et nord-américains. Ils connaissent à 90% les objectifs et stratégies du Groupe.

Le cercle le plus central est le Bilderberg Advisory Committee (Comité consultatif). Il comprend une dizaine de membres, seuls à connaître intégralement les stratégies et les buts précis de l’organisation. Pour ceux qui enquêtent sur les réseaux de pouvoir, le Groupe de Bilderberg est un véritable « gouvernement mondial occulte ». Au cours de ses réunions, des décisions stratégiques essentielles y sont prises, hors des institutions démocratiques où ces débats devraient normalement avoir lieu.



Westfields Marriott in Chantilly, Va.,
site of the Bilderberg conference this weekend

Bilderberg: silence médias sur les réunions de l’élite mondiale

Article paru sur Rue89, 11 juin 2008

C’est à cette époque de l’année que le groupe Bilderberg, rassemblant environ 120 milliardaires, banquiers, hommes politiques, industriels, universitaires, haut fonctionnaires, personnalités d’influence dans le monde du travail et de l’éducation et journalistes, se réunit pendant un week-end dans un hôtel. ou un centre de villégiature quelque part en Amérique du Nord ou en Europe, afin de discuter en privé des affaires du monde.

Cette année, la 56e conférence de Bilderberg s’est déroulée [le 8 juin 2008 - NdlR] à l’hotel Westfields Marriott de Chantilly en Virginie, à une quinzaine de kilomètres de l’aéroport international de Washington Dulles. Comme lors des éditions précédentes, les détracteurs de Bilderberg accusent la presse grand public de passer sous silence un club qui selon eux dirige un gouvernement secret.

Le lieu où seraient choisis les futurs présidents américains

Les critiques affirment que Bilderberg est le lieu où sont choisis les futurs présidents américains et Premiers ministres britanniques, ce que confirmerait la participation à la conférence de Bill Clinton en 1991 et celle de Tony Blair en 1993. En 2004, le magazine Time a révélé que John Kerry a choisi John Edwards pour être son colistier juste après que ce dernier avait fait une forte impression sur les participants de la session Bilderberg en Italie.

D’après l’ouvrage de 1980 intitulé "Trilateralism : The Trilateral Commission and Elite Planning for World Management" (Le Trilatéralisme : la commission trilatérale et l’organisation du management mondial par les puissants), le Président Dwight D. Eisenhower souhaitait vivement que son personnel assiste à Bilderberg, le Président John F. Kennedy a largement recruté les membres de son administration parmi d’ancien participants de Bilderberg, comme Dean Rusk, George W. Ball, George McGhee, Walter Rostow, Arthur Dean et Paul Nitze, et les membres de l’administration Carter prenaient largement part aux réunions annuelles du groupe.

Un critique a publié une liste établissant que le club Bilderberg 2008 comprend Henry Kissinger, Ben S. Bernanke, David Rockefeller, Vin Weber, Robert B. Zoelick, Donald Graham, Verdon Jordan, Charlie Rose et leurs homologues européens. Des manifestants ont surveillé cette élite à l’entrée de l’hôtel et enregistré des vidéos de "surveillance" à l’extérieur et à l’intérieur des parties du bâtiment faiblement gardées, avant que la conférence commence.

Jusqu’ici les détracteurs de Bilderberg ont raison : la presse grand public a ignoré Bilderberg en 2008. Selon la base de données Nexis, les sites Wonkette et Raw Story ont relaté l’événement et les objections des critiques. Avec une simple recherche Web, on tombe sur des articles de critiques de Bilderberg comme Alex Jones et Jim Tucker, qui sonnent l’alarme sur le problème.

Les critiques ont raison sur un autre point : la réunion de 120 importantes personnalités mondiales est une nouvelle à ne pas taire. Mais à la décharge de la presse grand public, il faut dire qu’il est difficile de rendre compte d’un rassemblement privé, placé sous haute surveillance.

Permettre aux participants d’exprimer librement et ouvertement leur opinion

Les organisateurs de Bilderberg ont donné le mot d’ordre aux participants de ne pas divulguer les débats du weekend, affirmant dans un communiqué de presse cette année que "le caractère privé des réunions n’a pas d’autre motif que celui de permettre aux participants d’exprimer librement et ouvertement leur opinion". En 1927 la Chatham House, "think tank" britannique, a consacré une règle du même type, et des obligations de cet ordre s’appliquent lors de certaines réunions du Conseil de relations étrangères ("think tank" américain) et du Groupe de stratégie de l’Institut Aspen. Dans presque toutes les villes du monde, des groupes privés se réunissent pour discuter de manière confidentielle. C’est comme ça que le monde fonctionne. Il y a bien de temps à autre des fuites de la part des membres de Bilderberg, comme dans le cas de John Edwards en 2004, mais les chics et puissants gardent généralement le silence.

Quelles auraient été les conséquences si le Washington Post avait envoyé un reporter au très exclusif rassemblement de Chantilly ? Un journaliste d’Associated Press était parti couvrir la session Bilderberger de 1978 à Princeton dans le New Jersey, mais ce qu’il a raconté se résume à une scène où des "hommes en costumes gris et aux lunettes de soleil" le chassent du périmètre du centre de conférence Henry Chauncey. Extraits de la dépèche (Steve Hindy) :

"Kissinger s’est nonchalamment promené autour d’un petit étang artificiel samedi, jusqu’à s’approcher à quelques mètres de la route menant au bâtiment.

Il a tourné autour de l’étang deux fois, une première fois avec un homme grisonnant qui fumait la pipe et une seconde avec un homme plus jeune. Kissinger avait l’air grave et attentif pendant que les hommes parlaient de choses comme de "limitations de portées".

Kissinger avait l’air agacé et a refusé de s’exprimer lorsqu’un reporter s’est approché de lui.

L’un des deux agents des services secrets protégeant l’ancien secrétaire d’Etat fit un signe de tête plein de sympathie au reporter et lui dit : ‘Vous avez fait de votre mieux.’

Et pourtant la presse grand public ne peut guère être accusée de passer Bilderberg sous silence. Selon Nexis, le New York Times a mentionné Bilderberg une vingtaine de fois depuis 1981, dont un article de 2004 intitulé "une conférence secrète pour dominer le monde". D’autres articles dans le Washington Post, le Chicago Tribune et le Boston Globe mentionnent le groupe.

Le mois dernier encore, dans le Washington Post, Anne-Marie Slaughter a fait référence aux membres de Bilderberg dans sa critique d’un nouvel ouvrage : "Superclass : The Global Power Elite and the World They Are Making" (la Superclasse, l’élite de la puissance mondiale et le monde qu’elle est en train de construire). [en France, Michael Gama a consacré un livre, "Rencontres au sommet" (ed. Altiplano), à ces réunions des riches et des puissants, dont Bilderberg].

Article traduit par Marie Peterson pour Rue89


Notes de ReOpenNews: Lire aussi Daniel Estulin dans The True Story of the Bilderberg Group (véritable histoire du groupe Bilderberg)

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December 6, 2008

Lente dérive vers une « dictature molle » à la Française

Depuis l’arrivée au pouvoir du président de la République, Mr. N. Sarkozy de Nagy-Bocsa, certains de nos concitoyens, des élus, des associations constatent avec inquiétude une multiplication de faits graves. Ceux-ci vont de propos présidentiels et gouvernementaux blessants à l’apparition d’une stratégie récurrente de division de nos concitoyens, de la manipulation et du contrôle de l’information à l’appropriation des moyens de l’Etat par des groupes d’intérêt ou des personnes, dont au premier rang, le Président de la République. Dans le même temps, les institutions publiques sont affaiblies, le système judiciaire est attaqué et mis sous pression, alors que des actions policières de plus en plus politiques sont souvent conduites avec une violence inutile, quand elles ne bafouent pas les libertés publiques. En route vers une « dictature molle » !


Il est important de réaliser que les « dérives » constatées aujourd’hui résultent d’un mode opératoire mis en place bien avant l’élection de Mr. Sarkozy de Nagy-Bocsa à la présidence, par exemple lors de sa campagne électorale et lors de ses passages dans différents ministères de la mandature de Mr. Jacques Chirac. Les lecteurs ont en mémoire les épisodes du « Karcher » et de la « racaille », propos que Mr. Sarkozy de Nagy-Bocsa avait tenus alors qu’il était ministre de l’intérieur, ou le qualificatif de « véritable mafia » utilisé lors des émeutes des banlieues alors que les renseignements généraux parlaient, eux, de « révolte populaire des cités ».


Lors de la campagne présidentielle, de nombreux arguments présentés par le futur président reposaient sur une présentation dichotomique de notre société et de ses membres, sur une double stratégie de division de nos concitoyens, et de recherche de boucs émissaires. Ces oppositions ont particulièrement visé les chômeurs, accusés de « refuser des emplois » où les fonctionnaires « trop nombreux », deux catégories souvent présentées comme des parasites de la société face aux entrepreneurs, artisans et autres membres de la « France qui se lève tôt »... De même, prenant l’opinion publique a témoin, le futur président n’hésitait pas à exhiber un cas ou deux cas avérés d’abus des systèmes de protection sociaux pour justifier la modification de ces systèmes. Le paradigme en la matière fut cette assurée sociale qui avait consulté des dizaines de médecins différents et accumulé des centaines de boîtes de médicaments qu’elle revendait sous le manteau, exemple utilisé par la suite pour justifier de la franchise médicale appliquée sur chaque boîte de médicaments.


L’intérêt de la stratégie du bouc émissaire, mêlant désinformation et manipulation, est au moins triple. Elle permet tout d’abord, comme le font les prestidigitateurs, de détourner l’attention de nos concitoyens des vrais problèmes et des véritables causes de ces problèmes. Ainsi, dans le cas des chômeurs, leur présentation comme des assistés fainéants vivant aux crochets de la société permet de ne pas parler des véritables chiffres du chômage, de la précarité croissante de l’emploi, de la fraude fiscale massive des professions libérales, de la faiblesse du suivi ANPE et du travail au noir institutionnalisé dans certains secteurs (BTP, restauration). Dans ces deux derniers cas, certains des problèmes constatés sont d’ailleurs liés à la diminution des moyens ou du nombre de fonctionnaires chargés de ces taches, que l’on pourra aussi rendre responsables de cet état de fait, alimentant du même coup la diatribe sur le « trop d’Etat »... Cette stratégie crée aussi une tension d’inquiétude, une peur, chez le public visé par la démarche auquel on présente certaines catégories sociales comme potentiellement dangereuses (les « jeunes », les habitants des banlieues, les immigrés, etc.). Elle permet enfin de justifier aisément la mise en place de « réformes », de présenter les opposants lucides comme des individus irresponsables prêts à gaspiller l’argent public, et surtout de faire accepter la mise en place d’une politique sécuritaire forte, bien entendu « dans l’intérêt général ».




