Têtes Janus,
Celles qui tuent,
Celles qui supplient.
Les mêmes, mêlées, à Guernica.

Un soleil aveugle
Lance ses flèches électriques
Sur le gris le noir et le blanc
De la scène monstrueuse,

Tandis qu’un cheval guerrier
Mord de sa langue rostre,
Puis piétine les terrassés
De ses sabots ferrés.

Partout des cris
Lancés vers un ciel absent
Par des bouches béantes.
Hormis l’enfant, silencieux, inerte.

Et tout en haut, achevant le désastre,
Un Taureau furieux aux oreilles pointues
Eparpille les restes d’un peuple supplicié.
Aucun salut dans ce tas d’angles acérés.

Une petite fenêtre, cube de lumière
A l’arrière de tous ces yeux écarquillés,
Donne à penser qu’ailleurs,
Peut-être, vit un autre paysage.

Evelyne