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May 2nd, 08

En pièces détachées - Roman policier - 54e épisode

Sommaire

- Que dis-tu? Lhermand a été tué? Par Jacques?

Je ne sais pas ce qui bouleverse le plus Claire: que j'ai perdu mon meilleur ami, ou que l'homme qui l'avait, croyait-elle, sortie du milieu des malfrats n'était lui-même qu'un vulgaire assassin?

Je suis au moins sûr que ce n'est pas la mort de Lhermand. Ces deux-là, qui s'étaient peu rencontrés, ne s'aimaient guère. Lhermand était convaincu que Claire était seule responsable de ma démission forcée, et donc de notre collaboration professionnelle, qu'il voyait comme un âge d'or disparu. Quant à Claire, elle considérait, non sans raison, que c'était Lhermand qui m'avait interdit de la revoir avant la fin de l'enquête sur la mort de Luciano, l'obligeant à chercher protection auprès d'un Jacques Froncy. En quelque sorte, chacun estimait que l'autre avait gâché sa vie.

- Vous vous trompez, Valdes, fait nerveusement Froncy. Vous racontez n'importe quoi! Où allez-vous chercher une pareille ineptie?

Je me rends compte que ma conviction repose sur des éléments fort légers, ou des témoins morts. Il ne me reste qu'à bluffer.

- Vous avez abattu Lhermand au "22 septembre", au moment même où Maxell et ses hommes arrivaient pour le rencontrer. L'un d'eux, qui a échappé à la tuerie de l'entrepôt, vous a vu vous engouffrer dans votre voiture, Froncy. Et il est prêt à en témoigner. D'autant que l'on a trouvé sur lui un papier où il était inscrit que Lhermand agissait en votre nom.

Le bluff a marché: Froncy ne répond rien. Il croise le regard , mélangé de colère et de mépris de Claire, et va s'écrouler dans un fauteuil.

- Pendant que vous nous baladiez dans les grande avenues du commerce international, j'ai cherché à comprendre ce qui a pu se passer. Je pense avoir saisi l'essentiel, mais il reste certaines questions. Quand je me suis échappé, après la mort de Legrand, Lhermand m'a dit qu'il m'avait cherché partout. J'imagine qu'il est aussi allé chez vous, espérant y trouver Claire. Là, il a sans doute découvert qu'elle avait disparu le jour même de la "mort" d'Anna. Convaincu qu'elle savait quelque chose, et sachant les hommes de Maxell dans le coup, il a contacté Maxell, par Jérôme. Pour lui proposer un échange. Mais je ne sais pas quel échange. Ni pourquoi, après l'avoir chargé d'agir en votre nom, vous avez décidé de l'abattre.

Froncy me regarde. Il a digéré le coup, et repris un peu de son arrogance. Il se lève et vient vers moi. Anna et Claire se sont assises toutes les deux dans le canapé, et se parlent discrètement

 

- Bravo, Valdes, vous n'avez commis aucune erreur. Il a en effet compris que Claire était mêlée à cette affaire, et ignorant que je l'étais aussi, m'a tout raconté. Je lui ai dit que j'étais prêt à tout pour retrouver ma femme, et donc à contacter les hommes de Maxell.

- Vous étiez plutôt prêt à tout pour contacter Maxell, y compris retrouver votre femme. Pour "faire jouer la concurrence".

- Je vois que le métier rentre, fait Froncy, avec un sourire un peu forcé. Que ce soit pour empêcher le transfert ou le faire à leur profit, les Américains étaient prêts à payer beaucoup. Lhermand craignait que les hommes de Maxell ne soient méfiants, et ne pensent qu'il agisse pour votre compte. J'ai donc rédigé le papier que vous évoquiez. Mais le lendemain, il m'a retéléphoné, alors que j'étais devant l'épicerie de Li.

- Pourquoi espionniez-vous Li?

- Je voulais savoir avec qui Li était en contact. Le rôle de Forgeard, je ne l'ai appris qu'hier, par Li lui-même. Quand je vous ai vu sortir avec cette fille, j'ai pensé que vous étiez des concurrents.

