Quelques évènements rompent la monotonie du parcours. Les repas en font partie. Les desserts sont « la cerise sur le gâteau » (!) . Comme ce fameux jour où … une douce odeur envahit le bateau et promet un festival gustatif : le fin du fin : un  gâteau au chocolat ! (Merci GIU pour la  recette …)

 

Dans la catégorie « loterie » , on trouve aussi , la pêche à la traîne .

Tous les navigateurs vous diront qu’un bateau digne de ce nom ne peut pas naviguer sans équipement pour tirer subsistance et agrémenter la cambuse de protéine toute fraîche, tirée de la mer, là tout de suite. Le matériel le plus sophistiqué, la vitesse, la bonne météo ne sont rien sans … la chance d’être AU bon endroit AU bon moment…Et ce lieu change sans arrêt ! sinon, on aurait déjà vidé les océans depuis belle lurette , tout comme on assèche un puit de pétrole ou épuise un filon de minerai…

Voilà pourquoi une ligne à l’eau ne peut donner rien d’autre qu’une ligne à l’eau … tant qu’aucun poisson n’a bien voulu se laisser prendre … au leurre ! Cela peut durer des jours, des semaines. Et puis à un moment, BINGO, çà mord pour de bon , et c’est l’euphorie , on est comme des enfants qui viennent d’arracher le pompon à la fête foraine ! On a gagné le déjeuner, le dîner, comme çà , gratis … Enfin, c’est oublier un peu vite toute la patience dont il a fallu faire preuve, AVANT  !

 

Les visites des autorités font partie du voyage aussi …

 

Au mouillage à Jicarita, nous avons eu la visite des « Guarda Parque » sur un esquif flambant neuf. Tout y était : l’équipage en uniforme, la télé, un photographe, le discours, nous avons été filmés en tant que visiteurs du Parc et sympathiquement accueillis (tout en nous précisant de passer payer les frais de visite sur l’île principale) . Nous avons échangé sourires et compliments sur Panama et la faune, la flore , la nécessité de conservation. Un petit moment de diplomatie latine.

 

Au départ du continent Mexicain vers la péninsule de Basse Californie , le 31 décembre, ce n’était pas tout à fait la même ambiance : vent, froidure, humidité, mer démontée … et la Marine Mexicaine, en visite  manu militari du bateau en pleine navigation ! Grande courtoisie dans la démonstration de sérieux pour la lutte de contre bande à quelques heures du réveillon. Il faut dire qu’on ne devait pas être nombreux à tenter une traversée à cette heure, en ces lieux ! De quoi éveiller les soupçons des autorités … L’abordage par mer formée a laissé quelques traces sur le bordé bâbord et une humeur massacrante à l’équipière … tout ce beau travail de peinture encore une fois égratigné … arrrgh ! Mais c’est le jeu , si on veut la sécurité, il faut savoir accepter les contrôles, c’est aussi une part de la culture de ce pays.

 

 

Et que serait la vie de bateau sans les pannes ? une utopie !

 

La plupart du temps la panne se décline selon la loi de Murphy (aussi valable à terre –parfois aussi appelée la « loi de l’emmdt bip… maximum »)

« Si quelque chose doit arriver, ce sera forcément au plus mauvais moment et si çà peut empirer, çà empirera, inévitablement »

Il nous faut reconnaître que du point de vue mécanique, le Chogolisa est épargné. Le capitaine s’emploie largement à barrer toute voie d’accès à Murphy.

Toutefois, nous ne sommes pas totalement épargnés non plus : nous sommes en  bateau.

Ainsi, au beau milieu de l’océan, un malicieux « silent block » a lâché. (précision pour les filles : un amortisseur placé sous le moteur – ils sont au nombre de 4 , 1 seul a lâché cette fois-ci). Nous étions sous voile, au grand calme et le capitaine a ainsi pu procéder à la réparation. Caler le moteur, retirer la pièce défaillante et la remplacer par la nouvelle (stockée à bord évidemment). Une heure de temps s’est écoulée entre le diagnostic et la fermeture du  compartiment moteur après l’intervention… Si c’est pas de l’efficacité, çà …

Murphy se tient à carreau sur ce bateau, je vous dit.