INTERMEDE

Dès la sortie du refuelling, nous stoppons nos montures car nous nous situons à peine 2 kilomètres du départ. Les commentaires des uns et des autres qui arrivent derrière nous, nous informent des luttent pour les places finales. Hervé VERICEL à 2'15 semble tenir sa troisième place sur Guy MOTTARD puisqu'il possède 45" d'avance sur lui.

Un Guy MOTTARD sortant du ravitaillement essence, où l'assistance est interdite, arrive avec sa 306 MAXI, qui peine à démarrer. Delphine sa copilote, pousse, la pauvre, seule, et que nous ne pouvons aider à cause du règlement. Ce petit épisode m'a rendu encore plus heureux d'être avec Christophe et de rouler avec ce mec là. Alors que Jean Paul se casque et part pour la dernière spéciale du matin, bien décidé à réduire l'écart, Christophe, qui connais les 306 MAXI mieux que le fond de ses poches, court vers la Peugeot récalcitrante en disant à GUY :

"- c'est une cosse du démarreur qui doit être débranchée !!... Fred, je peux ouvrir le capot ?".

« Non!  Fais le ouvrir par Delphine !!. » lui dis je.

Pour la petite histoire, nous sommes en train de disputer une course où nous luttons pour la gagne..... Il reste 5 minutes pour nous rendre au départ, nous ne sommes pas casqués, et mon Chris a la tête dans le moteur du GUY !!....

Surréaliste comme truc !!!

Il faut que vous sachiez également que si Guy, encore en lutte pour le podium, voire une belle 4ème place, calle sur la ligne de départ, c'est l'abandon....Il faut qu'il puisse rentrer au parc d'assistance à MACON. Pendant que mon Christophe court dans la 206 prendre la petite trousse à outils de secours, je commence à enfilé cagoule et casque, démarrer la 206, préparer les harnais et le casque de Christophe, pendant que lui, au diable les commissaires techniques (qui sont là pour observer le respect du règlement), commence à réparer le démarreur de la 306. Moi j'égraine le compte à rebours afin que Christophe sache combien il lui reste de temps pour réparer. Je vous dis c'est une situation extraordinaire. Tous les autres équipages autour de la voiture, entrain de regarder le mec qui est en tête de la course mécaniquer, et le copilote lui donner le timing. J'ai garder deux minutes pour aller au départ, et j'annonce à mon CHRIS :

"- 1 minutes !!"

 je le regarde se battre avec sa clef à pipe de 10 serrer l'écrou en pensant: si elle lui échappe c'est la merde !!!...

« 30 secondes ! »

Je le vois effectuer des gestes calmes et précis, alors que le moment serait à l'énervement et au stress !!!

"- vas y essaye !!" crie t il à GUY

Contact, Pompes à essence, doigt sur le bouton, il appuie et VVRROOUUMMMM !!!!!!.....

Pendant que Guy et Delphine un peu médusés par la scène nous crie un merci, je me penche vers sa fenêtre en lui disant:

"- allez Guy !! On va faire la course maintenant !!!..."

dans un sourire hilare,surper content de la décontraction et la solidarité dont nous venions de faire preuve.

 C'EST CA AUSSI LA COURSE.....

 LUGNY VIRE.....

 Rangé la trousse à outils, chaussé le casque sauté dans la voiture et hop direction le départ, il nous reste 1' 30. Durant les 2 kilomètres pour nous rendre sur la ligne, je redonne un sens à la course, mais maintenant Christophe est en phase, dans le bon sens. Celle là, nous la connaissons bien, même si nous ne l'avons pas faite depuis quelques années. Ca n'est pas un chrono que nous affectionnons tout particulièrement, mais les 10 kilomètres 430 du parcours ne doivent pas permettre à Jean Paul de nous reprendre énormément de temps.

Une belle attaque, un pilotage appliqué, nous donne un sentiment d'efficacité. Mais comme d'hab, c'est le chrono qui va nous confirmer tout ça.

