J’ai regardé, et j’ai vu
Dans la magnificence de décembre
Surgir l’arc-en-ciel de nos désirs
L’arborescence de nos rêves de lumière.

Le basalte noir de l’hiver semblait avoir pris fin
La buse financière ne traquait plus sa proie
On pouvait de nouveau boire jusqu’à plus soif
Et manger tous ensemble au-delà de la faim.

Mais j’ai regardé encore et j’ai vu
Dans le tohu-bohu compulsif de la fête
Cachée dans l’ombre des sapins étoilés
La silhouette grise de notre décadence.

Car ce vieux continent autrefois harnaché
Comme un Saint Nicolas à la hotte garnie
Aujourd’hui dépouillé de tous ses idéaux
N’a plus rien à offrir à ses petits enfants.

E.M.