Une dérive antisociale, sécuritaire et vichyste


Depuis son élection, Mr. Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa et son gouvernement tirent les bénéfices de cette stratégie du bouc-émissaire. Le problème de l’immigration est emblématique. Rappelons tout d’abord la création du ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire. Le terme d’identité nationale rappelle que 20% environ de l’électorat du président est constitué de sympathisants du front national. Il rappelle aussi malencontreusement, de par ses prérogatives et ses moyens, le gouvernement de Vichy et son « commissariat général aux questions juives », à tel point que de nombreux intellectuels et politiques ont contesté cette dénomination. Elle ne peut, selon eux, que « renforcer les préjugés négatifs à l’égard des immigrés [...] l’identité nationale constitue une synthèse du pluralisme et de la diversité des populations et ne saurait être fixée dans le périmètre d’un ministère ». Plus grave, cette dérive a aussi donné naissance à une très xénophobe proposition de loi originaire de députés UMP qui permettrait aux tribunaux de déchoir de la nationalité française les étrangers naturalisés reconnus coupables de faits graves dans les violences urbaines.


Le parallèle avec le gouvernement de Vichy ne s’arrête malheureusement pas là. Ainsi, le terme « valeur travail » rappelle, de façon certes anecdotique, le motto de l’Etat Français. Cependant, c’est bien au nom de cette « valeur » que le gouvernement poursuit ses entreprises antisociale et de division des Français. La loi sur le service minimum d’accueil (SMA) en est l’exemple symbolique. Présentée comme une disposition permettant à ceux qui travaillent de ne pas être gênés par l’absence des instituteurs, elle cache avec difficulté sa philosophie véritable. Tout d’abord, elle donne une vision biaisée de l’école, qu’elle présente comme une garderie d’enfants, vision renforcée par les déclarations de Mr. Xavier Darcos sur les institutrices de maternelle tout juste bonnes à « faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches »... Ensuite elle exonère l’Etat de régler les problèmes qu’il crée et qui conduisent aux grèves des enseignants, en transférant aux collectivités locales la gestion de crise sans leur en accorder les moyens. Enfin et surtout, elle légalise la casse de grèves. Bien que s’en défendant, le triomphalisme de Mr. N. Sarkozy de Nagy-Bocsa en la matière l’a trahi alors qu’il déclarait en meeting à la Mutualité « maintenant quand il y a une grève, plus personne ne s’en aperçoit ». Petit problème : lors des dernières journées de grève, de très nombreuses communes n’ont pu ou voulu organiser ce « service ». Au-delà de ces arguments, le parallèle avec Vichy trouve aussi dans le cas du SMA son sens : rappelons que ce le régime de l’Etat Français avait - en son temps - interdit les syndicats, puis les grèves...


Ces dérives antisociales et vichystes s’accompagnent de dérives sécuritaires. Le fichier Edvige, reprenait un fichier plus ancien des renseignements généraux instauré par le pouvoir socialiste, l’agrémentait de données personnelles dont on peut questionner la pertinence en terme de sécurité publique. Savoir que Monsieur X ou Madame Y est homosexuelle, ou catholique ou juif, n’apportent en effet rien à la protection des biens et des personnes, et ces données ne concernent de toutes façons en rien l’Etat. En revanche, ces informations regroupées font courir un risque aux personnes fichées, en cas de vol de fichier (cela s’est vu au Royaume-Uni) ou lorsque la dérive sécuritaire se sera amplifiée.


L’autre dérive sécuritaire marquée conduit à des interventions policières de plus en plus musclées à proximité des écoles, voire dans les écoles. Voilà quelques jours, en France, des gendarmes sont intervenus en plein collège au moyen de chiens policiers pour rechercher des élèves faisant usages de stupéfiants. Le récit de cette fouille par une des élèves l’ayant subie révèle sa violence. Extraits de ce témoignage : « Soudain, la porte s’est ouverte, laissant entrer deux [personnes] un monsieur chauve habillé en militaire (le dresseur de chien) et un gendarme très gros. Le chauve nous a dit : Nous allons faire entrer un chien ! Mettez vos mains sur les tables, restez droit, ne le regardez pas ! Quand il mord, ça pique ! » Le chien s’est alors « acharné sur plusieurs sacs, en mordant et arrachant tout ce qui dépassait. Quand à la prof, elle restait derrière son bureau bouche bée. Le chien s’est attaqué au sac de mon amie, à coté de moi. Le dresseur a claqué des doigts en disant : Sortez mademoiselle, avec toutes vos affaires ! Plusieurs personnes de la classe sont ainsi sorties. Le chien vient alors sentir mon sac. Voyant que le chien ne scotchait pas, que rien ne le retenait là, le dresseur lui a fait sentir mon corps avant de s’empresser de me faire sortir. Dehors m’attendait une petite troupe de gendarmes... Le Gendarme qui fouillait mon sac vida ma trousse, dévissa mes stylos, mes surligneurs et cherchait dans mes doublures. Un gendarme à terre disséquait mes stylos, un autre le surveillait, un autre qui regardait la fouilleuse qui me fouillait et le reste de la troupe dehors. Ne trouvant rien dans ma veste, elle me fit enlever mes chaussures et déplier mes ourlets de pantalon. Elle cherche dans mes chaussettes et mes chaussures. Le gars qui nous regardait, dit à l’intention de l’autre gendarme : On dirait qu’elle n’a pas de hash mais avec sa tête mieux vaut très bien vérifier ! On ne sait jamais... » Ils ont souri et la fouilleuse chercha de plus belle ! Elle cherche dans les replis de mon pantalon, dans les doublures de mon tee shirt sans bien sûr rien trouver. Elle fouilla alors dans mon soutif et chercha en passant ses mains sur ma culotte ! L’étape d’après, ce sera les classes de primaire et de maternelle ? Dans ce cas, il ne faudra pas oublier de vérifier les couches puisque l’on s’apprête à rendre possible l’emprisonnement de mineurs de 12 ans, et à détecter des germes de délinquance chez des très jeunes enfants, dès 3 ans !


Avec la chasse aux collégiens utilisateurs de stupéfiants, la « chasse aux clandestins » bat toujours son plein toujours à proximité de ces lieux, ou dans ces lieux, où parents sans papiers - mais pas sans travail - viennent chercher leurs enfants. Voilà un mois, des enfants d’une maternelle de Grenoble ont assisté au départ précipité de trois de leurs camarades et de leurs parents fortement encadrés par des policiers venus jusque dans l’enceinte de l’école, en pleine classe. Ceux-ci ont été expulsés de France le lendemain matin, aux premières heures sans possibilité de recours. D’autres arrestations violentes se sont produites en différents endroits où des parents ont été embarqués par les forces de police, et leurs enfants laissés sur le trottoir sous la garde des passants et instituteurs. Le cas de l’école Rampal à Paris est caractéristique : des parents se sont opposés à l’arrestation d’une personne âgée chinoise venue récupérer ses petits-enfants. Leur action a entrainé le jet de gaz lacrymogènes, et le lâché de chiens policiers à l’heure de la sortie des classes devant des parents et des enfants terrorisés. La directrice de l’école, qui tentait de mettre les enfants à l’abri, de discuter avec les forces de police a été arrêtée et placée en garde à vue pour « outrage et dégradation de bien public en réunion ». Un témoin raconte que dans ce quartier parisien, elle « ne peux plus sortir avec mon fils sans qu’on assiste à une interpellation ». Ce témoin précise que lors d’une de ces interpellations, l’un des sans papier a poussé des cris épouvantables qui lui ont « rappelé ceux que mon grand-père déporté poussait en cauchemardant ».




Vers la dictature molle ?


Toutes ces actions se doublent de faits qui montrent que nous sommes en route vers une dictature molle, et que nous y arriverons assez vite si la vapeur n’est pas renversée. Il ne s’agira pas de tuer des Français pour délit d’opinion, de les torturer, mais il s’agira de les faire taire, de leur faire peur au profit d’une minorité, une oligarchie mêlant copains et pouvoir financier.


Les premiers de ces faits révèlent en effet l’émergence d’un pouvoir clanique, voire purement personnel. Les liens qui lient Mr. Patrick Balkany et le président de la République sont connus. En dépit de plusieurs condamnations judiciaires, Mr. Balkany est toujours un ami du président, ce qui lui vaut d’être présent lors de très nombreux voyages officiels. On peut légitimement se demander à quel titre cet édile bénéficie de ces faveurs, lui permettant d’être traité parfois mieux qu’un ministre, au grand dam des responsables du protocole et dans un silence médiatique surprenant. Un autre exemple de la dérive clanique a, lui, été médiatisé. L’irruption d’indépendantistes corses dans la résidence secondaire de Mr. Christian Clavier, grand ami du président, a conduit au limogeage du coordinateur des forces de sécurité en Corse, Mr. Dominique Rossi, par le ministère de l’Intérieur. L’atteinte aux biens a consisté essentiellement dans un usage non autorisé de la piscine de la résidence et dans une dégradation d’une statue. Il est bon de rappeler que quelques jours plus tard, un instituteur sans problème, Mr Emmanuel Multedo, était abattu dans les rues de Bastia sans que cet assassinat ne soulève de réactions indignées à l’Elysée, et sans que des sanctions ne soient prises à l’encontre de responsable des forces de police. A ce jour, l’enquête sur ce dossier piétine toujours alors que les indépendantistes corses s’étant invités chez Mr. Clavier ont été jugés et condamnés. « Le fait du prince », commentera Mr. François Bayrou, qui ajoutera non sans raison « ce sont des décisions arbitraires et disproportionnées et qui montrent à quoi on arrive quand les pouvoirs sont ainsi concentrés entre les mêmes mains, quand le copinage avec les puissants remplace la raison d’Etat ».