"5'10"00 ! Pas mal, l'an passé CHAMBON avait réalisé 5'14"20."

Voyons le temps de Jean Paul :

 "5'12"30. Bon eh bien voilà une bonne chose de faite."

 Nous confirmons en enfonçant encore un peu plus le clou en réalisant un nouveau scratch. Direction le parc de regroupement, puis celui d'assistance avant l'assaut final....

Sur le retour vers MACON, nous élaborons après avoir débriefé sur la perf de cette dernière spéciale, la stratégie du dernier tour. Comment allons nous nous préparer, pour remporter cette première édition internationale. La superstition nous interdit souvent de l'évoquer trop tôt, mais nous ne pouvons pas ne pas y penser à ce moment de la course, mais il reste encore 40 bornes de spéciale et suffisamment de virage pour faire une faute.

 UNE INVITE DE DERNIERE MINUTE

  Annoncée depuis plusieurs jours, et apparue en fin de journée hier, la pluie devait être présente sur l'ensemble de la journée. Mais rien, et il faut être honnête, nous en étions fort aise, car la pluie n'est jamais un plaisir, ni pour nous, ni pour les spectateurs. Mais, là, le ciel au fond, à l'ouest de MACON n'annonçait pas une perception immédiate du maillot de bain....où plutôt si, si vous souhaitez prendre une douche en pleine air.....

La restauration dans le camping car bat son plein, un bon morceau de poulet avec quelques pâtes, bananes, fruits, etc et pendant ce temps, SERGE,

JEAN,

SEB, MIKA et CLAUDE faisaient une fois de plus le maximum pour nous rendre une voiture au top. Mais forcément à un moment la question fatidique tombe :

Qu'est ce qu'on met comme roues ? Le choix est simple : SLICK pour le sec, ou les pneus pluie ? Nous, dans la voiture notre réflexion avait été très simple : ayant maintenant 13"30 d'avance au général, nous nous élancerons avec le même choix que celui de Jean Paul. Quitte à se tromper, autant partir dans les mêmes conditions tous les deux. De toutes façons, nos poursuivants directs sont VERICEL à 2'28" et MOTTARD à 3'20" donc pas de panique !!.....

Jean Paul, pas résigné lance un :

" - LES SLICKS !!!...."

Et là imaginez la musique du film qui démarre :
Un cavalier, qui surgit hors de la nuit
Court vers l'aventure au galop
Son nom, il le signe à la pointe de l'épée
D'un Z qui veut dire Zorro

Zorro, Zorro
Renard rusé qui fait sa loi
Zorro, Zorro
Vainqueur, tu l'es à chaque fois
Zorro, Zorro !!!!

ET BIEN LA, JE NE SAIS PAS QUI VA ETRE ZORRO ????

Il faut quand même que je vous dise que depuis 10 minutes, j'appelle sur les spéciales afin de "choper" quelques infos. Dans la une, qui est à 20 kilomètres de MACON, ça commence à tomber. Dans ROYER c'est sec, et à LUGNY aussi, mais nous n'y passerons que dans un peu moins de deux heures. Et, vous l'avez compris, le choix s'établit pour le tour complet. Donc on peut être bien dans une et mal dans les deux autres, ou inversement etc etc....

Mais "l'ancien" croyez vous qu’il va se démonter? Que neni, mon fils, QUE NENI !!! Il monte les SLICKS et il part.....

Nous aurions pu au tout dernier moment changer et prendre les pluies.... Mais si c'est lui qui a raison !!! Le doute est trop grand pour jouer, nous montons les SLICKS aussi, et vogue la galère.

Et je ne vous dis pas dans quelle GALERE nous venons de nous mettre... A peine passer le panneau de sortie de MACON, les essuies glace intermittents ne suffisent plus à enlever l'eau qui s'amoncelle. Et plus on avance vers le départ, plus il pleut. GENIAL comme scénario. Sur les derniers kilomètres nous essayons bien de faire monter la température des pneus, mais bon ça n'est pas top quand même. Et nous voilà au départ....

