Evelyne's articles

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Poèmes
Evelyne
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  • Attentat

    - 6 years ago
    La kalachnikov a craché Stupeur devant la télé Cauchemar éveillé. Ils ont tué les mécréants Ces hommes cagoulés Ces soi-disant missionnaires d’Allah. Hommes ? Non, bourreaux Bêtes sauvages. Ils ont tué la kalachnikov a parlé Pour réduire au silence les insolents Effacer l’encre blasphématoire. Voltaire, au secours, ils sont devenus fous !

  • Variations

    - December  4, 2014 - 2 comments
    Là-bas tournent toujours les folles de mai Les folles d'aimer Et fredonnent encore des Poètes En deuil de leurs Eurydices. Ici braillent nos souks de stuc et de toc On y crève d'envie Une corne d'abondance dans chaque main Tandis que le diable épice de sa salive acide Tous nos baisers Et que dans le lointain Du côté de l'Orient Des imams délirants Chantent la terreur fratricide. Evelyne

  • Révolution hivernale

    - February 26, 2014 - 4 comments
    Là-bas, à l’Est, les raisins de la colère ont été cueillis sous la neige, et distribués au peuple affamé. Grappes couleur de sang. Sur la place dévastée, c’est un repas de fête, après les combats. Un feu d’artifice géant crève de ses éclats la fumée et la cendre, un rideau de flammes protège les convives de l’armée mercenaire en embuscade. A l’avant-scène, corps alignés de jeunes hommes, morts la rage au ventre, une balle en plein cœur. Ici, chez nous, la vie suit son cours d’eau fuyant…

  • Nos âmes prennent la couleur du ciel

    - February 26, 2014
    Jours gris, jours d'inertie, De nid abandonné Sur cette branche nue. Oisillon envolé, Connaîtras-tu jamais Ma vive nostalgie? E.M.

  • Mort subite

    - February 25, 2014
    Une fissure dans le coeur Non de trop d'émotions Non de trop d'aventures ou d'amour Mais de travail, d'épuisement De tous ces plaisirs non connus De tous ces printemps non vécus De toutes ces rancoeurs tues Sous le sourire contraint. Et puis plus rien Qu'un peu de soif et de faim Dans un corps éteint. Rideau tiré Le temps est passé Puits sans fond Poussière.

  • Carpe diem

    - February 24, 2014 - 3 comments
    Les jours raccourcissent déjà! On vit d’abord dans l’insouciance, et l’illusion d’une Saint-Jean pérenne. Un matin, réveillé de bonne heure, on attend l’aube avec impatience, mais la nuit traîne encore de longues minutes sur le jardin endormi. C’est l’été, mais on redoute par avance l’automne. Désormais on a pris la mesure du temps. E.M.Août 2013

  • Mère d'Icare

    - February 24, 2014
    Mon fils, Né dans les étoiles, aux yeux couleur de ciel. Il tète les nuages, se nourrit de chansons, Se prend pour un clochard céleste. Mais la réalité lui fait des croche-pattes, Il tombe, l’orgueilleux; va-t-il s’éparpiller? J’ai peur, et n’y puis rien changer

  • TER du matin

    - February 15, 2014
    TER du matin Celle-là jupe de cuir fauve tricote tricote sa pelote élégante bourgeoise d’aplomb sur ses bottes de daim. Paisible première classe. Et cette autre yeux perdus qui parle parle toute seule serrant un cabas usé sur son ventre épais de mère multiple. Tête voilée jamais en repos: immigrée en seconde classe. Evelyne

  • Les Prédateurs

    - February 14, 2014 - 1 comment
    Ils regardent le monde, et veulent s’en emparer. Ils filent à toute vitesse, font le tour de la terre, Arrogants actionnaires et profiteurs extrêmes. De temps en temps ils lèvent un peu la tête, Pour copier les Poètes, Mais le séjour des dieux ne les inspire pas. Alors ils filent de plus belle, Cherchant le diamant dans les mines, L'or noir au fond des mers, L'or blanc dans les montagnes. De temps en temps, épuisés de jouissances, Ils meurent dans des citadelles flottantes…

