22 MARS 2008
BAIE DE MAGADALENA , BAJA CALIFORNIA, MEXIQUE
LONGITUDE :
LATITUDE :
TEMPÉRATURE DE L'EAU : 15°C
TEMPÉRATURE DE L'AIR : 17°C
VENT : NORD FAIBLE
COURANT : SORTANT 1 NOEUD (FAIBLE)

un remou et ... une tête dans l'eau qui palme  !

 

Les Québécois disent "c'est le Frette" ... CA CAILLE , et un maximum ... sur l'eau , dans l'eau(... on dirait qu'on s'immerge dans un (grand ) verre emplit de glaçons ...) mais quand on aime ... les baleines ... et que l'on est dans LE sanctuaire où rien (autorités, règlement, locaux...) ne nous empêche de tenter l'approche ... on se jette à l'eau , non ?

Ce matin , peu de vent, mer (quasi) d'huile , on met le cap sur la sortie de la baie où l'on voit chaque jour des souffles au loin.

Ce matin, 3 individus croisent paisiblement alentours. On s'approche doucement et l'on a droit à quelques souffles, des dos en surface, et une ou deux baleines qui sondent, dont une qui sort sa queue entièrement avant de disparaître sous la surface.

Après quelques souffles plus ou moins proches et beaucoup de patience, on voit à nouveau un souffle un peu plus loin, on s'approche doucement , moteur est passé au point mort proche de "l'endroit" et on attend, on attend, on attend encore, que la baleine soit en fin d'apnée et qu'elle refasse surface, là (ou, si, pas de chance ... un plus loin ..) Ce coup ci , çà marche : à deux reprises elle respire à environ 20 , 30 mètres du bateau, sereine.

Il n'en faut pas plus pour nous donner envie de nous immerger...

Le capitaine m'a sympathiquement offert la première opportunité... y a pas foule à cette température !

Et me voilà toute habillée de ma combinaison à attendre ... au soleil sur la plateforme arrière qu'une de ces dames souffle... et çà dure ... je chauffe un peu dans ce (petit) four en néoprène ! Je m'arrose et comprends tout de suite l'enjeu : rejoindre un animal qui nage 3 fois plus vite que moi , qui souffle ici et là , sonde tout aussi vite et disparaît  de nombreuses minutes que je vais passer ... à macérer ... dans une eau à 16°C -maximum- pour attendre une hypothétique rencontre ... Heu , pas le temps de réfléchir, nous y sommes , faut y aller ... Nous arrivons proches "d'un souffle" et c'est le moment , je saute. La sensation type douche glacée ne se fait pas attendre. Je palme comme une damnée, le contact de cette eau gelée qui coule le long du dos, sous les bras, mord la peau du visage qui dépasse du masque ...brrr, c'est pas humain ! ... Je palme encore, avance un peu plus loin.

Je lève la tête et je vois un magnifique dos gris, énorme , perpendiculaire à ma trajectoire, à 10 mètres environ ,qui s'arcboute et glisse en souplesse vers le fond. La baleine vient de sonder. Je ne la distingue même pas sous l'eau dont la visibilité n'a d'égale que la purée ... de pois ! Nous attendons un signe de sa part, un souffle, un mouvement d'eau et je palme pour conserver motivation et sensibilité des bouts de mains, doigts, des pieds !... Nous entendons un souffle puis un  dos se dessine un peu plus loin, de l'autre côté du bateau. Le temps de la rejoindre, la queue a déjà fait surface et le bout de sa nageoire en forme de coeur disparaît doucement sous la surface , je palme encore, maudite visibilité qui ne me laisse absolument rien distinguer ... Je palme et cherche en vain sous la surface ... Elle a disparu.

Qu'importe, aujourd'hui,  malgré le froid et la difficulté d'approcher ces colosses sauvages et timides, nous avons essayé... La vision de l'animal depuis la surface de l'eau, là, tout proche est gravé dans ma mémoire... j'y étais...La puissance qui se dégage de ces animaux est très proche de celle ressentie face aux requins (sans le risque de passer pour une proie !). La taille et la souplesse sont impressionnantes, l'adaptation au milieu, un modèle du genre, c'est BEAU , la nature à l'état SAUVAGE, et BEAU ... inoubliable , unique.