Virage à droite, virage à gauche, et ma voiture se gare là où je l’arrête. Sur le magnifique gazon que Nathan a fait venir du bout d’un monde. Magnifique herbe en dehors des marques de ma p’tite voiture. Je descends. Je claque la porte. Et je reviens afin de prendre deux ou trois trucs qui encombrent les sièges arrières. Je ne  prends pas l’allée, j’aime l’herbe sous mes tongs. Même si Nahtan va souffler, dire un truc que je ne vais pas écouter. La maison, sa maison, ma maison est affreuse, des grands murs blancs, des baies vitrées à gogo, des meubles sans intêret, on se croirait dans une clinique.
 
 
Scène I
La salle de bain
 
Je me lave les dents, bien campée sur mes deux jambes devant le lavabo en position pour défendre ma place. Nathan ne me laissera aucune chance, il sortira d’un bond de la baignoire et se calera devant la glace une bonne demie-heure sans me laisser une chance de me maquiller, peigner, faire les trucs de fille. Je me lave les dents sur mes gardes prêtes à deguerpir rapidement. Et une bonne conversation d’un matin à 7HOO :
 
-             - " Nathan, si des adultes décident d’un commun accord de jouer avec le sexe des uns et des autres, en quoi ça te gêne ? c’est pas ta bite ni mon cul ?";
 
-         - "…[la doit y avoir des citations de bouquins, des noms de psychologues et des personnages historiques mais dans « l’Histoire selon Nathan »]..."
 
Et Nathan parle tout seul dans un monologue sans fin, me laisse pas en placer une, refait toutes les théories de Freund à sa sauce.
 
-        -" Nathan, ce qui m’interesse c’est ce qu’il a autour du sexe";
-       - "   Tu ne vas pas assez profond, Pauldine."
 
Costume enfilé, il m’attend . Moi ou son chauffeur ? on a pas de chauffeur. J’éteins les lumières qu’il a allumé, porte sa tasse dans l’évier.
 
-        -"Pauldine, faudra que tu m'expliques pourquoi tu te maquilles pas le matin ?"
 
Bonne journée Nathan, je pars en Jean’s, les cheveux en vrac et mes baskets.
 
 
                                                       Le souci avec Nathan c’est qu’il a deja tout vu et tout fait quand moi, je veux tout voir et tout faire. Je suis une éponge à couleurs, à odeur et j’erre dans le même paysage avec les mêmes couleurs, un peu fade d’ailleurs. J’ai plus envie d’inventer.
 
Scène III La mer
 
Après des jours, et des jours, et des jours de : » tu viens te baigner ? » et après des jours de "Non" et de « re-plongeable » dans ses livres, Nathan se décide à m’accompagner. Ouais les filles, moi aussi je vais aller vers la mer main dans la main avec mon mec. Limite, j’en taperai dans les mains. Un moment partagé, un truc ensemble et pas l’un à coté de l’autre. On slalome entre les serviettes, lui laaaargement devant et moi qui essaye de suivre. Ah l’amour. Je plonge d’un coup, quand Nathan se la joue, comme d’hab. Il finit par avoir de l’eau au dessus du nombril. Pire qu’un clebard, j’attend une ou deux longueurs ensemble. Nathan un peu bleu me dit «  j’avais une de ces envies de pisser » pour repart vers sa serviette.