LEQUEL DES DEUX VA ETRE ZORRO ?

QUI POSSEDE LE BON TORNADO ?

Il est certain que cette situation ce serait présentée au premier passage, c'eut été encore plus délicat... Partir dans ces conditions et découvrir la route est encore plus difficile; là nous avons le repère visuel du premier tour, l'état des cordes, des pièges à éviter et surtout du tempo nécessaire pour faire "le tour gagnant". Malgré tout, c'est "holidays on ice" cette histoire.

Parti pour JPaul, qui même en slick, décolle toujours aussi fort et disparaît de notre champ de vision 80 mètres après le départ, au coin de la maison. C'est à nous !!....

Le rituel recommence comme sur tous les "START". Le chronométreur nous montre les 30 secondes, je me prépare avec cahier et stylo, mon chrono à zéro, l'oeil sur la montre. J'annonce à Christophe les 15 secondes pour qu'il démarre sa procédure de départ en y ajoutant cette fois un

"ALLEZ UN !! ET SURTOUT PAS DE FAUTE MON GARS !!».

La 1ère est enclenchée, il tient l'auto en suspension avec le frein, fait monter le régime moteur et regarde s'égrainer les secondes aux doigts du chronométreur. Dans un balai hyper réglé, la main disparaît de notre champ de vision pendant que Christophe lâche les chevaux et que j'appuie sur le bouton de mon chrono en envoyant le "Gauche à fond pour Droite 60 coin maison". Bon départ, pas trop de patinage au roue et la première sensation dans le droite pour ressentir le grip avec les slicks. Ca glisse un peu, mais ça va !!....les premiers kilomètres sont prudents, Christophe très concentré (tu m'étonnes !!!!) et je trouve que ça roule vite... Dans la montée de la croix Montmain, la route et plus large, nous passons le droite où nous nous étions fait peur au premier passage, je sens l'auto prendre le grip malgré tout et je me surprends même à pousser Christophe en le haranguant

"ALLEZ CA TIENT !! VAS Y !!"

Il prend confiance encore plus, mais ne commet pas de faute, profite au maximum de la vitesse et de l'inertie dans les rapides sans braquer la Peugeot, appliqué sur les freinages, nous passons la carrière d'IGE. Là 2/3 sont fait. Pour remonter sur AZE, nous prenons ce petit VO étroit ponctué par une épingle gauche très serrée. Une fois annoncée, je n'ai plus qu’à observer sa technique d'approche. Le freinage est délicat en slick, et il faut conserver un peu de vitesse pour pivoter dans cette épingle affublée d'une petite marche intérieure. Il ne prend pas assez de largeur à droite en entrée, et se retrouve à l'étroit pour tourner. Tant pis, on force le passage en raclant le bas de caisse sur la fameuse petite marche, mais ça passe !!!!....

 OOUUFFF !!!!.... pas trop perdu de temps !!!!
Et nous nous arrachons de ce mauvais pas sous les encouragements d'un public en délire. Vu leurs gestes, nous sommes dans le vrai pour le chrono, j'en suis sûr !!! Mais pour en être certain il faut la finir cette spéciale. Nous ne lâchons rien, et il y a belle lurette que nous nous sommes rendu compte de la performance de ces slicks sur le mouillé.

En parfaite harmonie avec l'auto, Christophe termine ce chrono comme il l'a commencé et sans faire de jeu de mot "en trombe !!". Nous passons la ligne, je coupe le chrono et le bouton du POWER, en lâchant comme d'habitude "- 8'59"50 !! Tout à l'heure nous étions en 8'20" sur le sec, ça ne doit pas être mal ??? " Au point stop, le responsable des temps me redonne mon carnet de route, je scrute....et confirme à Christophe qui donne ses première impression sur le chrono aux journalistes pendus à sa porte 8'59"70 !!

