Les lumières du port, en face,

Rejoignent à travers la nuit,

Le reflet rouge, sur la glace,

Du néon………..Le verrier qui luit

Attend ses ouailles noctambules.

Le bruit d’un moteur, quelquefois,

Annonçant quelque véhicule,

Eclabousse le calme froid.

Les phares, bousculant l’hiver,

Brisent le biais d’une pluie fine.

Alors, l’espace d’un éclair,

Le canal glacé s’illumine.

.

Puis de nouveau, rien qui ne bouge.

Dans la pénombre, un radiateur

Aux minces rampes infrarouges.

Tu tiens compagnie à ton cœur…….

Il connaît tes combats, tes doutes.

Vous en parlez de temps en temps.

Quand il bat, tout bas, tu l’écoutes.

Quand tu penses fort, il entend.

Tu lui dis tes incertitudes

Du lendemain et de l’instant.

Il t’avoue ses inquiétudes

Pour la maison et les enfants…….

.

Puis, c’est l’heure de l’ouverture,

L’arrivée des premiers clients !

Déjà, derrière la serrure

Tambourinent les impatients.

Ton cœur s’en va à ses affaires,

Ignorant tous ces pèlerins.

Déjà, au comptoir, tu t’affaires

A tes chopes, jusqu’au matin……

Petits godets, bières mousseuses…….

Valsent les violons du bal !

Et tu souris, jolie Serveuse

De l’Estaminet du Canal !...................

- Roseha -