- Et vous nous avez suivis, dans l'intention d'éliminer la concurrence. Vous avez décidément le sens des affaires chevillé au corps.

- Nous en sommes tous là, Valdes. Le capitaine Mathieu faisait surveiller Forgeard pour les mêmes raisons, et par un groupe un peu en marge des services afin de ne pas alerter sa hiérarchie.

- Que disait Lhermand au téléphone?

- Qu'il avait désormais un moyen d'échange avec Maxell.

- Lequel?

- Il m'a juste dit qu'il avait obtenu durant la nuit des renseignements qui intéresseraient Maxell, et puis il a raccroché.

Cette fois, c'est à moi d'encaisser. Je tourne le dos à Froncy, à Claire, à Anna. Je marche lentement. J'aimerais ne pas y croire. Quand j'ai compris tout à l'heure que "F" était Froncy et non Forgeard, je me suis senti rassuré: Lhermand n'était pas un "pourri", comme j'avais commencé à le craindre après les révélations de Johnson. Mais je me rends compte à présent que j'aurais préféré cela. Lhermand s'apprêtait à raconter à Maxell tout ce que je lui avais révélé. Il allait lui livrer Nicole et son groupe. Je n'aurais pu imaginer que le rejet qu'il manifestait pour elle irait jusque là. Il ne lui avait pas pardonné son mépris, qui avait réveillé en lui toute l'amertume d'une vie. Et il allait l'échanger contre Claire. Avec ce que je lui avait dit, et ce qu'il savait, il devait avoir deviné que Froncy trempait dans cette affaire. Il allait lui livrer Claire comme il allait livrer Nicole et ses hommes à Maxell. Il réglait ses comptes. Sans pitié. Tandis que je pense cela, j'atteins la fenêtre du salon. Je repense à cette dernière soirée avec Lhermand, à cette amertume dans laquelle il étouffait.Je n'avais pas deviné jusqu'à quel point. Je regarde ce ciel d'hiver, si lourd, si opaque. Si amer et si orgueilleux. C'est à peine si j'entends Froncy qui continue.

- Je craignais qu'il n'ait découvert quelque chose à mon sujet. D'autre part, quelque chose avait changé depuis la veille: je n'avais plus besoin de lui. Jusqu'à sa venue chez moi, j'ignorais tout de cette affaire, et j'avais cru aux raisons données par Claire pour sa disparition. Ce n'était pas la première fois qu'elle partait ainsi, pour plusieurs semaines. Mais là, avec ce que m'avait appris Lhermand, tout changeait. Elle s'était cachée, elle avait fui. C'est seulement alors que je pensai à sa famille et que j'envoyai mon secrétaire à Chourcy pour faire des recherches. Dès le lendemain matin, il me téléphonait. Il venait d'apprendre que le père de Claire était mort depuis six mois. Je compris aussitôt que Claire et Maxell s'étaient réfugiés ici. Je pouvais donc contacter Maxell directement. J'ignorais que Forgeard m'avait devancé. Ce petit morveux m'aurait coupé l'herbe sous le pied, s'il ne s'était comporté comme un débutant et ne s'était laissé stupidement suivre par les hommes de Li en allant rencontrer Maxell. Encore un qui s'est cru plus malin qu'il ne l'était. C'est l'évocation de la bêtise de Forgeard qui vous fait sourire, Monsieur Valdes?

- Ce qui me fait sourire, c'est le rapport entre ce que vous venez de dire et ce que je vois là-bas, dis-je en regardant vers les grilles.

Froncy se précipite vers la fenêtre. Anna s'est brutalement levée. Claire n'a pas bougé.

- Li! s'écrie Froncy en voyant trois voitures s'arrêter devant le grand escalier. Mais comment a-t-il pu...

Sa phrase s'interrompt lorsqu'il croise mon regard.

(à suivre)

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May 2nd, 08

Pulsation sensible – Rhythm and sensibility 2

Here are another selection of some of the pics posted in this group:

Pulsation sensible – Rhythm and sensibility

Voici quelques photos postées dans le groupe ci-dessus:

 

Please, click on the pic to comment or to discover other pictures of the photographer.

