C'est un havre de paix blotti au fond des bois,
C'est une enclave verte sous vents de bon aloi
Un pays où la terre, seule profession de foi
Relie les hommes entre eux, bonheur en désarroi...

Lorsqu'un soleil d'été vient enchaumer les blés
Et que l'air des collines charrie les senteurs des
Sous frondaisons humides, herbes chaudes mêlées
Les fleurs des champs palissent en couleurs dégradées...

En hasard de chemins, de longs sentiers secrets
L'on peut parfois croiser quelque odorant bolet,
Une fraise Marat, un terrier frais creusé,
Une biche solitaire, un farouche sanglier...

De fête de la noix, en repas de chasseurs
Le village revit chaque saison en couleurs
Tel rire est un bonheur, telle histoire une douceur
Être ensemble suffit à égrener les heures...

Et quand la nuit recouvre la vallée de sa toile
On lève les yeux au ciel, on conte les étoiles
Aux enfants épuisés d'avoir goûté nature
Et qui en s'endormant retournent aux pâtures...

A mon père...

 

[Chris]