Alors que j’arpentais les berges de tristesse, je vis au pied de l’arbre un ange et sa Maîtresse. « Angelot », chuchotais-je, « tes ailes sont meurtries, ton visage livide, ta mine pathétique et tu courbes l’échine sous le poids de ton joug… ».
Il ne répondit pas, levant les yeux vers Celle qui seule avait le droit des mots ou des silences qu’il aurait pu émettre de sa bouche bleuie. Ses yeux la suppliaient ; « détachez moi, Madame, dans mes plumes éparses j’ai encore quelques forces et une fois séchées je pourrais m’envoler vers ces doux paradis d’où vous m’avez ravi… »
La Harpie dédaigneuse, sans même se pencher, appuya son talon, coupant et aiguisé, sur la nuque fragile du pauvre prisonnier. « Tais toi ! », ordonnât Elle, « tu troubles mon repos ! ».
Sans force ni courage je passais mon chemin, ses maux étaient bien lourds, j’avais déjà les miens. Je détournais les yeux du délicat captif et, culpabilisant, parti d’un pas furtif…
[Chris]
21/09/2007
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Sang Signature says:
Sainte trinité .
Mélanger et comprendre.
Il n'y a jamais de hasard dans ce que nous écrivons.
bisamis, Chris
Sang Signature says:
Nous nous apitoyons bien volontiers sur les souffrances d'autrui , presqu'autant que sur les nôtres . Mais quand elles sont notre ouvrage, là, bien sûr, il n'y a plus de pitié, car elles sont forcement méritées...La compassion s'arrête toujours là où commence la vérité de nos cruautés. Avoir de la compassion pour la douleur que l'on inflige , porte le nom perversité. qui des trois est le plus pervers ? l'ange, la maitresse ou l'affligée? Seul toi en sait le secret.
bisamies