Je vous invite à cliquer sur la photo pour la commenter, ou pour découvrir d'autres photos du même auteur.

 

Kuro 317, Osijanke

 

 

 

Pantalanoj, de Venti

 

 

Madrid, Jean-Claude Sanchez

 

 

Roseaux, Alain Gobert

 

 

Crossed Fate, Bigoode (une photo X de Bigoode que j'ai préféré ne pas reproduire ici)

(a X-rated pic of Bigoode I prefer not to show here)

 

 

 

Up the side, Dave Amis

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May 3rd, 08

En pièces détachées - Roman policier - 55e épisode

Sommaire

Chapitre XXII

 

Dénouements

 

Pendant quelques minutes, le seul bruit que l'on entend dans la pièce est le whisky que se verse nerveusement Froncy, qui semble avoir toutes les peines à se trouver une contenance. Il devrait être de nous tous celui qui a le moins à craindre de Li, mais c'est lui qui tremble.

Anna, debout derrière un fauteuil, bras croisés, mains crispées, a peur elle aussi, de retrouver celui qui est plus un bourreau qu'un père, mais cette peur se noie dans la haine qui habite à présent son regard.

Claire est seule à être assise. Apparemment calme, le front orgueilleux, mais le regard lointain. A quoi pense-t-elle? A cet amant ancien qu'elle va revoir, au sort qu'il lui réserve? Ou à Froncy, dont elle vient d'apprendre qu'il l'a trompée, bien plus qu'elle ne l'a fait? A sa vie, qui va se jouer dans les minutes à venir? A sa fille Annabelle, qu'elle a retrouvée après tant d'années et que, peut-être, on vient lui reprendre? A ce destin obstiné qui sans cesse l'attire vers les profondeurs?

Soudain, la porte s'ouvre. Froncy sursaute, Anna se tend, Claire se lève lentement. C'est le majordome qui entre, se place droit comme un i à côté de la porte et annonce:

- Monsieur Zhao Wu!

Li entre lentement, seul, et jette un regard froid vers le majordome. Puis il regarde Froncy et dit, sur un ton de reproche:

- Je n'ai jamais compris pourquoi vous, occidentaux, exigez de vos serviteurs une pose qui exprime plus l'insolence que la soumission.

Froncy essaie de rire, mais ne produit qu'une sorte de petit cri nerveux.

- Bonjour Monsieur Valdes. Heureux de voir que vous allez bien. Vous avez été blessé lors de ces regrettables incidents, je crois?

- Par votre sympathique acolyte, Liang, qui aurait bien achevé le travail, s'il n'avait dû d'urgence procéder au rangement d'une étagère, fais-je.

Li pousse un soupir.

- J'ignorais que vous seriez dans l'entrepôt et je n'avais donné aucun ordre à votre égard. Liang, dont la fidélité et l'efficacité vont me manquer, n'a jamais été doué d'un très grand discernement.

Il s'assied dans le canapé, à la place que j'occupais, sans jeter un regard vers Anna ni Claire.

- Voulez-vous boire quelque chose, Monsieur Zhao? fait Claire, d'un ton sec, avec une légère ironie dans le regard.

Li lève les yeux vers elle, un regard terrible qui s'adoucit soudainement.

- Un whisky, lâche-t-il.

Aussitôt, Hélène s'approche et lui sert son verre. Il la regarde, avec une attention soutenue et méfiante. Puis, se retournant vers moi:

- Je suppose, Monsieur Valdes que, Monsieur Froncy vous a tout expliqué? J'ai remarqué chez lui un besoin de briller, qui va à l'encontre de la plus élémentaire prudence. L'homme intelligent sait et ne parle pas. L'homme vaniteux parle et ne sait pas.

- Il m'a presque tout dit, oui, fais-je en m'asseyant à mon tour dans le fauteuil qu'occupait Anna et en me servant un verre.

- Aucune importance, s'exclame Froncy en s'approchant de Li. Monsieur Valdes ne sera de toute manière bientôt plus en état de répéter ce qu'il a entendu, continue-t-il à mon adresse avec un sourire ironique, mais une voix tremblante.

