Remontons au Moyen-Áge si vous le voulez bien... Zou ! On y va...

Á cette époque Saint Nizier du Moucherotte (à cause de la montagne juste derrière) n'était qu'un hameau ou vivait durement des paysans, sur des terres glaçées en hiver et dures à travailler en été... Et pentu de tous côtés.

Ces gens vivaient de leur dur labeur et chacun se devait d'y participer...

Sauf trois jeunes écervelées qui ne pensaient qu'à jouer, confectionner des bouquets de fleurs immangeables, courir après les colporteurs qui proposaient de chatoyantes parures en provenance du village de Grenoble

Comme elles avaient la jambe sure et alerte (oh les mecs, pas de mauvais esprit...) elles n'hésitaient pas à s'éloigner du village, jusqu'au hameau de Lans.

Elles étaient du genre plutôt bien faîtes de leur personne (bien roulées si tu veux).

Un jour elles partirent ainsi à l'aventure dans les sentiers... Il faisait chaud, très chaud et elles allèrent se baigner dans le Bruyant qui... bruyait en contrebas.

Mais des manants comme il y en avait tant au Moyen-Áge remontaient les gorges du torrent et la ! Ils tombèrent en arrêt devant de toutes autres gorges ! Et aussi de charmants bassins appétisants et tout et tout... Car les donzelles ne voulant pas mouiller leurs habits s'étaient mises toutes nues.

T'imagine la horde (au moins trois qu'ils étaient...) la langue pendante...

Waooouuuuh ! dit le premier...

Waooouhhhhh ! dit le second...

Waoouuuuhhhhh Wahooouuuuuhhhooouuhou ! dit le troisième en tapant du poing sur les branchages car il avait aimé tous les cartoons de Tex Avery !

Les pauvres filles se voient découvertes (elles l'étaient déjà mais bon...), ramassent ce qu'elles peuvent de leurs fringues et se sauvent en courant...

D'abord remonter la pente raide jusqu'au sentier... la elles avaient tout bon car les mecs s'étaient tapé les gorges en montée et en plus étaient habillés eux ! Lourd handicap...

Arrivées sur le chemin elles coururent, coururent, coururent, coururent, coururent vers le hameau qui était loin, loin, loin, loin, loin, loin, loin, loin, très loin ! Trop loin.

Les marauds les rattrapaient, courant plus vite sur les faux plats en commençant à s'alléger en dessous de la ceinture tout en durcissant leur position.

L'hallali quoi ! Allaient-on perdre les Trois Pucelles, fleurons des montagnes dauphinoises ? Non !

Elles invoquèrent alors le bon, le grand, le gentil Saint Nizier...

Ô bon Saint... sauve nous des mécréants qui nous veulent du bien... pardon du mal !

Le Saint qui était en train de se faire des bugnes lyonnaises essuie ses mains sur son tablier, jette un oeil sur le tableau.

Mort de rire !

Sauvez nous de l'affront bon Saint Nizier... Et Saint Nizier accepta d'aider en miraculant... Il miracula donc un miracle.

Il comprit la détresse de ces trois pauvres hommes frustrés, courant l'habit au vent... Les satisfaire (sourire du Saint... )? Non ? Pas possible, faut qu'on garde nos pucelles se dit-il !

Et il changea les trois imprudentes en rocs lisses et inaccessibles (Faut les grimper les pucelles...)

Et il justifia son acte de béatitude en expliquant que celà servirait de leçon aux jeunes filles sans cervelle et exhibitionnistes.

Mais que un jour elles reviendraient à la vie charnelle si trois beaux alpinistes arrivaient à les grimper sans aucun accessoire...

Et la il y a du boulot !

Et voilà les jeunes... Vous savez ce qu'il vous reste à faire...

Alain GRANADE