" - on mets 26"30 à Jean Paul !!!...."

" - Combien ? " me dit il.

" - 26 secondes !!! "

" - Pourtant j'ai pas trouvé qu'on avait bien roulé !!!!..."

Quand je vous dis que ce mec là est surprenant, on est en slicks sur la flotte, et il dit qu’on n’a pas avancé ???!!!....  Donc, pour faire un peu les comptes, mine de rien, nous nous retrouvons avec un pécule de 39"60 sur notre camarade. Un peu plus loin sur le routier, nous nous retrouvons sur le bord de la route, pour d'aller vers l'avant dernière spéciale de ce rallye. Jean Paul nous explique que dans ces conditions de route difficile, il a préféré assurer et rouler prudemment. Nous le croyons facilement à sa façon de nous le dire, en percevant un début de résignation de sa part. Derrière, GUIGOU et sa petite Clio R3 ACCESS font un bon deuxième temps à seulement 5"60 de nous et VERICEL à 7"60, ce qui fait dire à Christophe

" - Tu vois qu'on a pas si bien roulé que ça !!!....."

" - Sauf que tu oublies que eux sont en pluie !! Et pas nous !!!...."

" - Ah bon ?? !!!! "

" - Bah oui !!! Il n'y a que des malades comme nous pour partir en slicks avec ce temps !!!!...."

" - C'est vrai, je ne pensais pas que Jean Paul mettrait les SLICKS !!!!..."

Et dire que je monte avec ces mecs là !!!.... je ne dois pas être bien fini moi aussi ???..... MOTTARD n'est pas reparti du parc d'assistance,  CHAMBON confirme sa belle 4ème place. GUEBEY qui se fait plaisir ainsi qu’aux spectateurs dans des figures plus belles les unes que les autres,  GUIGOU et BOUHOT vont se déchirer jusqu'à la fin pour une belle place finale; ils sont en 15 secondes.

POURQUOI FAIRE SIMPLE ...

Quand on peut faire compliqué ??? Le second passage dans BRANCION/TOURNUS aurait pu ou du être une formalité pour nous et nos 40 secondes d'avance. Mais non, mon Chris avait décidé que le panache devait être et serait au rendez vous. Le possible sursaut que ce "vieux renard" de Jean Paul pouvait nous réservé et une grossière erreur de notre part additionnée, laissaient la porte ouverte au doute, et comme on disait au FAR WEST :

"Dans le doute, il faut pendre !!!" Alors pendons !!!!

Je ne vous dis pas dans quel état je me suis retrouvé quelques centaines de mètres après le départ !!!!! Il est parti comme si c'était nous qui avions 40" secondes de retard. Calme, Calme !!! était la note principale de ce début de chrono !!! Mais il se sentait bien, rassuré de la prestation dans l'ES précédente, en confiance et appliqué ou l'on croit que rien ne peut nous arriver. Et justement !!! Nous arrivons au fameux passage, vous savez, celui que je vous ai décri tout à l'heure.

Les épingles de DULPHEY !!! Là où le rallye allait choisir son vainqueur.

Là où JPaul c'est loupé au tour d'avant!!!. Nous, nous arrivons dessus, l'épingle droite, impeccable, belle glisse, SUPER !!!

Les 300 mètres, l'épingle gauche large, YYEEESSSS !!!! Magnifique, le public, trempé est en transe, et je crois que même au sec, il aurait été trempé tant c'était beau !!!!!.....(rire!!)

Par contre la suite est comme dans un rêve. A nouveau donc les 300 mètres en Bosse à fond, la cuvette puis le changement en droite équerre..... Et mon TOF, en confiance, passe la bosse après une glisse de folie, met la 3, met la 4, mets la 5, .... Je me demande si, à ce moment précis, il se souvient que nous sommes en slicks, qu'il tombe des cordes et que là-bas au bout il faut tourner à Droite ????? 

Ah enfin, il freine et.........