- Monsieur Froncy, vous manquez d'imagination et d'équilibre, fait Li. La mort du commissaire Lhermand ne vous a pas suffi? Je vous avoue que cela m'a fort déplu d'apprendre que vous vous en soyez pris à un policier, et un policier de cette importance. Cela risque de compliquer nos affaires.

- Mais...

- Voyez-vous, le meurtre est une chose grave qui doit s'appliquer avec art et mesure.

- La dimension artistique et le sens de la mesure dans la petite sauterie de l'entrepôt m'avaient un peu échappé, dis-je en m'enfonçant dans le fauteuil.

- Situation différente, monsieur Valdes, me répond sèchement Li. On ne peut éteindre l'incendie qu'avec un souffle puissant. Un souffle hésitant l'attise. Nous étions entre combattants, et la guerre se gagne par surprise. L'incendie éteint, toutes choses reprennent leur cours, et l'homme intelligent triomphe bien plus souvent en s'abstenant d'agir qu'en cherchant la gloire. Celui qui sait marcher ne laisse pas de traces.

- Ou tout au plus la fumée d'un cigare...

Il me regarde étonné, et légèrement amusé.

- Raison de plus pour effacer ce Valdes, Li, fait Froncy. Ne comprenez-vous pas qu'une fois sorti d'ici, il ira aussitôt nous dénoncer, par vengeance ou pour sauver sa peau? Il me semble que c'est vous qui manquez de prudence!

- Vous faites erreur, Monsieur Froncy. Vous cherchez la force en allant vers les sommets. Je la trouve en suivant les vallées. Je sais que monsieur Valdes est un homme intelligent. Il sait que la vraie puissance gît dans la quiétude, et n'aspire qu'à la retrouver.

- Peut-être, fais-je, mais quelque chose risque de m'en empêcher.

- Quoi donc, Monsieur Valdes?

- Je suis recherché pour quatre ou cinq meurtres par toutes les polices du pays. Je doute qu'elle aient l'amabilité de respecter ma quiétude.

- Quatre ou cinq meurtres, dites-vous, Monsieur Valdes?

- Votre fille, le commissaire Legrand, le capitaine Matthieu et Jérôme, le serveur du Prisciani. Et je ne serais pas surpris que l'on m'ait mis la mort du lieutenant Mercier sur le dos.

- Monsieur Valdes, je vous ai engagé pour une mission: retrouver l'assassin de ma fille...

- Sans me dire que celle que je croyais votre fille est justement celle que vous appelez l'assassin.

- Li t'a engagé? fait Claire, qui s'était pendant ce temps rapprochée d'Anna. C'est une plaisanterie?

- Non, Claire. Monsieur Li paie bien. Et je croyais nos buts assez proches. Moi aussi, je voulais retrouver l'assassin d'Anna!

Entre Claire et moi s'échangent des regards mêlés de reproches et de regrets. Elle reste immobile, la tête haute, mais je sens dans ses yeux sa résistance qui flanche. Je me retourne vers Li:

- De toutes manières, je n'ai pas rempli mon contrat. C'est ton mari qui a amené Li ici, fais-je en regardant Froncy qui s'est reculé vers la fenêtre.

- Sans vous, je n'aurais pas connu la présence de Maxell, Monsieur Valdes, intervient Li, et je n'aurais pas suivi Monsieur Froncy. Vous avez fait ce que vous pouviez, sans me trahir ni vous mettre sur ma route. Et vous m'avez beaucoup aidé, même si c'est parfois involontairement. Je tiens donc à respecter ma parole. Je n'ai naturellement pas une telle somme sur moi, mais mon secrétaire la déposera dès demain à votre bureau.

- Mon bureau?

- Votre appartement est aussi le bureau de votre agence de détective, me semble-t-il?

- C'est surtout devenu un ticket d'entrée gratuit pour la prison à perpétuité.

- Votre rétribution comportait une autre partie..

- Je sais, oui, mon innocence. Malheureusement, je crois qu'elle est devenue hors de prix et relève plus du miracle que du commerce.

