A genou dans l'herbe, l'oeil dans le viseur, je m'approche, entre deux brins d'herbe devenus arbres, d'un petit insecte devenus géant. J'oublie tout du monde des "grands".

En essayant de regler ma focale au mieux, l'insecte se tourne d'un coup et me scrute. Ses yeux globuleux saccadent à une vitesse phénomènale et semblent analyser la situation. "que me veut ce géant affublé avec son bidule noir devant les yeux ?". Comme je ne bouge plus, l'insecte se remet à se lecher les pattes et les mandibules. Je me rapproche alors encore et l'insecte apparait enfin net dans l'objectif.

Et je m'hébahis, étonnée toujours de tant de détails, de beautée, de perfection. De cette autre vue sur la nature, de cet autre monde qu'on ne voit jamais, le monde du tout petit. Ce monde qui me fait tout oublier l'espace d'un instant la souffrance connue dans le monde des  humains. Je pense fortement que ces petites bêtes ont l'intelligence qu'il faut pour nous donner une bonne leçon à nous.

Ne m'en veuillez pas si je part cet aprem les rejoindre et imaginer quelques secondes de temps en temps que je suis des leurs... Dans ce cas, je ne serais peut-être pas bouffée psychologiquement mais bel et bien bouffée toute crue !