D'un autre côté, on ne gobe que ce qu'on veut bien avaler. Les J.O sont une arme de propagande depuis toujours. L'histoire le confirme. Berlin en 36, Tokyo en 62, Mexico en 68, Munich en 72, Moscou en 80, Los Angeles en 84, les conditions d'attributions des jeux à Pékin en 2001...

Et cela, sans compter la guerre des médailles que se sont livré les 2 supers puissance durant la guerre froide.

Je vous trouve, vous journalistes, bien naïfs d'avoir cru que la politique chinoise serait différente l'espace de quelques jours. Ou, bien hypocrite d'avoir accepter que cette politique appliquée à la presse internationale serait le signe d'un changement convaincant alors qu'elle n'aurait pas changé d'un iota pour le reste du pays.

Mais comme dans tous les domaines économiques, on veut bien gober tout et son contraire fermer les yeux sur ce qui serait intolérable chez, si le tiroir caisse émet une douce mélodie métallique.

Hypocrite aussi le comportement des media. Mettant tous les jours en avant les droits de l'homme bafoués, les répressions, les exécutions sommaires, les lois xénophobes, la propagande communiste et tout ce qui peut mettre en évidence que le gouvernement chinois est une dictature, tout cela sans prendre une position engagée, dans le seul but de faire passer le message aux braves gens que finalement, on est bien mieux chez nous, sans vraiment s'indigner sur le sort des populations concernées. Mais dès que vous êtes vous même atteint par les lois locales, tout à coups, un sursaut d'indignation éveil vos consciences. La douche semble être froide. Et paradoxalement, sous cette affaire de liberté d'expression dont vous semblez vous étonner et être victime, une leçon de démocratie et de justice se pointe. Oui, paradoxale qu'une dictature puisse contribuer (à son insu) à la justice. Cette justice qui se dit aveugle vous envoi ce message à travers cette affaire. On dit souvent en France et dans les grandes démocraties que la loi et la même pour tous et que personne ne peut se placer au dessus. Hé bien voilà, il faut que ce soit une dictature qui vous le rappelle. Journaliste ou pas, membre de la presse internationale ou nationale, en Chine, c'est la loi chinoise qui s'applique. Et elle s'applique à tous le monde. Vous y compris. Sous quel prétexte les lois seraient différentes por les étrangers et pour la population ? Bien venu dans la plus juste des dictatures qui applique à la lettre ses lois sans s'attarder de savoir à qui les appliquer.

Mesdames, mesdemoiselles et messieurs les journalistes, grands patrons de l'information, Faut il que votre liberté d'expression, que dis-je, pas tant, faut il que votre liberté à vous informer soit ainsi bafouer pour que vous preniez conscience que la Chine est une dictature qui ne s'embarrasse pas de vos petites personnes et de l'opinion internationale pour faire ce qu'elle veut ? Que tant que vous collaborerez à cette mascarade en voulant vous persuader que les J.O ne concernent que le sport alors que c'est avant tout une vitrine politique qu'aussi longtemps que vous n'aurez pas les couilles de prendre position et d'agir en conséquence (et pas uniquement lorsque vous êtes touché directement), les dictatures auront encore de beaux jours devant elles.

Car oui, vous n'avez pas les couilles de prendre position. Il suffit pour s'en convaincre, si besoin était, de regarder les JT, la presse, d'écouter la radio et le débit d'information ininterrompu que vous nous servez 24h /24, toujours neutre, toujours bien lisse et propre pour comprendre que vous n'êtes pas concerné par le monde dans lequel vous vivez. Vous "dénoncez" mais vous contribuez également à cette mascarade. Comment ? De la même façon que les autres secteurs de l'économie. Aveuglé par les dieux dollars, euros, Livres sterling, Yens, ou tout ce qui peut rapporter toujours plus. En vous prostituant au nom de l'économie et en vous trouvant des excuses pour continuer et vous donner bonne conscience. En plaçant les intérêts financiers avant les valeurs que vous prétendez si bien défendre.

Car oui, derrière tout cela, il n'y a rien d'autre que de la collaboration. Aussi abjecte et répugnante que cette collaboration qui a eu tant de mal à entrer dans nos livres d'histoires pour oser avouer son nom. Aussi sournoise et insidieuse que la peur qui l'avait motivé en son temps.

Allez-y. Continuez. Rendez compte de ce qui se passe dans le monde. Servez leurs soupes aux maîtres de la communication qui vous font prendre des vessies pour des lanternes et dont vous cherchez désespérément l'interrupteur pour essayer de croire qu'il s'agit bien d'une lanterne alors que vous êtes les premiers à voir la vessie. Continuez cette politique de l'autruche. Mais ne vous étonnez pas d'en être victime aussi. Vous en êtes les victimes car vous le voulez bien.

Et pourtant, il serait si simple de prendre position sans risquer votre vie. Sans envoyer un pigiste risquer sa vie au nom du droit à la liberté d'informer et de s'exprimer. Jamais occasion si grosse et simple ne se représentera à vous. Jamais l'occasion d'user de votre liberté d'expression ne se représentera de façon aussi simple et en toute sécurité. Jamais le recours à cette liberté d'expression ne pourrait être aussi efficace qu'en l'occasion de ces jeux. Comment ? En ne vous exprimant pas. La liberté d'expression, c'est aussi la liberté de ne pas s'exprimer et de ne pas devenir le jouet médiatique d'une dictature dont l'arme première n'est pas le char de la place Tien En Men, n'est pas la balle facturée à la famille du condamné, n'est pas un nombre de militaires toujours plus important. Non. L'arme première de cette dictature ce sont les média. Vous êtes l'arme de cette dictature qui sait vous utiliser et dont vous vous fait complices, parfois volontairement parfois involontairement, mais toujours de bonne guerre.

Pour une fois que vous êtes touché par cette dictature (qui n'a d'ailleurs de communiste que le nom), pourquoi continuez vous cette farce ? N'allez pas jouer le jeu de la propagande communiste. N'allez pas servir sur un plateau en argent un semblant de respectabilité à cette dictature en vous rendant à Pékin. Boycottez la cérémonie d'ouverture. Boycottez les remises de médailles. Ne servez pas une cible médiatique qui permettrait à ce gouvernement de pouvoir exercer toujours plus de répression alors que les yeux du monde ne seront ouvert que pour ces jeux du cirque.

Je vous en prie, ayez encore un sursaut de dignité face aux valeurs que vous prétendez défendre si bien. Puisque de toutes façons, vous serez sur place. Ayez au moins la sagesse de garder quelques caméras braquées sur le Tibet, sur ces populations expulsées sans comme on mettrait un chien dehors au profit d'une modernisation qui, quoi qu'il en soit, ne profitera qu'une une infime tranche de la population.

N'en jetez plus. Pour une fois, ne retransmettez pas cette information biaisée que vous servira les autorités de Pékin. Rentrez chez vous. Faites que ces "jeux" deviennent un échec afin que le C.I.O. lui même réfléchisse à deux fois avant d'attribuer une organisation. Afin que tout le monde puisse prendre conscience qu'il est toujours possible de faire quelque chose. C'est aussi ça avoir les couilles de prendre position.