 

 

(à suivre)

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May 4, 08

En pièces détachées - 56e et dernier épisode

Sommaire

- Non, Monsieur Valdes. Pas du miracle, mais de la science de démêler les noeuds. Anna est vivante, et l'on ne peut vous impliquer dans la mort de Lei, comme on l'a fait pour la sienne. Rudolph Marklay était déjà reconnu comme le coupable. La justice s'en contentera. Seules les manoeuvres du commissaire Legrand vous impliquaient dans cette affaire. Or, les enquêtes internes de la police française ont révélés les agissements peu scrupuleux de cet homme. Révélations gênantes qui pousse la police à clore au plus vite l'enquête sur sa mort et qui a encouragé le policier ayant tiré sur lui par mégarde à reconnaître ce que l'expertise balistique indiquait. Son chef étant devenu un criminel, il s'en faisait presque gloire. Quant au capitaine Matthieu et au lieutenant Mercier, sur foi du témoignage du capitaine Hansart, ils ont été déclaré morts en service, abattus par Maxell et ses lieutenants, Corto et Johnson. Ils seront enterrés avec tous les honneurs.

- Le capitaine Hansart? C'est lui qui a succédé à Matthieu?

- Il a été nommé ce matin même.

- Et il lui succède ... dans tous les domaines?

- En quelque sorte, oui, mais avec plus de mesure. Il a compris que nous avions plus intérêt à collaborer qu'à nous affronter, ajoute-t-il en jetant un regard vers Froncy qui blémit.

- Il reste Jérôme.

- Ce garçon de café qui travaillait pour Maxell? Il n'est pas mort. Il est sorti du coma, et vous a mis hors de cause.Vous voyez, les eaux se sont calmées d'elles-mêmes, monsieur Valdes. La surface d'un lac n'offre aucune résistance aux coups, mais elle n'en garde aucune trace. Sans doute la police aurait-elle encore certaines choses à vous reprocher, mais elle va l'oublier. Tout le monde veut tourner la page.

- Même pour la mort du commissaire Lhermand?

- Cela aurait pu être effectivement beaucoup plus difficile. Heureusement, des témoins ont vu sur les lieux du crime, quelques instants après sa mort, des individus que l'on a depuis identifiés comme étant Maxell et ses hommes. Coupables d'autant plus évidents qu'ils ne peuvent plus se défendre. Je sais que votre silence sur ce fait est le plus difficile à tenir, Monsieur Valdes. Mais la mémoire que votre ami laisse dans le souvenir des siens est tout ce qui le garde encore vivant. La vérité lui serait fatale.

- Disons que je préfère pour l’instant donner la priorité aux vivants. Et à ce propos, comme je suis toujours soucieux de la satisfaction du client, j'accorde une certaine attention à l'après-vente. Que comptez-vous faire de Claire et Anna, maintenant que je vous les ai, en quelque sorte, livrées?

- Tout se dénoue, monsieur Valdes. Les raisons que j'avais à les retrouver se sont presque toutes évanouies. Il reste juste la photo du Gongren Ribao, commence-t-il en regardant sa fille pour la première fois depuis qu'il est entré.

- Vous vous êtes donné ce mal pour rien, père, lui lance Anna avec un sourire ironique. Jusquà ce que M. Froncy en parle, j'ignorais qui était l'autre homme de cette photo.

- Mais vous m'aviez dit que.. commence Froncy en direction en Li.

- Silence, Monsieur Froncy. Il y a déjà eu trop de paroles sur cette affaire. Et bien, Anna?

- La voici, fait Anna en décollant la coupure de presse et en la lui donnant. Je suis trop heureuse de me débarrasser de l'unique photo que j'avais de vous, père.

Li, le visage tendu, semble sur le point de se lever.

- Comment avez-vous su qu'elle avait découvert cet article, Li?

Un temps. Anna soutient le regard de son père. Il finit par se retourner vers moi, avec un léger sourire indiquant qu'il a compris la raison réelle de mon intervention.

- Anna l'avait montré à Forgeard, et celui-ci, sans connaître le capitaine Matthieu, avait néanmoins deviné que je ne souhaitais pas que cette photo circule. Il avait obtenu mon consentement à son mariage avec Anna, en échange de la récupération du journal.