La seconde série de faits concerne la main mise sur l’information. Celle-ci est en effet quasi-exclusivement aux mains de groupes industriels ou financiers proches du pouvoir. Les lecteurs d’Agoravox connaissent bien les liens qui existent entre Mr. N. Sarkozy de Nagy-Bocsa et les groupes Lagardère ou Bouygues. Ces mêmes lecteurs ont été tenus informés des manipulations fréquentes des images présentant le président de la République avec ou sans bourrelets, avec ou sans garde du corps, un peu plus grand que la réalité, ou d’un membre du gouvernement avec ou sans bague diamantée. Ces épiphénomènes sont caractéristiques de la situation actuelle, où l’image vaut plus que l’information, où la fiction remplace la réalité. Ces procédés sont rendus d’autant plus faciles que la presse d’opposition se fait rare, et que les opposants et sonneurs d’alarme peuvent rapidement se trouver soumis à de fortes pressions politiques, policières ou judiciaires. Citons le cas de France 2 et France 3, dont les directions seront nommées dorénavant par le président de la République, à l’image de ce qui se pratiquait du temps de l’ORTF. Rien d’étonnant, dès lors, à ce que le journal de France 3 et ses journalistes, plutôt indépendants du pouvoir politique, soient dans la ligne de mire des proches du président, des députés UMP allant jusqu’à demander sa suppression. Cette démarche est à rapprocher des propos agressifs du président lors de la préparation de son interview de campagne par cette chaîne. Devant attendre quelque temps pour son maquillage, Mr. N. Sarkozy de Nagy-Bocsa s’était emporté de façon inquiétante : « Il faut virer la direction de France 3 ! Je ne peux pas le faire maintenant. Mais ils ne perdent rien pour attendre. Ça ne va pas tarder ! ». Citons l’embauche à TF1, propriété du groupe Bouygues à qui l’Etat s’apprête à faire cadeau de la publicité divertie de France Télévision, de l’ancien chef de cabinet de Mr. N. Sarkozy de Nagy-Bocsa, Mr. Laurent Solly. Citons aussi le cas de Mr. Denis Robert, dont l’enquête sur le fonctionnement de chambres de compensation lui a valu et lui vaut des démêlés interminables avec la justice sans que cette même justice ne s’émeuve outre mesure des faits décrits dans ses publications. Enfin, citons la placardisation ou le licenciement de journalistes non-conformistes ou simplement « non-conformes », tels Messieurs Daniel Mermet, dont l’émission sur France Inter a été reléguée à une heure de faible audience, Richard Labévière de RFI, sanctionné pour un délit d’opinion et qui dénonce la mise au pas de l’audiovisuel depuis l’arrivée de la nouvelle direction proche du pouvoir politique, ou Ulysse Gosset qui paye là un portrait pour l’émission « le talk de Paris » de Mr. Bernard Kouchner, qui avait déplu au ministre des affaires étrangères. Le but de toutes ces manœuvres est de livrer à nos concitoyens une « information formatée », conforme aux vœux du pouvoir, comme l’a admis bien involontairement le communicant gouvernemental, Mr. Thierry Saussez, en annonçant sur Public-Sénat qu’il projetait de créer une "émission de communication gouvernementale à la télévision" diffusée "dans l’idéal" sur le service public.


Ce formatage de l’information s’accompagne de son indispensable corolaire, la surveillance de l’opinion, des médias non alignés et leur harcèlement. Cette surveillance de l’opinion s’est révèlée au grand jour lorsque les syndicats enseignants eurent dénoncé le contrat passé par le ministère de l’éducation nationale avec une entreprise privée pour surveiller les médias en ligne, « les sites de syndicats, de partis politiques, les portails thématiques ou régionaux, les sites militants d’associations, de mouvements revendicatifs ou alternatifs, de leaders d’opinion. » Cette surveillance ne s’arrête pas là : elle concerne aussi les forums, les blogs, les pages personnelles, les réseaux sociaux, les appels et pétitions en ligne des enseignants. Autre exemple de pression sur les médias, le cas récent de Mr. Vittorio de Filippis, ancien directeur de la publication de Libération, arrêté devant ses enfants à une heure matinale à son domicile, insulté devant eux (« Vous, vous êtes pire que la racaille ! » diront les policiers) soumis à des fouilles corporelles dégradantes, pour une simple notification de mise en examen pour diffamation dans un nième procès opposant son journal à Mr. Niel et la société Free. Cette façon de procéder, défendue pourtant par les ministres de la justice, Mme Rachida Dati, et de l’intérieur, Mme M. Alliot-Marie, n’a jamais été mise en œuvre envers un journaliste pour une telle notification. Ceci fait dire à la ligue des droits de l’homme qu’il est « urgent de réagir contre des dérives de plus en plus inacceptables de pratiques judiciaires et policières qui deviennent incompatibles avec l’Etat de droit ». De fait !


Le dernier volet de cette marche lente vers la dictature molle concerne la justice. Deux affaires illustrent bien le propos, mais bien d’autres pourraient être invoquées. La première est l’affaire « des terroristes de l’ultra gauche », arrêtés à leur domicile sur le plateau de Millevache pour destructions en réunion en relation avec une entreprise terroriste en lien avec les dégradations de caténaires subies par la SNCF. Il s’agit ni plus ni moins d’une manipulation de l’opinion par le gouvernement et les médias. En effet, la dénomination de terrorisme dans ce cas ne correspond en aucun cas aux actes reprochés. De plus, outre que l’implication des mis en examen dans ces dégradations ne soit en aucun cas prouvée, qu’ils soient donc présumés innocents, ceci n’a pas empêché la plupart des médias de répéter les vraies-fausses informations répandues par les policiers pour accréditer l’existence de ce groupe de terroristes. Seules quelques publications ont émis rapidement des doutes, dont le quotidien Libération qui publiait un article du philosophe italien Giorgio Agamben. Ce dernier écrivait alors « Les policiers sont tombés sur des documents précisant les heures de passage des trains, commune par commune, avec horaire de départ et d’arrivée dans les gares. En bon français : un horaire de la SNCF. Mais ils ont aussi séquestré du « matériel d’escalade. En bon français : une échelle.... » La seule conclusion possible de cette ténébreuse affaire est, toujours d’après ce philosophe « que ceux qui s’engagent activement aujourd’hui contre la façon (discutable au demeurant) dont on gère les problèmes sociaux et économiques sont considérés ipso facto comme des terroristes en puissance, quand bien même aucun acte ne justifierait cette accusation. Il faut avoir le courage de dire avec clarté qu’aujourd’hui, dans de nombreux pays européens (en particulier en France et en Italie), on a introduit des lois et des mesures de police qu’on aurait autrefois jugées barbares et antidémocratiques et qui n’ont rien à envier à celles qui étaient en vigueur en Italie pendant le fascisme. »

Si malgré cette accumulation d’évènements délétères, le lecteur n’était pas convaincu, il serait bon de revenir sur la loi sur la rétention de sûreté, que M. Sarkozy de Nagy-Bocsa et Mme R. Dati ont tenté de faire appliquer de façon rétroactive aux criminels déjà condamnés. Or la constitution est explicite sur la question : c’est tout simplement impossible. Le conseil constitutionnel a donc justement remis en cause cette volonté ministero-présidentielle rappelant par la bouche de son président, Mr. Jean-Louis Debré « la loi n’est pas rétroactive, il y a des principes généraux sur la non rétroactivité des lois sauf les lois pénales les plus douces ». Mécontent de cet état de fait, le président de la République, a cherché à remettre en cause cette décision. Il a saisi le président de la cour de cassation de la question provoquant une levée de boucliers chez les politiques et les magistrats. Ainsi, le président de l’union des jeunes avocats, Me. Lionel Escofffier déclarait que « cette décision de saisir le Premier président de la Cour de cassation pour le forcer à trouver une solution pour rendre rétroactive cette loi est d’autant plus juridiquement et intellectuellement inconcevable que la Constitution de la Ve République impose aux juridictions administratives et judiciaires de respecter les décisions du Conseil Constitutionnel qui ne sont pas susceptibles de recours ». Ajoutons à cela que depuis le régime de Vichy, seuls Mr. N. Sarkozy de Nagy-Bocsa et son gouvernement ont tenté de rendre rétroactive une loi dont les conséquences risquaient d’aggraver des peines encourues. Associé au mépris de l’opinion publique et du suffrage universel perçu lors de ratification du traité de Lisbonne par le Parlement, contre l’avis référendaire du peuple Français, et lors du non Irlandais à ce même traité, le fait que le président de la République tente tout simplement de s’asseoir sur la constitution dont il est le gardien est un des premiers symptômes de la dérive vers la dictature molle, dénoncée ici.

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December 6, 2008

bienvenue dans la future dictature numérique "made in france"

Le député Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, va présenter un amendement au projet de loi audiovisuel qui prévoit de donner au CSA des pouvoirs de contrôle sur les sites Internet de partage de vidéos et d'information, qui seront taxés au bénéfice des producteurs de télévision et de cinéma. Il veut également labelliser les sites qui respectent les réglementations du CSA, et bloquer les autres sites grâce aux filtres imposés chez les abonnés à Internet par la future Hadopi. Explications.

Le député et porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre, organisateur des très discrètes Assises de la Création, vient de jeter un nouveau pavé dans la mare d'Internet. Alors que s'ouvre cette semaine à l'Assemblée Nationale le débat sur le projet de loi audiovisuel, le député propose un amendement qui réussit l'exploit de concentrer à lui seul tout ce que les internautes et les professionnels du net peuvent redouter de pire : une taxation de la création amateur au profit de la création professionnelle, un contrôle de la morale publique sur les médias numériques, et la création d'un label de bonne moeurs pris en charge par les dispositifs de filtrage que souhaite imposer la future Hadopi.

