Mais qui est Capa ? Vous avez deja regardé la dernière photo de Capa ? Il se trouve dans un convoi militaire, j'imagine assis dans une sorte de Jeep. Il s'agit de noir et blanc. La lumière me fait dire que nous somme tôt le matin et j'entend presque le bruit de moteur de la moto et du camion. Capa va avoir envie de s'enfonçer dans les champs et il va mourir. Sa dernière photo, Capa était un joueur, il aimait jouer avec la vie, la provoquer histoire de voir. Souvent je me suis demandé s'il voulait mourir, s'il s'en foutait.

Et Gerda dans tout ça? Gerda est morte en 1937, en Espagne. Elle n'avait pas cherché la mort, elle ne voulait pas la provoquer, elle prenait des photos dans une insouciance totale tant elle avait confiance. Dans le livre deMonsieur Maspero, on découvre des photos où elle courre dans une ville en guerrre, comme les enfants jouent , et ce pour trouver le bon angle. Gerda faisait des photos, et plus rien n'avait d'importance, ni les bombes, ni les chars, ni les balles et le tout pour trouver la bonne image. Gerda, personne ne la connait alors qu'elle est à mes yeux, le début du photo reportage.

Elle arrive d'Allemagne en France en 1933 de mémoire, elle fait des travaux de secretariat. Elle vit, Gerda, je l'imagine comme une jeune femme simple qui jour après jour se construit, se découvre. je l'imagine marchant gaiement dans les rues de Paris, Montparnasse avec le sourire des insouciants. Elle rencontre un hongrois très hongrois : Endre Emo Friedman. Un type qui l'aura dans la peau jusqu'à sa mort, qui parlera toujours d'elle et encore plus quand il sera saoul.

Ils deviennent une personne ces deux là ; une entité. Leurs complicités, une romance et l'imagination de Gerda pour qu'ils se trouvent du boulot. Parceque en France, à ce moment c'est un peu le bazar dû à des crises un peu plus pire qu'en ce moment (quoique). Endre veut être riche, celébre, il est fasciné par les américains.

Loufoque, Gerda invente Robert Capa. Il sera un photographe américain trés cher Et comme l'écrit monsieur Maspero: "là on entre dans la légende" car le reste ne pourra être raconter que par Capa

Robert Capa, un tampon avec ce nom que l'on met derrière les photos. Les photos à elle ou les photos à lui ? Les photos d'eux. Ils font du monde leurs terrains de jeux, ils s'en vont, se croisent, repartent. Les photos se vendent, Capa est reconnu, célébre et Endre devient Capa. Il ne manque plus qu'à enchainer les jours, les années, à veillir et se raconter dans des autobiographies.

Par question, les histoires ne finissent pas comme ça. A présent que Capa "existe", Gerda signe de son nom ses photos, elle devient l'oeil de "ce soir" et part en Espagne ou tout va s'arrêter comme ça sans raison. Alors que tout commençer. Fauché par un char, elle meurt dans un hopital militaire.

le reste c'est un livre de François Maspero "L'ombre d'une photographe Gerta Taro.