Ce qui surprend, lorsque l’on arrive à Sainté. , c’est notre parlé, car nous ne parlons pas comme tout le monde. Plutôt c’est tout le monde qui cause pas comme nous.
Exemple partout ailleurs, vous ramasser les pissenlits, nous nous cueillons des barabans
Si dans les bars du pays on trinque le verre à la main, chez nous on boit un canon, c’est presque une unité de mesure même si des fois on la dépasse…un peu, la mesure. Les épouses ont du mal à comprendre pourquoi leur mari se fait un brin d’honneur à siroter à chacun sa tournée.
Dans le temps il y avait la vinicole, une association coopérative remontait du vin du midi pour le revendre à ces adhérents à un prix intéressant. Dans ce modeste local qui sentait l’odeur du vin quelques habitués se sentaient obligés de goûter à la mixture qui allait remplir la bobonne. C’était une entrée triomphale lorsque l’on ramenait la bombonne brinquebalante dans la « bourrette » à la loge et recevoir les remontrances de sa « Grosse ». Appeler sa femme la grosse n’était pas péjoratif. Il faut comprendre toute la douceur de ce mot qui est évidemment, une tradition amicale.
D’ailleurs elle n’avait pas les moyens de grossir, beauseigne, elle ne mangeait pas gras.
Un après midi, un avocat qui ne connaissait pas les subtilités de la langue gagasse demande à l’un de ses clients s’il a amené sa grosse, ce document si précieux au palais de justice. « Non maître, elle est alitée » ce fut un énorme éclat de rire