Une taxe sur les vidéos privées au bénéfice des producteurs professionnels :

L'amendement présenté par Frédéric Lefebvre prévoit de créer une "contribution des éditeurs de services au développement de la production", qui sera versée notamment par les sites web 2.0 comme Dailymotion, YouTube, WAT ou Kewego. "Cette contribution est notamment applicable dans le cas où (...) le service consiste soit à éditer du contenu audiovisuel créé par des utilisateurs privés à des fins de partage et d'échanges au sein de communautés d'intérêt, soit à assurer, pour mise à disposition du public par des services de communication au public en ligne, le seul stockage de signaux audiovisuels fournis par des destinataires de ces services", peut-on lire dans l'amendement. La contribution sera déterminée par décret en fonction, précise M. Lefebvre, de la proportion des contenus audiovisuels dans le service concerné.

Un contrôle de la morale publique sur les médias numériques :

Il est prévu par l'amendement de donner au CSA compétence pour "veiller à la protection de l’enfance et de l’adolescence et au respect de la dignité de la personne dans les programmes mis à disposition du public par (les sites web 2.0)". Selon Frédéric Lefebvre, qui explique les raisons de son amendement, "la présence des images qui défilent sur les écrans les plus divers n’a jamais été aussi importante dans notre environnement. Ce déferlement visuel va de pair avec une grande facilité d’accès aux images alors même que certains contenus audiovisuels véhiculent un climat de violence, d’agression et banalisent la sexualité et la pornographie."

"Les jeunes, grands utilisateurs d’écran, sont ainsi régulièrement exposés à ces images et gèrent cette consommation d’autant plus seuls qu’ils circulent dans ce flot d’images avec beaucoup plus d’aisance que leurs parents, souvent démunis face aux nouvelles technologies."

Le député veut donc donner au CSA la possibilité de fixer des règles de signalétique des contenus vidéo, similaires à ce qui est pratiqué à la télévision, avec la mise en place d'une "politique de labels permettant d’établir une appellation « famille » pour les services qui assurent la sécurisation et la protection des mineurs".

Il faut rappeler que si le Conseil surpérieur de l'audiovisuel a été créé pour contrôler le respect d'une certaine morale publique sur les ondes de télévision ou de radio, c'était dans un contexte technologique particulier qui imposait un tel contrôle. En effet, les ondes hertziennes utilisées par les radios et chaînes de télévision sont un bien public, dont la ressource est limitée, qui doit donc être administré pour le bien du plus grand nombre. En échange d'une autorisation d'exploiter une partie de la ressource publique, les exploitants s'engagent envers la collectivité à respecter un certain "code de bonne conduite" et des obligations de programmation. Mais Internet n'utilise pas de bien public, et sa ressource est illimitée. Les exploitants n'ont pas en principe d'obligation envers la collectivité puisque la collectivité ne leur fait a priori aucune faveur particulière. Faut-il, dans ce nouveau contexte social et technologique, continuer à imposer un code de bonne conduite et de morale publique ? Le débat est ouvert.

Un label renforcé par les dispositifs de filtrage

Enfin, l'amendement prévoit que le CSA "délivre un label aux services de communication au public en ligne mettant des contenus audiovisuels à disposition du public qui s’engagent à assurer la protection de l’enfance et de l’adolescence dans les conditions définies par le Conseil". Il précise que "ces labels doivent être pris en compte par les moyens techniques permettant de restreindre l'accès à certains services".

Or il n'échappera pas au lecteur attentif de Numerama que le projet de loi Création et Internet vise, par la Haute Autorité chargée de mettre en oeuvre la riposte graduée, à imposer dans tous les foyers ces "moyens techniques permettant de restreindre l'accès à certains services". Ensemble, cet amendement et l'Hadopi obligeront les abonnés à Internet à installer des filtres qui leur coupera l'accès aux sites qui n'ont pas reçu le label du CSA. Lequel label pourra ensuite être étendu aux sites de presse qui ne sont pas animés par une équipe de journalistes professionnels, comme l'avait souhaité Renaud Donnedieu de Vabres.

Sans l'Hadopi qui établira la liste des filtres réputés efficaces contre le piratage, le dispositif de labellisation restera purement théorique. Les labels seront peut-être décernés, mais ne seront pas respectés par les utilisateurs. Or avec l'Hadopi, le gouvernement a trouvé le moyen parfait d'obliger les internautes à respecter les labels. C'est ce qui explique l'attachement du gouvernement et de Nicolas Sarkozy à la loi Création et Internet.

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December 6, 2008

mon coup de coeur musical du moment : Tryad



C'est l'histoire de trois accros de la musique, adoptes du Web intensif, qui se sont lancés dans un projet aussi improbable qu'innovant : créer un groupe par Internet. Ce qui n'était à l'origine que le projet fou de trois autodidactes anglo-saxons arrive aujourd'hui à maturité : à l'heure de présenter son 3° album, Tryad élargit son aura par-delà les océans. De ce fait ils réalisent déjà un exploit, mais ce n'est pas tout. Leur musique est libre, quiconque le souhaite peut la télécharger en toute légalité, le groupe n'en retire délibérément aucun revenu. Tryad est à l'art d'Euterpe ce que Linux est à l'informatique : une révolution. Récit d'un exploit collectif...

La musique, si elle ne peut pas être réinventée, parvient encore à nous réserver quelques surprises. De bien mauvaises, si l'on s'arrête à ce que peuvent nous présenter non-exhaustivement TF1 et M6, d'excellentes si l'on creuse plus profondément à la recherche de la perle rare qui parvient à innover, à créer. Tryad est l'une d'entre elles.


C'est en janvier 2005 que trois jeunes musiciens, vav, rjmarshall et John Holowach se rencontrent par le plus grand des hasards sur Internet : John Holowach découvre sur le site Internet de rjmarshall des musiques libres de droits que ce dernier a réalisées. Souhaitant y ajouter sa touche personnelle, il remixe ces musiques et les poste sur son propre site. A l'issue de ce processus, vav ajoute une voix sur ces mélodies : Tryad, le premier groupe trip-hop par Internet, est né. Rapidement, les trois membres originels vont s'entourer d'une série de musiciens, tous recrutés sur Internet par candidatures spontanées, conduisant le groupe à compter aujourd'hui une vingtaine de membres.


Dès le 3 octobre 2005, Tryad - aussi écrit t r y ^ d ou t r y Δ d - publie son premier album Public Domain, composé de 17 titres originaux. Une performance, si l'on considère le temps normalement nécessaire à un groupe avant de réaliser un album. Mais l'aura du groupe n'est encore que trop limitée, et l'album ne connaît qu'un faible succès malgré la mise à disposition sur de nombreux sites de téléchargement légal tels que Jamendo ou Frostclick.com. Quelques rares journalistes musicaux saluent la publication de l'album, mais la notoriété est encore trop faible. En effet, publiant leur musique de manière "libre", ils ne bénéficient d'aucune promotion organisée et doivent construire pas à pas leur succès. C'est ainsi qu'un peu plus d'un an après Public Domain, Tryad dévoile en septembre 2006 son deuxième opus, Listen. Plus travaillé, réorienté vers des sons plus pop, l'album révèle le groupe au public amateur. Ce qui n'était qu'un petit point dans l'univers musical s'est soudainement révélé être le porte-drapeau de la nouvelle génération "musique libre". Un clip est même réalisé (et interprété) par des membre du groupe sur Breathe, une piste du deuxième album. Tryad devient rapidement le groupe #1 des téléchargements sur Jamendo, où les plus fans s'évertuent même à décourager ce téléchargement et proposer l'achat de l'album aux internautes. En effet Tryad propose également ses albums à la vente sur CD Baby, tout en poursuivant sa politique de libre téléchargement et échange des fichiers comme en témoigne cet appel daté du 14 juillet 2007 please feel free to copy and share our music as much as you like. (Tryad). D'après les membres du groupe, la vente ne servirait qu'à couvrir les frais (conséquents) de la réalisation de chacun des albums. Un troisième opus, pré-intitulé t ^ 3, devrait très prochainement voir le jour, l'ensemble des membres y travaillant actuellement avec acharnement. Un troisième album que l'on espère plus épanoui encore que ses deux prédécesseurs, permettant alors définitivement d'asseoir Tryad dans le fauteuil de groupe confirmé.

source : http://www.lapeniche.net/magazine/index.php/post/2007/11/14/59-tryad-ou-comment-la-musique-libre-vient-chatouiller-vos-tympans?2007/11/14/59-tryad-ou-comment-la-musique-libre-vient-chatouiller-vos-tympans

pour écouter les morceaux ====> http://www.jamendo.com/fr/album/3661/

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December 6, 2008

Le gouvernement veut l'urgence ? De qui se moque-t-on ?

En pleine discussion sur le projet de Loi Hadopi, certains médias se font l’écho de ce que les filières musiques et vidéos seraient dans l’attente urgente de ce texte de Loi pour résoudre leur problème récurrent de contrefaçon sur Internet. De qui se moque-t-on ?

Depuis plus de cinq ans, le législateur a multiplié les mesures répressives. Dans le même temps, et de l’aveu même de ceux qu’on appelle les ayants-droits, Sacem et autres sociétés d’auteurs, jamais ces mesures n’ont infléchi la courbe des téléchargements illégaux.

Le catalogue des mesures prises est déjà impressionnant. En voici un petit éventail. En mars 2004, le législateur votait l’aggravation des peines de la contrefaçon qui passaient de 2 à 3 ans de prison et de 200 à 300.000 euros d’amende : l’objectif de cette aggravation des peines était de donner au juge d’instruction la possibilité de mettre les pirates en détention provisoire.

Quelques mois plus tard, c’était la Loi pour la Confiance dans l’Economie Numérique qui posait comme mesure phare de rendre responsable les hébergeurs et, dans une moindre mesure, les fournisseurs d’accès Internet, lorsque, notamment, des contenus contrefaisant passaient par eux et qu’ils n’agissaient pas promptement sur notification pour les suspendre et les supprimer. En août de la même année, les sociétés d’auteurs se voyaient autorisées par la Loi à ficher les internautes présumés contrefacteurs. Une première, puisqu’il s’agissait ni plus ni moins d’autoriser un « casier judiciaire privé ».

