Enveloppée dans la couverture si vieille, j'ai froid. C'est ça retrouver son corps, avoir froid, chaud, mal, se sentir bien, manger, sourire. Pleinement consciente de moi, je me demande ce que je vais là alors que je dormais dans des méandres. Je ne sais pas ce que je dois faire : je suis là j'ai froid, j'ai envie de rien, pas encore. Je suis en colére, beaucoup parceque tout n'est pas comme je voudrais et je suis fatiguée parceque demain est un autre jour. Jour ou je ne dormira pas, jour ou je vivrais.

J'inventerais des histoires, des personnages, je lirai tous ce que je n'ai pas pu lire, et j'y refléchirai. J'ai deja des idées : une histoire avec etres qui se voudraient humains. Mais pour l'instant demain je rencontre le groupe Ange et ses musiques même qui me berçent quand je tombe au fond de moi.

Gamine toute petite, je m'enfonçais dans mes histoires quand la réalité des autres ne m'allaient pas. Maman m'a appris comment repeindre le monde avec les couleurs que je choissisais : pas de diamant, pas de perle, elle faisait des fleurs sauvages des couronnes de fleurs magnifiques qui me transformaient en la princesse de son monde. Mon pére me montrait comment les mots pouvaient créer des univers.

Mélancolie disait le 19eme siecle, dépression dit le notre, moi je dis "coup de barre" dans cette vie que je voie mauve, jaune et bleu quand les ombres des autres me montrent leurs uniformes noir, gris. Ils me font perdre les mots à force de les forcer à rester dans leurs contextes grammaticales quand ils ne demandent rien d'autres que d'être déformés, manipulés, déformés.