FFFFIIIIZZZZZZ !!!!!!!!!

Il freine à nouveau : 

FFFFFFIIIIIZZZZZZ !!!!!

Et oui à cet endroit le goudron est bien noir, est bien lisse, et surtout bien mouillé !!!!  Il rétrograde, se saisit du frein à main, il va tirer pensais-je ??? Non trop de vitesse encore et le risque de perdre le contrôle de la voiture. Il repompe sur les frein et l'auto s'enfile dans l'échappatoire en laissant passer notre route à droite que je vois disparaître par ma vitre latérale (vous me suivez là ???). Si c'est le cas, vous êtes avec moi dans l'auto !!!.... et dans l'échappatoire, immobilisé 10 mètres trop loin !!!

Pour que vous compreniez bien la suite, il faut que vous sachiez que dans ces espaces de freinage, l'organisation, qui a là aussi effectué un travail exemplaire, pose des ru balises interdisant la présence du public. Dans le cas présent, ça n'était pas de trop.... En stoppant, nous avons glissé sous la première ru balise qui est tendue et fixée de chaque côté de la chaussée. Elle se trouve en plein milieu du pavillon de la voiture. Dans un geste rapide, Christophe enclenche la marche arrière, recule et la ru balise glisse le long du pavillon puis sur le pare brise et là.......

les essuies glace, toujours en marche s'accroche dedans et le gauche se retourne complètement !!!!!!......

incroyable !!!!......il fonctionne mais n'essuie plus rien !!!

 Avant de repartir, nous nous apercevons que la pluie va rapidement obstruer la vision du pilote. De mon côté c'eut été moins grave, mais là, côté pilote !!!....... impossible !!!!

Je m'apprête à me détacher pour allez remettre cet essuie glace de malheur, et je vois Christophe qui ne me dit rien et regarde vers le public en vain !!!!

MAIS NON !!!!

Là un bras avec une main au bout arrive de nul part, se saisit de l'élément récalcitrant, le remet dans le bon sens puis disparaît !!!....

Je ne suis pas spécialement croyant, mais à cet instant, quelqu'un m'aurait dit que dieu existe, je l'aurais cru !!!!....

 avec un pare brise à nouveau débarrassé de toute cette eau, nous voilà reparti galvanisé par cette péripétie à l'épilogue heureuse, vers une arrivée ou les 5 kilomètres restant furent avalés avec une fougue qui laisse rêveur. Renseignement prit, la main de dieu a un nom :

BENOIT RICOL.

Oui mesdames et messieurs !!!

Je profite d'ailleurs ici, très solennellement, de remercier ce garçon, (qui, pour votre information, participait au rallye comme concurrent sur une petit Peugeot 106 S16 en FN/2, en compagnie de son copilote (eh oui on les oublie trop souvent !!) Bastien MOURRIER), pour son intervention inespérée, nous permettant de terminer ce chrono dans les meilleurs conditions.

BENOIT, si tu me lis, ou si quelqu'un peut te transmettre ce message, merci et nous espérons pouvoir te saluer concrètement un de ces jours.

Cette évènement, information transmise lors de la remise des prix, nous aura "coûté" quelques 15 secondes. Ca n'est pas énorme me direz vous, mais ce qui est plutôt amusant, c'est qu'en sachant que nous avons réalisé dans ce chrono le 5ème temps en 9'34"30 à 10" de VERICEL qui fait le meilleurs temps, mais surtout que nous finissons 44 secondes devant JPaul. Sans ces 15 secondes perdues additionnées au 44 du chrono, nous passions la ligne d'arrivée dans le pare choc de JPaul, ce qui aurait été cocasse pour la photo. Mais avec des si......

Résultats des courses avant la dernière : Nous possédons 1'24"60 sur Jean-Paul,  2'26" sur VERICEL, 4'14"10 sur CHAMBON et ça sent plutôt bon notre affaire, mais l'expérience nous a apprit que tant que nous ne sommes pas rendus sur le podium à MACON, tout est possible. C'est d'ailleurs dans cet état d'esprit que je veux garder Christophe, en essayant de l'isoler au maximum et que nous sortions mentalement de cette course en nous déconcentrant.

