Il faisait nuit encore en plein midi

Ton sourire vint agiter le ciel

Cinglant vertige arrachant ma peau

.

Tout un peuple de mots

De nuées, d'aventures

S'évanouissaient sur l'amère blancheur de ta peau

Inaccessible à toute inscription

.

Belle énigme de goudron et d'eau vive

Croisée aux lendemains

Qui toujours s'échappe, toujours me hante

.

Toi qui jamais ne sera compagne ni reine

Magicienne tutélaire de mes vies avortées

Étoile lointaine à même le coeur

Brûlante et désinvolte

.

Ariane aux labyrinthes brisés

Tu sèmes tes fils où se prend mon désespoir

Qui a même couleur de champ brûlé que tes yeux

Dédaignant le piège que tu tends

Prison et liberté ont pour toi même saveur

.

Ce qui survient de l'autre côté ne reçoit de toi nulle autre attention

Que quelques coups de dents hilares

La gourmandise de tes actes naît de l'aridité de tes rêves

.

Tu sèmes

Et veille à ne rien cueillir

Errante comme le souffle même