Sur les murs bleus et blancs des contreforts du temps
Le sourire pâle et rouge du bouffon du voyage
Par son baiser de larmes déposé au présent
Il rit de ne savoir encore tourner la page...

Le babillage gai des compagnons de route
Détromperait quiconque aurait le moindre doute
Un si joyeux lutin ne saurait le maussade
Un seul pleur évadé ne serait que passade...

Boire, rire et chanter ! Sinon, quel avenir ?!
Pour un clown de lignée, nulle autre destinée
Alors quand la grisaille déforme son sourire
Il rajoute du rouge, aux lèvres dessinées...

Il a pour compagnon le gentil troubadour
Un être doux et bon, un coeur puissant et lourd
Mais l'esprit torturé par la belle ecuyère
Il est devenu sourd aux cris de son compère...

Oui... le rieur est las, mais il n'est pas amer,
Il aime son ami, jamais n'en désespère
Alors il attend de, passade consumée
Pouvoir sur son épaule, encore une fois pleurer...

Et puis... qui sait ? Peut être que ce qui le ronge
Va s'effacer en un seul et unique songe
La prestidigitateur aura bien le charme
Qui séchera enfin un tel torrent de larmes...

Le plaisantin s'éclipse, il clôt le chapiteau
La pénombre troublée que par deux doux flambeaux
Sur le sable de la piste il laisse couler sa peine
Chaque goutte déposée est un présent amène...

Lorsque l'aube viendra, les faisant naître gemmes
Le cirque sera riche des larmes du clown blême...

 

[Chris]