Le grand défenseur des droits de l'homme et du Tibet, Jacques Remiller, révèle jusqu'où son attachement à la liberté peut aller. Lorsque Nicolas Sarkozy vient lui rendre visite, il décide de tout repeindre en bleu. Et par là même de traquer tout ce qui est rouge.

En effet, le Président Français Sarkozy était venu à Vienne ce Mardi 13 Mai :

Nicolas Sarkozy se rendra à Vienne, pour visiter l'usine Yoplait (située dans le quartier d'Estressin) pourrait être l'un des sites retenus à Vienne. Selon le Dauphiné : " Le chef de l'État, en plus de ses visites sur le terrain, serait ainsi amené à rencontrer des chefs d'entreprises locales issus du commerce et de l'artisanat. (...) (....) On sait toutefois qu'outre Christine Lagarde, trois autres ministres, dont Luc Chatel (secrétaire d'État à l'Industrie et à la Consommation, porte-parole du gouvernement) et Hervé Novelli (secrétaire d'État au Commerce, à l'Artisanat, aux Petites et Moyennes Entreprises, au Tourisme et aux Services), devraient être présents. À Vienne, l'ancien maire de Neuilly retrouvera Jacques Remiller. Le député-maire de Vienne avait été l'un des premiers parlementaires UDF à rallier les rangs de l'UMP, en 2002. (...)."

Thierry Kovacs, l'adjoint au maire, a invité les sympathisants à venir acclamer Sarkozy à la salle des fêtes, place Miremont, à 11 heures.

Il est intéressant de noter que seuls les sympathisants son invités à l'acclamer, désormais, il n'est plus que le représentant de ses sympathisants, non plus d'un pays.

Cela nous amène donc à la superbe chasse aux sorcières orchestrée par les pouvoirs locaux. Ainsi, plusieurs arrestations sont faites, sur désignation des agents des Renseignement Généraux tout d'abord, puis directement toute personne qui ne prendrait pas part à la grande liesse « populaire » entourant le président. Ainsi, plusieurs membres d'organisations politiques ou syndicales sont arrêtés, en plus de simples personnes dont le teint ne s'accordait probablement pas avec le décor souhaité par les organisateurs. Des membres des organisations suivantes, FSE (Fédération Syndicale étudiantes), JCML (Jeunesses communistes Marxistes Léninistes), et LCR ont été embastillés pour la durée du séjour du président « des français ». Pour ceux qui échappent aux rafles, ils sont refoulés hors des lieux de passage du noble sire, pour éviter qu'il ne perturbe sa visite de Vienne.

La ville était repeinte en bleu (déjà qu'elle l'est en temps normal). Un premier cordon fouillait, refoulait, ou non, intimidait, en clair, puis un deuxième se tenait dans les ruelles attenantes à la place ou Sarkozy a débarqué, et enfin, des barrières derrières et des barrages de police isolaient le trajet direct de Sarkozy : pour passer derrière, on devait avoir une INVITATION, un certificat d'appartenance à la bonne société locale. (Une des personnes arrêtées)

J'ai passé deux heures et demie en garde à vue parce que je portais deux affichettes format A4 avec les phrases suivantes : l'ordre mon cul, la liberté m'habite / certains l'ont choisit d'autres le subissent. (Une autre arrêtée)

Au bout d'un moment, on pouvait compter 200 à 300 personnes s'opposant à la venue du Président. L'ambiance était tendue, des militants CGT s'étaient déjà faits refouler par les CRS - l'un d'eux se serait même fait arrêté. Les RG n'étaient pas discrets (ils prenaient leur photos avec leur portables high-tech), la BAC (plus d'une vingtaine) non plus - mais on va dire qu'ils sont pas là pour être discrets. Des tireurs sur le toit de la salle des fêtes. (Un passant)