Après avoir résisté à la mesure, la CNIL se voyait contrainte par arrêt du Conseil d’Etat du 23 Mai 2006 d’autoriser ces fichiers. En 2006, c’était la grande Loi relative aux droits d’auteur et aux droits voisins dans la société de l’information dite DADVSI. Les internautes étaient désormais gardiens et responsables de leur accès Internet. Le nouvel article L 335-12 du code de la propriété intellectuelle prévoyait que « le titulaire d'un accès (…) doit veiller à ce que cet accès ne soit pas utilisé à des fins de reproduction ou de représentation d’œuvres de l'esprit sans l'autorisation des titulaires des droits ».

La même Loi sanctionnait de 6 mois d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende ceux qui proposaient sciemment des outils servant à contourner des mesures techniques de protection sur les fichiers musicaux et vidéos notamment. De la protection des droits d’auteur, on passait à la protection des mesures techniques qui protègent les droits d’auteur … Ceux qui contournaient simplement les mesures techniques de protection étaient également sanctionnés mais plus faiblement. Enfin, les logiciels P2P étaient dans les faits condamnés.

En parallèle de ce déchaînement législatif accompagné de mesures réglementaires nombreuses qu’il serait trop long de détailler ici, les sociétés d’auteurs et syndicats de certains éditeurs engageaient logiquement des actions judiciaires en grand nombre partout sur le territoire contre des pirates.

Quel a été le résultat de cette avalanche de mesures répressives contre le piratage ? La réponse est … aucun. Pire encore, la courbe des téléchargements sans droits est toujours montante et ce sont des millions de téléchargements qui sont désormais opérés au quotidien. Les procès, quant à eux, traînent en longueur plusieurs mois. Les coûts directs, frais et honoraires, et surtout indirects, temps passés, ressources internes utilisés et énergie dépensée, sont sans commune mesure avec le résultat obtenu, sans compter qu’ici ou là, quelques décisions judiciaires refusent des sanctionner de simples utilisateurs ou décident de sanctions tellement mineures que l’effet dissuasif est totalement perdu.

« Hadopi » est la dernière mesure imaginée par les tenants de cette politique. Hadopi est un acronyme qui signifie Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la protection des Droits sur Internet. Dans les suites d’un énième rapport sur la question, le rapport Olivenne du nom de son auteur, l’ancien Président de la Fnac, il s’agit de sanctionner le piratage « par une riposte graduée ». Après avoir repéré un « présumé pirate », l’hadopi lui adressera un avertissement par courrier électronique via son FAI puis, si dans les six mois un nouveau fait de piratage est relevé à son encontre, un second avertissement sera adressé en lettre recommandée AR, puis, si dans l’année les agissements se renouvellent, elle pourra ordonner la suspension de l’accès à Internet pendant un an maximum.

Ce nouvel épisode nous inspire deux réflexions. Tout d’abord, sans le dire, le législateur enterre la stratégie répressive judiciaire engagée depuis plusieurs années. La marketing de la peur basé sur des actions devant les tribunaux elles mêmes fondées sur des textes massivement répressifs a totalement échoué. Même si cela n’est pas officiel, il est clair qu’on passe hors des salles d’audience, ce qui dans un Etat de droit comme la France est un aveu cinglant d’échec d’une politique répressive démesurée. La seconde réflexion est encore plus lapidaire.

La stratégie Hadopi court à l’échec également et on ne peut que s’en réjouir. A-t-on seulement pensé à l’organisation matérielle induite par la riposte graduée ? Des envois massifs de courriels qui devront être suivis par des contrôles, puis pourront donner lieu à des lettres recommandées AR dont l’application devra elle même être contrôlée, et enfin à une décision de la haute autorité de suspension d’une ligne d’accès qui, en tout état de cause, ne pourra pas porter atteinte au droit au téléphone.

En outre, les cours de récréation des collèges et des lycées sont remplis d’élèves qui manipulent ipod, téléphones mobiles et autres outils et procèdent à des échanges massifs totalement invisibles. Quelle va être enfin la relation à la Loi, notre norme démocratique par excellence, pour toutes ces jeunes générations ? Comment expliquer aux internautes, qu’après avoir placé entre leurs mains de tels outils, on compte en limiter l’utilisation ? La Loi est elle faite pour une population telle qu’elle devrait être ou telle qu’elle est ? Il faut trouver un juste milieu entre la perception d’un juste salaire pour le travail de création face aux évolutions inéluctables d’une société.

L’échec annoncé d’Hadopi devrait nous réjouir. C’est la dernière étape d’une politique promise à l’échec et qui peut faire des dégâts sur l’esprit citoyen des populations. La seule voie qui puisse sauver le droit d’auteur est celle où la Loi va concentrer ses interdictions et ses sanctions contre ceux qui font une exploitation commerciale ou lucrative des droits d’auteur sans l’autorisation de l’auteur ou de ses ayants droit. Cette évolution majeure imposera certes un bouleversement du modèle économique de la filière, mais c’est la seule voie qui reste pour sauver le droit d’auteur.

Par Olivier Iteanu (*)

(*) Avocat, chargé d’enseignement à l’Université de Paris XI

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December 6, 2008

Feu vert de l’Elysée pour les licenciements et l’emploi précaire



C’est un signal fort qu’a adressé Nicolas Sarkozy aux patrons : saisissez le prétexte de la crise financière pour licencier les salariés et embauchez des personnes en contrats aidés ou en CDD ! La décision élyséenne de créer 100 000 contrats aidés a été prise unilatéralement et sans l’avis des syndicats, sauf celui du Medef qui applaudit l’initiative. Et pour cause les raisons avancées de ce soi-disant plan de l’emploi ne sont pas les vraies raisons...

C’est l’effet d’aubaine de la crise ! Le gouvernement en profite pour assouplir le licenciement !

Car si le gouvernement avait réellement voulu mener une politique d’aide à l’emploi, d’aide aux chômeurs, il l’aurait fait depuis longtemps. S’il avait voulu développer les contrats aidés, il l’aurait fait très tôt aussi. Mais il a fait tout le contraire en supprimant 25 000 contrats aidés dans le budget 2009 par rapport à celui de 2008. Il y a quelques jours encore, des ministres et des élus UMP rappelaient leur farouche opposition au principe du contrat aidé. Alors pourquoi cette subite décision ?

La première raison est de faciliter le licenciement. Le recours aux contrats aidés aurait pu se planifier depuis longtemps tant la courbe du chômage le justifiait, mais c’est par opportunisme que la décision intervient à ce moment précis. Les Français ont été conditionnés par la crise financière, préparés à l’idée que cette crise allait s’étendre à l’économie réelle et faire de la casse sociale. C’est donc le bon moment pour mettre à la porte car ils seront résignés à voir les entreprises licencier et leur pardonneront plus facilement. C’est pour leur faciliter la tâche que le président Sarkozy a annoncé la création de 100 000 contrats aidés de plus que ce qui était prévu au budget 2009.

Sarkozy n’a pas précisé si les 100 000 nouveaux contrats budgétés seront signés prioritairement dans le secteur non-marchand (Contrats d’avenir et Contrats d’accompagnement dans l’emploi - CAE) ou dans le secteur marchand (CI-RMA, contrat initiative emploi - CIE). Une forte proportion de contrats dans le secteur marchand serait la preuve que l’argument avancé ci-dessus est juste.

La deuxième raison de cet interventionnisme de l’Etat est d’enfoncer le clou de la déréglementation du droit du travail. Sarkozy a ainsi rappelé sa volonté de développer le travail du dimanche, et il a demandé aux parlementaires d’examiner sans délai ("maintenant") la proposition de loi qui est prête. De même, il a incité les employeurs à recourir aux CDD sans limite.

"C’est une mesure pragmatique", a déclaré le président Sarkozy. Non ! C’est une mesure opportuniste car voici tout à coup qu’il trouve que "les contrats aidés ont une utilité", utilité sociale qu’il leur a pourtant toujours déniée ! A moins qu’il ne pense à une autre utilité, celle qui consiste à offrir aux patrons l’occasion inespérée de préparer les charrettes de licenciements avec son aval et en toute bonne conscience : "c’est la faute à la crise financière, vous le savez bien... ! Bah ! Il y a les contrats aidés !"

La troisième raison est budgétaire. "C’est cher, mais moins que d’avoir des gens au chômage ; c’est un investissement", a justifié Nicolas Sarkozy. Là, c’est plus clair, on veut faire des économies budgétaires par ce moyen. Quant à l’investissement, il ne sera pas du côté des bénéficiaires de contrats qui n’offrent pas de formation et qui débouchent rarement sur des emplois.

Pour que Sarkozy prenne le risque de se voir accuser de piquer à la gauche ses idées, de renier sa politique d’hier, de réutiliser de vieilles recettes qu’il avait pourtant rejetées, de refaire ce qu’il avait défait, il fallait qu’il y ait des raisons suffisamment fortes. Elles existent : il s’agit de canaliser la crise sociale et les désordres qu’elle peut provoquer en montrant que l’on prend le chômage au sérieux, et en mettant de l’huile dans le licenciement, en le légitimant par avance.

Bien sûr, le chef de l’Etat a, comme à son habitude, tancé quelques méchants à la cantonade pour menacer de ses foudres tout le monde en général et personne en particulier. Après les mauvais financiers, les mauvais parachutes dorés et les mauvais paradis fiscaux, c’est le tour des mauvais patrons qui utiliseraient "la crise ambiante pour justifier des réductions d’effectifs". "Je n’accepterai pas les stratégies cyniques et opportunistes (...) le gouvernement sera intraitable". Il "surveillera personnellement ceux qui ne jouent pas le jeu." "Intraitable", "personnellement" ! Ce qui est excessif n’est-il pas insignifiant ? Voilà encore des menaces qui prêteront à ricanements du côté du patronat et qui n’impressionneront absolument personne, comme d’habitude, tant chacun sait qu’elles seront sans suites et que dès demain l’omniprésident sera passé à tout autre chose, à autre dossier "urgent" qu’il tiendra à traiter "personnellement", à un énième avion à prendre, très loin de ces préoccupations passagères.

