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| Timeless |
Mon, 11 Dec 2006
Sur les bords du Gange
Namaste,
Les jours s’écoulent doucement a Benares.
Les visites d’ateliers et les nouvelles pièces de collection qui sortent.
Quelques rencontres sympathiques avec des français de passage.
La chaleur qui semble ne pas vouloir partir cette année et qui commence a me peser.
Et puis le Gange, toujours le Gange vers lequel j’ai besoin d’aller en fin de journée.
Je ne sais pas pourquoi mais si je ne le vois pas une fois par jour j’ai l’impression d’avoir manqué quelque chose.
Maintenant le fleuve est assez bas et le courant est redevenu un peu plus calme.
Le soir il y a peu de monde après le puja et c’est le moment que je préfère pour m’y rendre.
C’est peut-être le seul moment de vrai calme que je peux trouver ici, avec naturellement un peu de fraîcheur.
Comme il n’est habité que d’un coté, le soir on ne distingue pas l’autre rive et l’on a alors un peu la sensation d’être au bord de la mer.
J’y rencontre souvent les mémés enfants qui proposent des bougies, des fleurs pour les offrandes, ils savent maintenant qui je suis et n’essayent plus de me vendre quoi que ce soit, ce sont eux qui constatent en premier mes progrès en hindi et ils s’en amusent.
Le décor ici est assez magique.
Parfois une musique s’échappant d’une échoppe m’accompagne le temps de parcourir un ou deux ghats, c’est ainsi que j’ai découvert Prem Joshua et sa “Music on the Ganges”.
Ici je me vide la tète, je rencontre des visages qui viennent se graver dans ma mémoire.
Des personnes âgées qui attendent le moment de mourir ici et qui affichent une sérénité impressionnante, des mendiants, des accidentés de la vie, des enfants qui ne connaissent pas leur âge, des femmes qui se dénudent avec pudeur en sachant comment ne pas exposer leur féminité avant d’aller se baigner, quelques hommes viennent s’y laver, d’autres marchent dans l’eau le long des marches, leur occupation étant de trouver les trésors perdus pendant la journée, bijou ayant glissé d’un poignet ou d’une oreille, pièces offertes au fleuve,…
Ce qui les rassemble tous c’est un état de grâce qui force le respect, certains n’ont rien, d’autres ont tout, ils sont la ensemble, pour Shiva, pour le Gange ou peut-être sans raison précise comme moi.
Dans ce décor biblique je ne sais pas trop ce que je viens y chercher, j’ai l’impression de l’avoir toujours connu, je n’ai plus de surprise lorsque j’y viens et pourtant j’ai besoin de cet endroit. Je pense que c’est le seul fleuve ou je me suis baigné.
C’est aussi le seul que je connaisse assez bien, je l’ai suivi de sa source dans l’Himalaya jusqu’a Calcutta ou la il change de nom avant de rejoindre la mer dans son delta.
Je le connais beau, majestueux, sale, j’y ai vu des sourires, des corps brûler ou se décomposer, des cérémonies, des gens heureux, je l’ai vu déborder en période de mousson et recouvrir les palais et les temples, et mon linge y est lavé.
Peut-être que cette attraction vient d’une mémoire collective, qui serait pourquoi pas l’un des berceau de l’humanité, qui serait dans les gènes de tout ceux qui y viennent.
Il y a tant a écrire sur le Gange, je voulais juste joindre quelques mots a mes photos.
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Christophe says:
Pas l'impression d'y être, mais de s'en approcher tout de même...
Merci pour ce témoignage.
Designldg replies:
J'ai écris ce texte il y a un peu plus d'un an mais il est toujours d'actualité.
A chaque fois que je vais sur les bords du Gange je retrouve les memes mots, les memes sensations et le meme émerveillement.
21 Grams says:
Waechorpro says:
il est difficile pour nous européens de réellement comprendre ce qui se vit la-bas, mais tes photos et ton récit nous y aide un peu beaucoup.
Nathoupro says:
Quelle simplicité dans ton texte qui nous permet tellement de partager l'espace d'un instant toutes tes émotions et sensations vécues sur les bords du Ganges !
C'est trés généreux de ta part. Merci pour tout ça
Jay Yen Yen says: