Egoïste, capricieuse, arrogante, envahissante, insupportable, étouffante,
Elle se croit indispensable et s’invite à bord en princesse, sans crier gare,
Elle s’installe, s’incruste, s’insinue dans les moindres recoins, de la relation…
Elle envahit l’espace, tout l’espace, ne s’encombre d’aucun égard,
Elle agit comme chez elle, un comble !
Envoyée à tribord, bâbord, c’est sur un virement de bord qu’enfin elle décolle, et atterri à sa seule place, en vérité : par-dessus bord …
 
 
L’univers du bateau est un laboratoire permanent pour la tolérance, la patience. C’est une loupe grosse comme un téléobjectif d’observatoire de l’univers qui se tourne sur le coéquipier, en un marqueur de défauts de caractère ou de comportement. Il règne une ambiance type sac plastique coiffé sur la tête, paradoxe de cet espace découvert sur 360°. Ce huis clos grand ouvert sur le monde  est une caisse de résonance pour la relation humaine, un test quotidien, lourd, pernicieux, difficile de réussir l’épreuve du sourire dans ces conditions…
Pas question de claquer la porte et filer chez la voisine, le copain, le club de sport . On est en route, çà roule, et pas forcément droit ; qu’on le veuille ou pas, on doit faire avec, au moins jusqu’à la prochaine escale, c’est  la loi du genre. Impossible de se garer sur le bas-côté et marcher quelques pas. Facile de vasciller sous cette contrainte, sentir le vertige du Trop : trop fort, trop lourd, trop dur, faut quand même tenir, pas le choix. Seules réponses possibles : se débattre, se retirer, s’évader ( !) ou opter …pour ... .... ... la complicité … ! …
 
On ne va quand même, pas (se) jeter -(l’éponge)- par-dessus bord ?