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December 6, 2008

L'Eglise demande des tests psychologiques pour les séminaristes

l'église, c'est plus ce que c'était ^^

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Le Saint-Siège estime que la détection précoce de problèmes psychologiques "parfois pathologiques" chez les candidats à la prêtrise permettrait d'éviter les scandales d'abus sexuels qui ont sali ces dernières années l'image de l'Eglise catholique.

"L'Eglise a le devoir de discerner la vocation et le caractère convenable des candidats au ministère sacerdotal", peut-on lire dans ce document rédigé par la Congrégation pour l'Education catholique.

"Le ministère sacerdotal requiert certaines compétences ainsi que des vertus morales et théologiques, qui sont soutenues par un équilibre humain et psychique - en particulier affectif - afin que l'individu soit convenablement prédisposé à se vouer à une vie de célibat", ajoute le texte.

Des responsables du Vatican ont précisé lors d'une conférence de presse que les tests ne seraient pas obligatoires. Il reviendrait aux recteurs de séminaire d'y recourir, au cas par cas, pour s'assurer de l'éligibilité d'un candidat, le but étant de détecter des signes de déséquilibres ou d'"immaturité sérieuse".

"ÉVALUER L'ORIENTATION SEXUELLE"

Mais, précise-t-on, les recteurs ne pourront contraindre les candidats à passer ces examens. Ils devront en outre faire appel à des experts indépendants - psychologues ou psychothérapeutes - s'ils ne sont pas en mesure de faire passer eux-mêmes les tests.

"Certaines formes d'immaturité incluent de fortes dépendances affectives, un manque certain d'indépendance dans les relations, une rigidité excessive de caractère, un manque de loyauté, une identité sexuelle incertaine, des tendances homosexuelles profondément ancrées, etc. Si cela devait être le cas, le chemin de la formation devra être interrompu."

Le document précise qu'il ne suffit pas de s'assurer que le candidat à la prêtrise peut respecter son voeu d'abstinence mais qu'il faut aussi "évaluer ses penchants sexuels", précisant que les hommes ayant une forte tendance homosexuelle ne devraient pas être admis.

Interrogé en conférence de presse à ce propos, le cardinal Zenon Grocholewski, préfet de la Congrégation pour l'éducation catholique, a déclaré que l'homosexualité était "une déviance, une irrégularité et une plaie" qui empêchait les prêtres d'accomplir correctement leur mission.

Des associations de défense des homosexuels ont par le passé accusé l'Eglise catholique de se servir des prêtres homosexuels comme de boucs émissaires dans les scandales d'abus sexuels.

L'Eglise a été éclaboussée ces dernières années par des révélations sur des agressions pédophiles par des prêtres dans plusieurs pays, que ce soit en Europe, aux Etats-Unis ou en Australie.

Le document de la Congrégation met aussi en garde contre les pulsions irrépressibles chez les hétérosexuels.

Ainsi faudrait-il écarter les candidats dont les tests psychologiques mettent en évidence des difficultés à "vivre la chasteté dans le célibat", c'est-à-dire "si le célibat est vécu (par le candidat) comme un fardeau tellement lourd qu'il compromet son équilibre affectif et relationnel".

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December 6, 2008

Vers une société de surveillance sur le Net



Le temps des crises charrie le pire, mais anticipe aussi le monde qui vient. Le Parlement européen a jeté un utile pavé dans la mare, en affirmant «qu’aucune restriction à la liberté d’expression et d’information d’un citoyen ne doit être prise sans décision préalable de l’autorité judiciaire». C’est bien le moins dans un Etat de droit ! Confier à une police privée, puis à une autorité administrative (baptisée Hadopi) le contrôle des réseaux numériques pour préserver les intérêts des artistes est l’un des pires services à rendre au droit d’auteur. Les créateurs comme les producteurs seraient bien inspirés d’y regarder à deux fois. Par bonheur, se lève une génération d’artistes qui refuse de cautionner cette tentation liberticide, si éloignée de leurs pratiques et de leurs aspirations.

Une très large réprobation, au-delà des clivages traditionnels, a fort justement pointé les dérives du projet Edvige, le fichage généralisé de la population âgée de 13 ans et plus. Alors, Hadopi, Edvige, même combat ? Probablement la même tentation de taxinomie globale… Le projet de loi «Création et Internet» suscitera prochainement autant d’indignation. Il ouvre en effet la boîte de Pandore en promettant une surveillance automatique à très grande échelle des contenus échangés par les internautes. La société de surveillance, favorisant le traçage des personnes, mobilisant la biométrie, la vidéosurveillance, et le fichage de police mêlant indigestement terroristes potentiels et adolescents à la dérive, se construit à nos portes, et maintenant grâce à nos connexions, sur l’internet.

Demain, des agents, certes assermentés, pourront analyser nos échanges afin de déterminer quels films, quelles chansons, quelles œuvres nous avons téléchargés ou mis à disposition. Le repérage de Bienvenue chez les ch’tis n’apportera probablement pas de grand enseignement sur nos passions et nos inclinations, mais que penser de celui de contenus politiques, philosophiques ou proposés à tel ou tel public averti? C’est un pas décisif vers une analyse comportementale poussée, un «profilage» sans précédent et sans garde-fous.

C’est la culture des «autres» qui est visée, de ceux qui ne rentrent pas dans le moule, et avec elle l’exception culturelle, qui est visée. En plus de leur culture, la vie des «autres» serait singulièrement compliquée par cette avant-première du profilage automatique des internautes. Le projet prévoit en effet ni plus ni moins que la suspension de l’accès internet des «déviants» récalcitrants: une perte d’identité numérique, une mort virtuelle…

Un des arguments clés des opposants à Edvige a reposé sur la disproportion du dispositif envisagé. Le but affiché par la loi «DADSVI bis» est ni plus ni moins que de sauver la culture en mettant un grand coup de frein, sinon d’arrêt, aux échanges «illégaux» d’œuvres en ligne. Pourtant, chaque année qui passe à construire d’illusoires lignes Maginot prive les artistes de solutions équilibrées, et de nouvelles rémunérations substantielles. Le dernier auteur de tels détournements de fonds n’est autre que Jean-François Copé, inventeur d’une taxe inédite sur les opérateurs de l’internet pour financer la télévision publique, alors que l’équité voudrait que la création musicale et audiovisuelle, qui nourrit les réseaux, en bénéficie largement.

Trois ans après la loi DADVSI jamais appliquée, première bataille d’Hernani de l’internet, les tendances déjà visibles alors se sont confirmées et amplifiées. L’accès libre ou presque à la musique –la gratuité apparente- se généralise, sous la pression des internautes…mais aussi des industries culturelles elles-mêmes! Car la musique invente, dans la fièvre de sa crise, les nouveaux modèles et leur cohabitation possible.

Publicité, abonnements, forfaits viennent compléter la vente à l’acte, «au morceau» qui décolle lentement. Les offres d’accès gratuit se multiplient. Déjà, Universal pourtant grand pourfendeur de «pirates» a mis en «écoute gratuite» sur Jiwa l’essentiel de ses catalogues. Son PDG salue l’explosion du modèle gratuit, après l’avoir diabolisé. Il devient donc cocasse, voire impossible d’expliquer à un adolescent qu’il peut écouter sans limites toute la musique du monde sur son PC, et qu’il vire délinquant s’il la partage avec d’autres grâce un réseau peer to peer.

Les internautes qui souhaitent copier les chansons sur d’autres appareils sont invités à utiliser le système d’Amazon, qui leur permet de les télécharger en Mp3, sans avoir à supporter les aléas d’un dispositif technique de contrôle de l’usage, un de ces fameux «verrous techniques (DRM)» encensés il y a peu, désormais aux oubliettes. L’offre la plus spectaculaire et emblématique parmi les dernières en date reste bien celle de MySpace. Le premier réseau social du monde a en effet décidé de proposer gratuitement à l’écoute plusieurs centaines de milliers de chansons en flux. Si le site de Ruppert Murdoch met en avant les artistes indépendants recourant à ses services, sa nouvelle offre de musique gratuite ne repose que sur un accord avec les «majors» du disque. Les «petits» producteurs ne verront pas, pour l’essentiel, leurs artistes sur MySpace.

Au fond, cette stratégie maladroite ou cynique, rétrograde, permet aux leaders mondiaux de la production et de la diffusion d’établir des positions dominantes durables. Il est temps de rompre avec l’illusion sécuritaire, soutenue sans réserve depuis 2005 par l’actuel président de la République, d’abandonner une logique suicidaire qui ne profite qu’à certains intérêts très particuliers, au détriment des seuls acteurs incontournables de la culture: les artistes et le public.

La légalisation des échanges non-commerciaux des œuvres culturelles est inéluctable et souhaitable. C’est un fait de civilisation, un progrès à portée de main pour l’accès plus libre à la culture. Il revient aujourd’hui au Politique, en retard manifeste sur la société, de prendre ses responsabilités pour bâtir une régulation efficace et moderne, et pour rendre la révolution numérique profitable à tous.

Par CHRISTIAN PAUL, député (PS) de la Nièvre, ancien ministre

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December 6, 2008

Patrick Bruel arrête de chanter si ses fans prennent des photos



Nous avons tous pris les mêmes photos de la Tour Eiffel, du Mont Saint-Michel, du Pont des Soupirs ou du sourire la tante Georgette lors de son quatrième mariage. Les mêmes ? Pas tout à fait. Ce sont les nôtres, elles sont uniques. Et tant pis si elles sont moins belles que les cartes postales reproduites en masse ou les photographies officielles de la cérémonie. On se plait tous à montrer nos photos en famille, pour raconter les souvenirs qui les accompagnent. C'est la même chose dans les concerts, où les spectateurs se plaisent à prendre leur photo ou leur bout de film à eux pour figer un souvenir unique. Mais pas aux concerts de Patrick Bruel, qui préfère interrompre son concert que de voir un fan prendre une photographie volée qu'il pourrait revendre sur eBay.

