Lorsque ses doigts graciles sur les touches nacrées
Se posaient doucement, telle une onde chétive
Sa bouche fredonnait, sa voix accaparait
La symphonie naissant de son âme évasive...

Aux notes du piano, musique de ses mots,
Elle ajoutait le sel qui manquait à sa vie,
Empli l'espace vide de ce monde nouveau
Où son esprit de larmes montrait face ravie...

Les gammes s'envolaient, de sol en fa mêlées !
On aurait dit que l'air, d'ut et de do fut fait !
Lorsque le noir tombait, de par la nuit happé
C'était dans le regret que portées s'essoufflaient...

Nul ne la connaissait, personne ne savait
Que dans son antre nue aux murs immaculés
C'était des notes nées de ses mains enjouées
Que l'astre de lumière tous les jours se levait...

Un soir, usée, lassée des gammes en solitude,
Que sa musique ne soit qu'une aube de prélude
Elle s'endormit là, à même le bois, fourbue
Et le soleil jamais, ne se releva plus....

 

[Chris]