- Je vois. Mais vous n'aviez pas l'intention de céder au chantage, n'est-ce pas? Sachant désormais que c'était Forgeard qui cachait Anna, vous avez pu facilement découvrir son adresse. Et vous avez envoyé Lei pour la récupérer. N'ayant pas de nouvelles, vous êtes venu vous-même attendre, le lendemain matin, à la terrasse de l'Atmo O. Où vous avez vu arriver Forgeard, qui venait récupérer le journal.

- Très bien raisonné, Monsieur Valdes. Mais si je tenais tant à retrouver ma fille et sa mère, c'est aussi que je craignais que Forgeard cherchent encore à s'en servir contre moi. Forgeard est mort. C'est un autre noeud qui s'est défait. D'ici deux jours, je repars en Chine. Toute cette agitation a rendu ma présence ici plus difficile. D'autre part, je ne doute pas d'être appelé là-bas à de plus hautes fonctions, ma mission étant assurée de se terminer au mieux: les erreurs qu'il a commises rendront Monsieur Froncy très compréhensif envers nos exigences. Dans cette nouvelle situation, mon ancienne compagne occidentale et sa fille seraient plus encombrantes qu'utiles.

Il se lève.

- Je vous les laisse donc, Monsieur Valdes.

- Que voulez-vous dire, "Vous les lui laissez"? s'écrie Froncy.

- Cela veut dire que nous partons à l'instant, monsieur Froncy. Nous avons un rendez-vous aujourd'hui même avec le capitaine Hansart, pour régler certains détails techniques. Venez, ajoute-t-il en partant vers la porte.

Froncy hésite. il regarde Claire.

- Adieu, Jacques, lui dit-elle sans exprimer aucune émotion.

Un instant interdit, Froncy regarde autour de lui. Li l'attend sur le seuil. Il sort d'un pas furieux.

- Encore une dernière question, Li, fais-je alors que celui-ci s'apprêtait à le suivre. Pourquoi Forgeard et Legrand ont-il réalisé toute cette mise en scène pour me coller le meurtre d'Anna sur le dos?

- Forgeard? Il n'y est pour rien. Quant à Legrand, il a réagi comme on s'attendait à ce qu'il réagisse, en découvrant le corps et la mort de Marklay.

- "On", Monsieur Li? Qui est ce "on"?

Li me répond d'un regard.

- Adieu, Monsieur Valdes. J'ai été honoré de travailler avec vous.

Un long silence succède à son départ. Hélène et le majordome sont sortis derrière Li et Froncy. Il ne reste que nous trois. Je regarde Claire, abasourdi. sans comprendre. Elle a baissé la tête.

Elle finit par la lever. Ses yeux sont humides. Sa voix, si ferme jusqu'alors, est devenue tremblante:

- J'ai eu peur, Roland. Peur qu'il nous retrouve. Qu'il m'enlève ou me tue Annabelle, que je venais enfin de retrouver, après tant d'années. Je savais qu'il finirait par découvrir où je me cachais. J'étais comme une fugitive, prête à jeter n'importe quoi derrière elle pour ralentir l'avance de ses poursuivants. J'ai jeté le corps de Lei, j'ai jeté Marklay. Je t'ai jeté, toi, sans penser aux conséquences. Je ne voulais pas qu'il me reprenne ma fille.

 

 

 

On entend des portes qui claquent, des voitures qui démarrent. Tout est fini. Les rideaux sont à demi fermés dans l'avenue des Bauriers...

Je vide mon verre d'une traite et le dépose en passant sur la table basse.

Dehors, au pied du grand escalier, Hélène m'attend, debout, appuyée sur la Porsche noire.

- Je vous ramène, Valdes?

Sans rien dire, je monte dans la voiture qui démarre aussitôt. Elle s'arrête un instant, tandis que s'ouvre le portail automatique. Dans le rétroviseur, j'aperçois Anna, à la fenêtre, qui me regarde partir.