Comme c'est désormais la règle dans les concerts de "stars", le producteur de la tournée de Patrick Bruel interdit aux spectateurs de photographier ou de filmer le chanteur pendant le concert. Il ne s'agit pas d'une mesure de sécurité, mais d'un moyen de contrôler les produits dérivés en réservant les vidéos aux seuls DVD officiels et les photographies à celles vendues dans les stands à la sortie du concert. Pendant plusieurs années, les videurs avaient simplement consigne de ne pas laisser rentrer les caméscopes et les appareils photo. Mais avec la miniaturisation, les lentilles sont entrées dans les téléphones mobiles, qu'il est bien difficile d'interdire. C'est donc l'artiste, parfaitement placé pour repérer les fraudeurs, qui fait la police.

Ainsi lors d'un concert à Genève, Patrick Bruel a préféré interrompre à deux reprises son concert, dont une fois au milieu d'une chanson, pour exiger que les spectateurs arrêtent de le filmer ou de le prendre en photo. "Ces derniers ont dû vivre le pire moment de leur vie : après un silence total provoqué par l'intervention du chanteur, ils ont dû subir les huées de la foule", raconte News de Stars.

Etait-ce vraiment les spectateurs désobéissants qu'il fallait huer ?

source ====> http://www.numerama.com/magazine/copier/10852-Patrick-Bruel-arrete-de-chanter...

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December 6, 2008

Pourquoi la propriété intellectuelle amplifie la crise financière ?

Cette fois c'est sûr, c'est le krach boursier. Toutes les places financières mondiales cèdent à la panique, et le pouvoir politique semble incapable de rétablir la confiance. Mais plus qu'une crise purement financière, c'est toute une économie virtuelle et immatérielle qui est touchée, durablement. Numerama tente d'expliquer pourquoi le dogme de la propriété intellectuelle accentué dans les années 1990 n'est pas étranger à cette crise, et pourquoi la solution se trouve en partie dans un rééquilibrage des brevets et des droits d'auteur.

Juste avant que la crise financière ne se déclare, fin septembre, nous avions publié un article passé relativement inaperçu sur le problème pourtant bien réel de l'excès de brevets, qui n'est pas tout à fait étranger à la crise économique et financière que traversent les états industriels. Nous expliquions en effet que la structure économique des pays qui ont fait de la propriété intellectuelle leur nouveau pétrole est biaisée par la conviction forte mais erronée que le brevet est synonyme de progrès technologique et de croissance économique.

Comme la spéculation financière, la propriété intellectuelle est exclusivement virtuelle. Contrairement aux lingots d'or elle ne peut pas se saisir dans la main. La propriété intellectuelle est une pure invention de l'esprit qui n'est matérialisée que par des lois et par des bouts de papier imprimés par les administrations. Exactement comme les lignes d'un extrait de compte ou d'un relevé d'actions en bourse ne sont que virtuelles. Ca ne veut pas dire que l'argent virtuel ou la propriété intellectuelle ne sont pas nécessaires ou légitimes. Mais ça implique la nécessité absolue des Etats de veiller en permanence à l'équilibre du système par des mécanismes de régulation performants.

Or on le sait, la crise financière s'est déclenchée en grande partie par l'effet d'une très forte libéralisation, qui a considérablement déséquilibré le rapport entre l'économie réelle et l'économie virtuelle. La seconde n'étant plus au service de la première, mais à son propre service. La propriété intellectuelle dans toute son immatérialité a quant à elle servi d'alibi et s'est mise au service de l'économie virtuelle. Les titres de propriété intellectuelle sont devenus une monnaie d'échange.

Une explosion injustifiée du nombre de brevets accordés

Les brevets nourrissent en effet la bulle financière puisqu'ils sont valorisés sous forme de capital immatériel dans les bilans comptables des entreprises, qui servent de base pour évaluer la valeur d'un titre sur le marché. Plus une entreprise détient de brevets, plus elle donne l'illusion aux actionnaires d'avoir une assise, un actif à valoriser sur le marché. Les banques, y compris les organismes de financement public, prêtent bien plus volontiers leur argent (réel ou virtuel) aux entreprises qui peuvent présenter un ou plusieurs brevets comme garantie. Une course aux brevets s'est donc mise en route, avec des valorisations capitalistiques totalement irréalistes d'entreprises rachetées seulement pour leur portefeuille de brevets. De plus en plus de sociétés d'investissement (des "patent trolls") se sont même créées ces dernières années uniquement dans le but d'acheter et de revendre des brevets, sans activité inventive propre, en poursuivant en justice ceux qui ne payent pas les licences d'exploitation des brevets de leur portefeuille.

Selon les statistiques officielles de l'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle qui les recense depuis 1985, le nombre de demandes de brevets qui était resté stable dans les années 1980 et 1990, autour d'un million de demandes par an, a explosé à l'approche des années 2000 jusqu'à atteindre 1,76 million de dépôts en 2006. Le nombre de titres effectivement délivrés a lui progressé plus vite encore, passant de moins de 400.000 brevets délivrés par an dans les années 1985-1995 à 727.000 titres octroyés il y a deux ans. Les chiffres officiels pour les années 2007 et 2008 ne sont pas encore disponibles, mais ils seront encore à la hausse.

La faute à un système qui n'est plus régulé, qui n'a plus d'objectif d'équilibre et de progrès social en tête. Parce que les Etats ont intérêt à enrichir leurs entreprises, même fictivement, les brevets sont octroyés après des filtres de plus en plus laxistes. L'innovation réelle n'est plus une condition incontournable à l'obtention d'un brevet. Apple vient ainsi par exemple d'obtenir au bout de dix ans un brevet d'invention sur le Dock, sa barre d'icônes bien connue des amateurs de Mac OS... qu'elle n'a jamais inventée. La société Stardock, qui produit elle-même des sortes de "docks" depuis 1994, explique très bien dans un résumé historique que les docks sont apparus avant-même le système NeXT, au début des années 1980, et qu'elle n'avait fait que s'inspirer alors de ce qui existait déjà, inspirant à son tour des sociétés comme Apple qui l'ont imité et ont amélioré le concept d'années en années. Si un brevet avait été octroyé et respecté pendant ces années, les améliorations et les inspirations auraient été coupées en plein vol.

Le génial inventeur Newton, qui était pourtant lui-même un coriace défenseur de sa propriété intellectuelle (au point que les premières industries du cinéma se sont réfugiées très loin sur la côte ouest des Etats-Unis, à Hollywood, pour fuire les inspecteurs de Newton qui voulait contrôler l'exploitation du cinématographe... ironie de l'histoire), avait eu une phrase célèbre pour illustrer la chaîne vertueuse des innovations : "Si j'ai vu plus loin que les autres, c'est parce que j'ai été porté par des épaules de géants".

Si Newton était né aujourd'hui, les géants l'auraient piétiner avant qu'il puisse inventer.

Car les brevets, qui servent l'économie virtuelle, vont à l'encontre de l'économie réelle lorsqu'ils protègent de fausses inventions et dissuadent les entrepreneurs d'inventer, par crainte des représailles judiciaires ou des coûts financiers de la protection de leur invention. Ils servent les grandes entreprises qui profitent de la spéculation mais desservent les petites. Or pour qu'une forêt de grands arbres apparaisse, il faut que des petites pousses puissent grandir.

Le droit d'auteur dans la tourmente

Le droit d'auteur n'est pas en reste. Lui aussi, autre volet de la propriété intellectuelle, est totalement fictif. Il repose sur l'idée abstraite que l'on peut poser son drapeau sur une oeuvre immatérielle comme sur un lopin de terre que les colons souhaitaient s'approprier. Jusqu'au 21ème siècle, les lois étaient édictées pour délimiter les parcelles et les tribunaux étaient là pour empêcher que l'on franchisse les clôtures. Dans l'ère numérique, les parcelles sont remplacées par des contrats de licence et les tribunaux par des mécanismes de contrôle informatique (les DRM). Les droits de propriété littéraire et artistique deviennent de nouveaux territoires à conquérir, de nouveaux actifs à faire valoir dans les bilans financiers et auprès des banques.

Mieux que les brevets qu'il faut déposer, obtenir et payer, les droits d'auteur sont octroyés d'office et gratuitement, dès la création d'une oeuvre et même jusqu'après la mort de l'auteur alors que le brevet vit tout au plus 20 ans. Il n'y a plus aucun filtre, plus aucune régulation, plus aucun équilibre. La valeur de la propriété intellectuelle est largement surévaluée.

L'industrie du disque qui l'a compris la première tente vainement depuis 10 ans d'empêcher la maison de brûler en chassant les millions d'internautes qui franchissent son lopin de terre en se fichant royalement des barrières. La croyance quasi religieuse qu'il sera un jour possible de matérialiser l'immatériel pour en faire le pétrole du 21ème siècle va s'écrouler comme le cours du CAC 40.

C'est alors une nouvelle économie qu'il faudra inventer, avec un équilibre nouveau à trouver

source ====> http://www.numerama.com/magazine/10827-Pourquoi-la-propriete-intellectuelle-a...

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December 6, 2008

Le 11-Septembre, les médias et Nicolas Sarkozy

La France a peur. Alors que le reste du monde s’interroge à voix haute sur les diverses anomalies du 11-Septembre, les élites politiques et médiatiques de l’Hexagone oscillent entre censure et auto-censure. L’Elysée vient d’encourager cette funeste tendance : Nicolas Sarkozy a fait savoir qu’il déplorait tout débat public sur la question. L’exploration du 11-Septembre est ainsi consacrée par la caste politico-médiatique comme le nouveau tabou idéologique en France. Retour sur la genèse d’un scandale.

Voici un entrefilet extrait du Canard Enchaîné, daté du 24 septembre et susceptible de faire bondir tout citoyen encore attaché à la liberté de pensée et d’expression :

"Mercredi 24 et jeudi 25, Bertrand Coq et Grégoire Deniau, respectivement rédacteur en chef et patron de l’info de France 24, sont convoqués à un entretien préalable avant limogeage. Mis sèchement à pied la semaine dernière par leur pédégé Alain de Pouzilhac, aliais Poupou, ils vont enfin savoir pourquoi ils sont virés. Le premier le serait pour incompatibilité d’humeur. Le second à cause d’un débat organisé sur le 11 septembre, pour rebondir sur l’affaire Bigard, le grand pote de Sarko. Il s’agissait d’expliquer pourquoi tant de zozos sur la planète continuent de nier la réalité des attentats. Le crime de Grégoire Deniau : avoir maintenu ce direct alors que son annulation avait été demandée à peine trois heures plus tôt par le directeur de la chaîne, Gérard Saint-Paul, qui ne voulait pas en entendre parler. Sûrement une coïncidence : Poupou a lâché depuis, à quelques collaborateurs, que l’Elysée n’avait guère apprécié l’organisation de ce débat télé. Parce que Bigard n’avait pas été invité?"