  • L' artiste

    - February 13, 2014 - 1 comment
    Le peintre choisit ses pinceaux, ses couleurs. Il a vu l’horrible carnage, sent monter sa colère. « Que passent Sur ma toile inerte, Les gestes brutaux des barbares, Les saccades de la douleur, Et la fuite éperdue des pourchassés. Que jaillissent Sur ma toile blanche, Le carmin des blessures Sous le ciel d’Avril, Les ocres des incendies Et la noirceur des bourreaux ! Que hurlent Sur ma toile muette Les cris des femmes éventrées, Le gémissement sourd des enfants Et le sile…

  • Désillusion

    - February 13, 2014
    Dents qui claquent au fond des cellules. Ils ont froid dans le dos jusque dans les veines. La dictature est en marche, Le Printemps arabe reçoit des coups de poing en pleine gueule. E.M.

  • Les cloches

    - February 10, 2014
    Hier cloches du tocsin, à toute volée Dans la guerre assourdissante. Mais aussi cloche en chocolat, enrubannée, Et grignotée pendant la messe. Bien plus tard, un jour frileux d'automne, Sous l'oeil sévère du père, Cloche de mes épousailles, Dont j'étouffai le son dans l'oeuf. E.M.

  • Dagruerréotype

    - February 10, 2014
    La vie n’est pas un conte de fées Viens avec moi Dit le soldat à l’enfant. Moi je vais dans le sens de la hotte Le sens de la houppelande Passe ton chemin Oublie-moi Répond l’enfant. Le vieux bonhomme en rouge et blanc Vole au-dessus de la ville détruite L’enfant vole avec lui Les pieds dans ses bottes de sept lieues La tête dans les étoiles. Le soldat vêtu de camouflage Brodequins serrés sur ses jambes mercenaires S’en va à marche forcée Sans un regard en arrière. La c…

  • Cassandre

    - February 10, 2014
    J’ai regardé, et j’ai vu Dans la magnificence de décembre Surgir l’arc-en-ciel de nos désirs L’arborescence de nos rêves de lumière. Le basalte noir de l’hiver semblait avoir pris fin La buse financière ne traquait plus sa proie On pouvait de nouveau boire jusqu’à plus soif Et manger tous ensemble au-delà de la faim. Mais j’ai regardé encore et j’ai vu Dans le tohu-bohu compulsif de la fête Cachée dans l’ombre des sapins étoilés La silhouette grise de notre décadence. Car ce v…

  • Les lunettes

    - February 10, 2014
    Trans-lucides Nos lunettes disent le monde Tel qu'il est Voire grossissent le trait. On les ôte: Ô le plaisir de se retrouver Myope A l'intérieur de soi! Dans la chaude intimité des rêves Loin de la lèpre du dehors. E.M.

  • Eaux-Mères

    - February 10, 2014
    Eaux-Mères Marinées mijotées Les victuailles Par Maman au cœur si doux Et qui rend les papilles Gourmandes Mais l’enfant Bouche close Poing fermé A choisi de n’être plus Qu’un tout petit fantôme Il dit non au bol Il dit non à l’assiette Il vomit le salé Il vomit le sucré Le pain et le gâteau Mû par l’inflexible désir De retourner dormir Dans l’obscurité tendre et molle Du ventre de sa mère. E.M.

  • GUERNICA

    - February 10, 2014
    Têtes Janus, Celles qui tuent, Celles qui supplient. Les mêmes, mêlées, à Guernica. Un soleil aveugle Lance ses flèches électriques Sur le gris le noir et le blanc De la scène monstrueuse, Tandis qu’un cheval guerrier Mord de sa langue rostre, Puis piétine les terrassés De ses sabots ferrés. Partout des cris Lancés vers un ciel absent Par des bouches béantes. Hormis l’enfant, silencieux, inerte. Et tout en haut, achevant le désastre, Un Taureau furieux aux oreilles point…