 

 

 

 

 

 

FIN

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May 5, 08

En Pièces détachées - Roman policier- Sommaire

Sommaire Textes

Chapitre I : Vertiges

Chapitre II : Le Prisciani's bar

Chapitre III : Sang et eau

Chapitre IV : Chutes

Chapitre V : L'appartement

Chapitre VI : La dispute

Chapitre VII : Une nouvelle vie

Chapitre VIII :Un suspect récalcitrant

Chapitre IX: Présentations

Chapitre X: Li Shang

Chapitre XI : L'impasse

Chapitre XII: L'équipe du capitaine Mathieu

Chapitre XIII: Le commissaire Lhermand

Chapitre XIV: Louis Forgeard

Chapitre XV: Un instant d'Eden

Chapitre XVI: Aveux

Chapitre XVII: Le chaos

Chapitre XVIII: Le temps des châtiments

Chapitre XIX: Le réveil

Chapitre XX: Destinées

Chapitre XXI: Secrets

Chapitre XXII: Dénouements

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May 6, 08

Vide-grenier / Garage sale 2

Sommaire

Here are three docs posted in this group:

Vide-grenier/Garage sale

Voici trois photos postées dans le groupe ci-dessus:

 

Do'nt hesitate to look at the other pictures of the group!

N'hésitez pas à aller voir les autres photos du groupe!

 

Berlin, Aquarium by Armando Taborda

 

 

 

 

Gazé Egat, by Alain Gobert

 

 

 

 

The wave, by Bajy

 

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May 6, 08

Déclarations d'amour - récup de concours

Je suis en train de vider mon blog du 360°, et je ne suis pas arrivé à jeter ce qui suit, alors je vous le fait subir.

Une jeune fille avait organisé un "Concours de déclaration d'amour". Bon, déjà, hein.. Mais voilà-t'y pas qu'elle ajoute: "je sais que c'est pas facile pour les mecs de faire ça!"

Là, j'ai pris la mouche, et la plume, faisant ainsi fi de toute zoo-logique:

 

Comment ça : « je sais que c'est pas facile pour les mecs de faire ça » ?

 

Ah ! mais ! c’est un peu court, jeune fille!
On pouvait dire... Oh ! Dieu !... Bien des choses en somme.
En variant le ton, -par exemple, tenez :

 

 

Administrative :

Chère madame,

Suite à notre nuit torride du 15 courant, j’ai le plaisir de vous informer que je vous aime à la folie.

Veuillez trouver ci-joint le compte-rendu de notre dernière rencontre, avec détails croustillants et commentaires obscènes.

En espérant que cette déclaration vous fera bondir de plaisir, veuillez agréer mes plus sincères envies de vous,

Votre,

Papouillon chéri

*

 

Populaire, à la Gabin :

 

Josiane, les grands discours, tu sais que ce n’est pas mon truc. Pour moi les beaux parleurs, c’est des mauvaises herbes, sauf que c’est moi qui m’arrache quand elles poussent.

Alors écoute bien ce que je vais te dire, parce que je ne vais pas le répéter.

Tu vois ta lampe de chevet, là, celle qui vient de ta grand-mère, ta part de l’héritage comme dit ton cousin Raymond – un beau salaud, soit dit en passant- hé bien, là, comme ça, éteinte avec ce vieux tissu, elle a aucune allure, on dirait un vieux jupon oublié aux puces.

Mais quand tu l’allumes, cela te met une douce ambiance, façon cosy, qui te réchauffe le cœur, j’en pleurerais, tiens, et tu sais que j’ai la larme rétive.

Hé bien moi c’est pareil. Je suis comme la lampe éteinte quand t’es pas près de moi. Mais dès que t’es là, je m’allume, je brille, je me réchauffe, je me répands tout doux autour de moi, on dirait une vieille peluche.

Sans toi, je suis comme un vieux sans sa canne : je titube, je trébuche, j’appelle à l’aide.

Je t’aime, quoi.

