Le soleil est bleu de peur sous la rouille des ponts
Le plâtre du silence durcit lentement
Puis blanchit aux jointures de l'aube comme un poing trop fort serré

Les rues sont pleines de varech
La lumière pend aux fenêtres comme des larmes de bougie
Et les trottoirs sont chauves
Il n'y pousse plus personne

Parfois un chien qui pisse sur cette calvitie
Comme l'esquisse hâtive d'un peintre en mal d'inspiration

Mon âme perd ses cheveux
Et mes veines s'endorment

Je n'ai plus dans la tête que des épaves d'hier
posées au bord d'une encre morte