LUGNY VIRE EN SENATEUR

Les dernières recommandations pour ma part son d'une simplicité enfantines : cette victoire nous tend les bras, et il est hors de question après la journée que nous venons de vivre et cette boucle en slick sur ce sol gorgé d'eau, de commettre l'irréparable. Pour encore mieux matérialisé le travail qu'il reste à accomplir je donne à Christophe la marge de manoeuvre

"- Il reste 10 kilomètres de course nous avons 84" d'avance, nous pouvons lâcher 8 seconde au kilomètre. Ca ne peut pas être plus clair ».

Sur la ligne de départ, rien ne change à notre processus. C'est quand même la première fois ou une des premières où nous nous parlons dans le chrono. Et quand je dis : parler, c'est parler !!!!! Pas les cancans !!! Non !!!! Mais un vrai dialogue pendant les parties rapides du chrono. Sur le comportement de la voiture, le freinage, les pneus. Et sur la fin plus de note mais doucement ici, attention là, assure, lâche un peu, puis la ligne et la délivrance et cette 6ème victoire pour Christophe et la 5ème pour moi. Quel bonheur vraiment !!!! Nous rejoignons Jean Paul et Eric arrêtés un peu plus loin, pour les rituelles accolades de félicitations où nous attendons également Hervé VERICEL et Jean Pierre POINSONNET pour ce podium final. Pour être complet, c'est Fred CHAMBON 4ème, qui réalise "son" scratch du week end dans cette spéciale.

 LE PODIUM FINAL

Pour gagner il faut quand même rentrer jusqu'au podium sinon c'est perdu !!!! Dans la voiture c'est plus que détendu; Cette journée irréelle ponctuée par ce fameux tour en slick sous la pluie restera une expérience marquante et enrichissante pour l'avenir. Connaitre les sensations et le comportement de notre 206 dans cet environnement, nous permettra d'aborder les éléments avec plus de sérénité c'est sûr....

 

Enfin MACON ! et pour remercier les spectateurs de leur ferveur et de leur motivation sur le bord des routes, la pluie a cessée de tomber pour la montée sur le podium. MAGIQUE !!! comme d'habitude ce monde réunit devant nous, la traditionnelle effervescence lors du débouchage des bouteilles de champagne, avec cette année, Protocole oblige, une cérémonie ponctuée par la MARSEILLAISE pour honorer les vainqueurs.

Les fois où j'ai chanté l'hymne national, c'est devant la télé, lors des matches de foot, de rugby, ou les belles victoires de nos champions Français. Et si un jour dans mes rêves les plus fous, j'ai pensé qu'elle soit entonnée pour moi, c'est gamin, en tenue de footeux, au parc des prince, aux côtés de GIRESSE, TIGANA, PLATINI et consorts en lieu et place de Didier SIX et mon numéro 11 !!!.....

Mais non, là je ne rêve pas, cette Marseillaise, elle est pour nous !!!! Ma première victoire internationale !!!

Ici au rallye des vins MACON, MON RALLYE !!!  CELUI QUE J'AI VOULU GAGNE UN JOUR DE 1988 !!! LA RECOMPENCE SUPREME MERCI CHRISTOPHE !!!!

MERCI JEAN, SERGE, MIKA, SEB, CLAUDE et tout ceux qui sont venus les années précédentes. Ce jour restera indélébile dans ma mémoire.

Symboliquement, 10 ans après notre 1ère victoire à MACON devant un équipage qui allait devenir célèbre, Sébastien LOEB et Daniel ELENA, la présence de Daniel à l'arrivée et le petit moment partagé ensemble avant son départ pour la GRECE ne fait que renforcer le bonheur de cette victoire.

 

A+ pour d’autres aventures

FRED