Deux informations à retenir :

  • Le Canard Enchaîné qualifie de "zozos" et de "négationnistes entêtés" les millions de sceptiques, à travers le monde, qui doutent de la version officielle des attentats.
  • Nicolas Sarkozy a fait connaître son mécontentement envers la tenue d’un débat audiovisuel consacré au 11-Septembre.

Deux informations essentielles : la première suggère l’étendue de la faillite du journalisme d’investigation à la française tandis que la seconde révèle la volonté du pouvoir politique d’occulter tout remise en cause d’un événement géopolitique fondateur.

Quand l’Elysée instaure un nouveau délit d’opinion

Dans un pays avec une tradition démocratique authentique et une presse déliée, la nouvelle du Canard aurait fait scandale : le chef de l’Etat a désapprouvé la discussion publique entre citoyens, sur une chaîne de télévision, au sujet des zones d’ombre du 11-Septembre. Pourtant, aucune réaction parmi les éditorialistes ne s’est produite : indifférence et accomodements à l’égard du pouvoir pour ce qui constitue pourtant une intention de brider la parole, une censure a posteriori. La propension de Nicolas Sarkozy à s’occuper de la programmation des chaînes est de notoriété publique : cependant, c’est sans doute la première fois, depuis qu’il est parvenu au pouvoir, qu’il ait fait ainsi connaître son hostilité envers le thème d’une émission.

Quel fut le grief incriminé? Un véritable débat contradictoire, ample et approfondi, sur les diverses thèses au sujet du 11-Septembre, en prime time, sur France 2 ? Absolument pas. L’objet du courroux présidentiel concerne une vague discussion, bancale, malhonnête dans son organisation et diffusée en catimini sur France 24. Pas de quoi provoquer une profusion internationale de vocations de "conspirationniste-délirant-antisémite". Et pourtant….Stupeur et tremblements dans la chaîne de commandement de France 24 : Alain de Pouzilhac, Pdg de la chaîne info trilingue, vire illico presto Grégoire Deniau, ex-directeur de la rédaction, doublement coupable d’avoir laissé passer le sujet et de s’être ensuite défaussé sur ses collaborateurs. Le "mal" est fait : selon Poupou, des téléspectateurs se seraient plaints, ainsi qu’une partie de la rédaction de France 24, pour avoir autorisé la diffusion du débat, pourtant médiocre, grossièrement à charge et stupidement intitulé "le mythe du complot" (comme si la version officielle n’était pas, en elle-même, une autre "théorie de la conspiration"). Seule ombre -lumineuse- au tableau : pendant cette caricature d’un débat expédié en une demi-heure, un intervenant, le journaliste américain Eric Margolis, a laissé entendre qu’il avait été intrigué par la faiblesse des dégradations du Pentagone, au lendemain de l’attaque prétendue d’un Boeing… Un ange (démoniaque) passe sur le plateau.

Dans cette sinistre affaire, le double message de l’Elysée est le suivant : la France reste alignée sur les Etats-Unis, y compris dans sa narration mythologique du 11-Septembre, bien commode pour justifier la présence militaire française en Afghanistan; quiconque s’aventurera à débattre du sujet risquera sa mise au ban de la communauté journalistique parisienne par le rejet de ses propres confrères et l’opprobre du président de la République himself. Rompez !

La réaction de Nicolas Sarkozy risque, au passage, de donner du grain à moudre à ceux, comme Thierry Meyssan, qui le soupçonne d’oeuvrer, tel un "honorable correspondant" de la CIA, pour le maintien de l’Empire américain et la consolidation des soutiens atlantistes dans leurs postes respectifs.

Quand le Canard Enchaîné devient l’emblème de l’échec journalistique

De même que Le Monde fut longtemps qualifié de "journal de référence", le Canard demeure le modèle hexagonal de l’enquête journalistique, sans limites ni tabous. Quoique… L’attitude des rédacteurs du célèbre hebdomadaire satirique à l’endroit du 11-Septembre témoigne de l’étendue des dégâts mentaux collatéraux dans la corporation médiatique, y compris dans sa frange supposée "indépendante et corrosive". Suivisme, paresse intellectuelle, lâcheté et ricanements : bienvenue en France.

Et pan sur le bec. Alors que le caneton a fait preuve de talent pour dénicher des secrets d’Etat ou dévoiler, sous la plume de Claude Angeli, les coulisses de la guerre contre le terrorisme, il s’est révélé incapable de dépasser le stade puéril du sarcasme pour envisager autrement le 11-Septembre. Peut-être faut-il y voir un lien avec la méfiance réputée du Canard pour Internet : c’est l’un des rares journaux français à refuser sciemment de développer son site web, purement formel. Ce comportement archaïque, digne d’un réactionnaire qui rejetterait avec dédain toute nouveauté technologique dans la société de l’information, rejoint logiquement l’ignorance du caneton sur les zones d’ombre du 11-Septembre, précisément connues du public grâce à Internet.

A cet égard, en six ans, le Canard n’a pas évolué d’un pouce, si l’on en juge par ce filet publié en avril 2002, au lendemain de l’enquête, à la fois bancale par ses conclusions hâtives mais estimable de par son orientation avant-gardiste, de Thierry Meyssan. Morceaux choisis du caneton ricaneur :

"Bon sang mais c’est bien sûr, il a raison, Thierry Meyssan, le gars qui affirme qu’aucun avion ne s’est écrasé sur le Pentagone ! Et Thierry Ardisson a raison de l’avoir laissé exposer sa thèse en long et en large, dans « Tout le monde en parle » du 16 mars, sans un bémol, sans esprit critique, sans question gênante, gobant tout tel un Jacques Pradel des familles (« Je suis troublé »). Service public avant tout! Et les plus de 100 000 gogos qui, en une semaine, se sont précipités sur son bouquin, écrit en gros caractères, lu en une heure, plein d’annexes, de discours officiels de Bush, mal fichu, ont raison, eux aussi. Car voici l’argument qui tue, et d’ailleurs Meyssan le clame haut et fort: on peut tout vérifier sur Internet ! En effet, à chaque page Meyssan cite des sites, des sites, et encore des sites: voilà donc le premier bouquin d’enquête sans enquête, mais entièrement compilé sur Internet. Et comme chacun le sait, Internet c’est rien que du sérieux ! (…) Quant au 11 septembre, Internet dégorge de révélations plus étonnantes les unes que les autres : aucun des 4 000 Juifs travaillant au WTC n’est allé au travail ce jour-là ; aucun des chauffeurs de taxi musulmans de New York n’était dans le quartier ce jour-là ; on a vu des ovnis dans le secteur au moment des attentats; et une immense image de Lucifer dans les nuées de l’incendie… C’est donc un coup des Juifs, des musulmans, des extraterrestres et de Lucifer ! Futurs auteurs de best-sellers, voici donc la recette imparable : identifiez un événement qui a frappé l’imagination des foules, décortiquez les mensonges officiels (car il y a toujours, évidemment, dans les vérités officielles, des lacunes, des arrangements, des paradoxes, des dissimulations), et remplacez-les par un gros bobard que vous aurez trouvé sur Internet. C’est facile, il n’y a qu’à se baisser !"

Des "gogos" en 2002 au "zozos" de 2008, saluons la laborieuse recherche sémantique du Canard pour disqualifer d’un trait de plume les millions de citoyens usant de leur sens critique pour interroger la nature et la valeur du 11-Septembre.

Et pendant que le sérail parisien se complaît dans sa morgue, qui lui sera tôt ou tard fatale, des journalistes étrangers font leur travail : après la diffusion d’une soirée thématique consacrée au sujet sur la première chaîne russe, voilà qu’une concurrente directe de France 24 , une autre chaîne info internationale anglophone basée à Téhéran, Press Tv, a organisé, depuis Londres, un remarquable débat contradictoire sur les attentats du 11-Septembre, avec un chercheur anglais, une journaliste américaine, une ex-employée des services secrets britanniques (favorable à la réouverture d’une enquête) et un ancien fonctionnaire du ministère de la Défense.

Sur les 37000 journalistes titulaires d’une carte de presse en France, celui qui se risquera à proposer une enquête sérieuse, avec de nouveaux éléments, sur cet épais dossier, devra compter sur la solidarité et la vigilance des citoyens. Les divers moyens de rétorsion ne manqueront pas d’être utilisés à l’encontre du mouton noir qui osera s’aventurer loin du troupeau. Licenciements, brimades, obstructions, relégations, diffamations. Aux yeux des sympathisants néo-conservateurs, toutes les techniques sont justifiables pour casser la pulsion vitale à la base du journalisme : le désir de comprendre et de faire comprendre.

L’enjeu est crucial : il en va de la démystification du 11-Septembre comme de la liberté d’expression en France. Et alors que l’occupation des esprits, mentale et atlantiste, n’a jamais été aussi forte, à l’instar de l’occupation sous Vichy, physique et nazie, les résistants devront se reconnaître afin de s’organiser. En dépit de la masse somnolente.
Ici, la répartie gaullienne s’impose : "en France, sous l’occupation, il y avait 500 000 collabos, 500 000 résistants et 39 millions de veaux", dixit le Général, qualifié alors de "terroriste".

La diabolisation envers toute dissidence sur le 11-Septembre, question politique par excellence, devient plus manifeste, plus violente dans le champ de l’expression médiatique. Face à cette situation, l’acte révolutionnaire consiste à résister, jour après jour, à l’emprise du mythe sacrificiel du 11-Septembre. Quitte à en payer le prix. L’occupation des esprits dure déjà depuis sept ans.

Entre les veaux, le collabos et les résistants, quel camp choisirez-vous?

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