 

*

Médicale

Madame, quand je vous vois, j’atteins 188 pulsations/mn, je fais 46° de fièvre, je suis au bord de l’apoplexie. Mon seul traitement, c’est vous. Alors, si voulez bien vous déshabiller et vous allonger là…

 

*

Moderne :

J t m

 

*

Overbookée

Allo madame ? Oui, …je suis la secrétaire de M. Dicalsius. C’est cela. Une réunion imprévue du board l’oblige à remettre le rendez-vous de ce soir. Il me fait vous dire qu’il vous aime, que la vie sans vous est un long fleuve monotone et que vous êtes tout son univers, ses horizons, son destin. Au cas où vous seriez d’accord avec les termes prévus pour la fusion de vos existences, M. Dicalsius a réservé une salle de mariage pour le 25, à 8 h 15, juste avant la réunion hebdomadaire du marketing. Dois-je lui transmettre votre réponse ?

 

*

Aux abonnés absents :

Bonjour. Vous êtes chez Renaud, je suis parti pour quelques instants. Salut ma coquine, j’en profite pour te dire que je suis fou amoureux de toi, que je veux qu’on passe une nuit hyper-chaude nous deux, à en faire éclater ton matelas à bulles, tu le regretteras pas, crois-moi, et même, je te demande en mariage, ce sera plus facile pour les nuits suivantes. Tu peux me dire oui après le bip sonore.

*

 

Timide :

Bonjour, Mlle Elgazi,… euh…je voudrais vous dire que… enfin…c’est-à-dire …, je …. je … je vousaimeexcusez-moide vous avoir déranger, au revoir.

 

 

*

Vulgaire

Poupée, je suis fou accroc de ton cul. Dès que je le vois entre deux portes, quand tu te penches pour déposer les poubelles, je bande comme j’ai jamais bandé, j’ai l’impression que ma peau va éclater. Je me tiens plus, j’ai envie de te sauter dessus, de t’arracher les fringues, de rouler parmi les ordures, de te défoncer jusqu’à ce que j’ai tout lâché. Je crois bien que je suis amoureux.

 

 

*

Romantique

Madame

Vous êtes le soleil au cœur de ma nuit, le printemps qui chasse mon hiver, le sourire qui efface mes pleurs. Je ne demande qu’à partager deux choses avec vous : l’univers et l’éternité.

 

 

*

Astrologique

La maison de Saturne étant entré en conjonction avec le sextil de l’ascendant dans le 3e

ciel de Jupiter, le Balance ascendant sagittaire sera fou d’amour de la Poissons ascendant scorpion. Les natifs du 2e décan peuvent baiser comme des bêtes. Ne contrarier pas les étoiles, vous vous en repentiriez.

 

 

*

Donjuannesque

Ma petite Hélène,

Tu es tombée il y a longtemps en extase devant mon physique taurin et mon esprit einsteinien. C’est normal. Les plus belles femmes du monde sont après moi comme un essaim d’abeilles, elles me poursuivent, dévoilant sous mes pas le tapis rouge de leurs corps lascifs. Je vais de corps en cœur comme le missionnaire d’une foi dont je suis le prophète et le dieu. Aujourd’hui, c’est toi l’élue. Heureuse ?

 

 

*

Administrative, suite et fin:

Madame,

En l’absence de réponse de votre part, et étant donné que vous n’avez pas donné suite aux précédents rappels, je tiens à vous informer que, conformément aux engagements conclus entre nous dans l’effondrement post-orgasmique, je serai contraint de me faire accompagner d’un huissier lors de ma prochaine visite, afin qu’il procède à votre saisie et vous contraigne à l’exécution du présent contrat.

 

Voilà voilà.

 

Si vous avez d'autres propositions à faire, n'hésitez pas à les mettre en comm ou sur votre blog! Que je ne sois pas le seul à me couvrir de ridicule, ici.

 

Mise à jour: ouf, je suis sauvé! Grâce à Elo ci-dessous, à Mélina et à Lakesys

 

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May 8, 08

Vide-grenier / Garage sale 3

Here are three docs posted in this group:

Vide-grenier/Garage sale

Voici trois photos postées dans le groupe ci-dessus:

 

 

Don't hesitate to look at the other pictures of the group!

N'hésitez pas à aller voir les autres photos du groupe!

 

 

One Day in Mattakesh 5205 by Ojisanjake

 

 

Agrion plein ciel de Françoise Delestrade

 

 

Water by Oddur Johnson

 

 

 

 

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