Ta peau nue comme un cimetière abandonné

Que mes caresses reverdissent

Parsemé de tombeaux défaits par l’oubli

D’où s’échappent invisibles les soupirs de tes anciens amants

Les allées de ta chair autrefois parcourue de langoureux cortèges

Disparaissent sous les broussailles épaisses de mon désir

Cherchant en tes ombres impatientes

L’assouvissement en toute éternité

Feux follets dérobés au silence

Les farouches exhalaisons de ton plaisir ressuscité

hantent mes gestes d’une joie sépulcrale

Tes seins se dressent comme d’insolentes croix vers le ciel de ma bouche

Frissonnant de lichens sous l’adoration de mes lèvres

 

 

Tes morsures déchirent le marbre de mes élans

Sur lequel se pose la couronne de tes baisers

Tandis que sur la stèle de ton front s’écrivent

Les mots les plus purs du plus haut abandon

Toute une végétation voluptueuse s’étend sur ton corps profané

Herbes sauvages de tes spasmes indolents

Arbrisseaux sévères de tes yeux

Terre moite de nos sueurs

Tandis que je pénètre tremblant dans le caveau de ton corps

Tes cuisses refermées sur mon dernier soupir