Non più nemici. non più frontiere,
Plus d’ennemis, plus de frontières.

Ce vers du chant révolutionnaire italien Bandiera rossa me trotte parfois dans la tête quand j’arrive à l’étranger.

J’ai fait le trajet en voiture du Nord de la France jusqu’à Vienne en passant les frontières belge, luxembourgeoise, allemande et autrichienne sans contrôles, en voyant à peine les panneaux de frontières.
De même, j’ai atterri à Madère, Athènes et Reykjavik sans formalités.
Certes, l’espace Schengen n’est pas le résultat de l’idéal internationaliste de Bandiera rossa, mais le passage d’une frontière européenne est beaucoup moins marquant depuis une vingtaine d’années.

J’ai toujours habité à moins d’une demi-heure de la frontière franco-belge. J’ai donc été confronté très tôt concrètement à la frontière. Il existait des postes-frontières et la frontière belge était soumise à des contrôles dans ma jeunesse.
Mais, je me suis aussi rapidement rendu compte aussi de sa vanité. Au Mont-Noir ou dans le village de l’Abeele, un côté de la rue est français et l’autre belge.
Cette porosité, je l’ai retrouvée dans des excursions en montagne : entre la France et la Suisse ou entre la République Tchèque et la Pologne.
Je l’ai retrouvée aussi lors de promenades sur des fleuves frontaliers, sur le Saint-Laurent aux Mille-Îles où une villa sur un îlot canadien peut avoir son jardin sur un autre îlot sur le territoire des Etats-Unis, sur le Zambèze où crocodiles et hippopotames se moquent de savoir s’ils sont au Zimbabwe ou en Zambie.

Le passage d’une frontière est à la fois l’occasion de formalités parfois contraignantes mais aussi un pas vers l’ouverture, vers les gens d’autres nations.
(à suivre)