Certains passages de frontières sont restés dans ma mémoire.
- 1967. Premier voyage seul à l’étranger, en Angleterre. Interrogatoire sur le bateau : on vérifie même dans un annuaire l’adresse de la famille qui m’hébergera.
- 1968. Gare de Port-Bou. Mes parents avec leur très nombreuse famille vont passer leurs premières vacances en Espagne. Les enfants n’ont pas chacun une carte d’identité. Grosse discussion, on nous laisse passer quand même.
- 1971. Nous passons quelques jours dans les Ardennes avec mes beaux-parents. Nous allons jusqu’à Luxembourg, puis jusqu’à la rive allemande de la Moselle. Mon beau-père est très nerveux. C’est la première fois qu’il remet les pieds en Allemagne depuis son retour de captivité en 1945. « Je n’ai même pas de carte d’identité, seulement ma carte de combattant ! »
- 1975, passage de la frontière entre les deux Allemagne à Wartha, près d’Eisenach. Barbelés. Miradors, longue fouille de la voiture
- 1977. Berlin. Le Mur. Check Point Charlie. Passage assez rapide, car dans l’autocar, nous ne sommes qu’un groupe de l’association France-RDA.
- 1982. Le passage de frontière le plus stressant que j’ai connu entre le village hongrois de Nagylak et son vis-à-vis roumain de Nădlac. J’avais participé à une rencontre d’enseignants en Hongrie. J’y avais montré comment imprimer un journal scolaire. J’avais dans le coffre de ma voiture du petit matériel d’imprimerie. Quand j’ai vu que les policiers roumains faisaient déballer entièrement les bagages. Je me suis dit que les hommes de Ceauceşcu n’allaient pas apprécier ce matériel. La fouille commence. J’avais laissé assez en évidence un sachet de broches et autres bibelots avec des Tours Eiffel. Le policier trouve rapidement ces bibelots ; « Ah ! Paris ! » s’exclame-t-il avec un grand sourire. « Vous en voulez ? Pour vous. D’autres encore, pour vos amis. » Sourire encore plus large. La fouille s’arrête là. Ouf.

De nos jours, plus de rideau de fer, de tels contrôles sont beaucoup moins fréquents.
Mais de nouvelles frontières sont apparues : notre autocar a été arrêté un moment à la frontière entre la Croatie et la Bosnie-Herzégovine.
Sur les autres continents, on peut avoir des surprises.
Le ton a monté entre notre guide, blanc, et les policiers, noirs, qui faisaient traîner en longueur notre passage de la frontière entre le Swaziland et l’Afrique du Sud.
J’ai été retenu à l’aéroport de Los Angeles parce que j’avais laissé une banane dans mon sac.