A propos de ces arrestations, les policiers n'ont pas été capables de fournir le moindre motif les justifiant. Même une organisation aussi puissante que la CGT s'est faite repoussée de la place Miremont dont Jean-Michel Rabut, un des dirigeants locaux. Les élus PCF, pourtant tout aussi légitimes que le Député-Maire de Vienne, Jacques Remiller, furent écartés. Ainsi, alors que le puissant homme serait les mains de ses soutiens, la Brigade Anti Criminelle menaçait des lycéens, les insultant en leur intimant de ne pas bouger, une lycéenne à ainsi été insultée, « Ta gueule petite conne » et entraînée à l'écart des notables et autres bourgeois. D'autres actes de violence ont été commis par les pro-gouvernement et les CRS à l'encontre d'individus qui ne correspondaient pas aux genre de personnalités souhaités dans le sillage d'un président « démocratiquement » élu. Le président lui même, essuyant un refus lors de la poignée de mains, à attrapé le lycéen par les épaules et l'a menacé. L'action à été filmée, nous mettrons à disposition dès que possible cette vidéo.

Beaucoup de monde était systématiquement fouillé. Une personne se fait embarquer au commico parce qu'elle avait sur elle des tracts appelant au contre-rassemblement, ainsi que des affiches et des autocollants LCR. Peu après, deux autres personnes se font embarquer, après fouille, l'une pour avoir des tracts et des affiches, soit-disant insultantes ("Sarokzy, chien de la bourgeoisie"), l'autre pour rien ! Leurs camarades sont également fouillés. Une personne est directement menacée par la BAC ("Toi, t'as intérêt à partir maintenant" ou quelque chose du genre). Menaces de plainte pour "incitation à l'émeute" envers ceux qui protestent trop bruyamment contre les interpellations. D'autres sont littéralement extirpés hors du rassemblement, sans être ni fouillés ni interpellés. Certaines personnes sont interpellées au motif qu'ils ont scotchés sur eux-mêmes des affiches anti-Sarko. Une personne est violemment plaquée au sol, puis embarquée. Les keufs ont tout fait pour que les interpellations ne soient pas publiques, cela aurait augmenté la tension vis-à-vis du rassemblement d'opposition. En tout, un peu plus d'une dizaine d'interpellations, dans la limite du possible en secret. Aucun motif réel. A chaque demande de motif, des "on a pas à se justifier", à chaque remarque comme quoi transporter des tracts et des affiches n'est pas illégal, des "on connaît la loi, c'est nous qui la faisons respecter", mais quelle loi ? : "On a pas à se justifier !"... (un passant)

Triste épilogue, alors que la plupart des arrêtés ont été libérés, certains auront droit à un « rappel à la loi ». Nous lançons donc un appel aux juristes pour qu'ils veuillent bien nous expliquer quelle loi à été violée.

...Selon l'ordre public, je n'ai pas le droit d'exprimer mon opinion personnelle en la présence du président de la République Française, je suis accusée de troubles à l'ordre public, je n'ai pas eu de récépissé de mon arrestation et je n'ai pas obtenu de double de ma déposition au commissariat. (Idem)

Nous, jeunes militants, ne sommes pas étonnés de l'attitude des forces de l'ordre et des élus pro-gouvernementaux vis-à-vis des populations locales. Malgré une façade pseudo-humaniste qu'ils s'obstinent à conserver en participant de manière hypocrite à des manifestation de soutiens aux droits de l'Homme, ils sont toujours prêts à violer la légalité et les droits pour protéger leur pouvoir, prêts à menacer, à saisir des tracts, à tuer la démocratie qu'ils prétendent représenter. Ils ont encore une fois montré ce que sont les limites de la démocratie bourgeoise. Nous n'avons rien à attendre de ces individus dont la seule motivation est de maintenir un pouvoir basé sur l'exploitation et le vol. Il est inquiétant de voir que la menace de ces quelques individus autorise un tel déploiement de forces et une telle violence. Quelque jour après l'anniversaire de l'écrasement du fascisme, on ne peut que constater que ses effluves nauséabondes sont encore dans l'air, et nous rappellent peut-être même plus un autre 8 mai, en Algérie…

source ====> http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=99720