Il ya les gens qui regardent leurs pieds, qui "chouinent", il y a les gens qui rélevent la tête, regardent devant et avançent. Et il y a les "comme-moi" qui balançent entre ce qui est, ce qu'il faut, ce qui vaut. Comme j'ai eu mal, je ne veux pas faire mal mais comme je ne veux pas faire mal, je me fais mal. Je suis physiquement en figuration dans ma propre vie quand mentalement je m'interroge, me regarde, philosophe...

Je soupire souvent car j'aimerai parler : je veux dire formuler des sons avec ma bouche, des sons qui voudraient dire des mots et qui traduiraient ma pensée. Avant (mais avant quoi se demande "Je"), j'étais une vraie bavarde maintenant j'arrive à regarder (pas écouter) une personne sans comprendre ce qu'elle veut me transmettre. Ce qu'elle veut me transmettre, je le sais pas son attitude, la tonalité, la façon de se tenir, de s'exprimer par le corps. J'ai souvent peur de me perdre dans le raisonnement des autres. Toutes ces questions quand il suffit d'écouter.

Il suffit d'écouter. Depuis toujours, je me ballade et remplis mes poches, ma besace de graines que je ramasse sans même y refléchir. Je les oublie, les retrouve. J'aime leurs formes, leurs couleurs m'intriguent et je les plante, les dorlotent, les regardent jour apres jour. Je les met de petits pots en plus grand avant de finir en terre. Et j'ecoute. Pas de mot et pourtant je sens dans mes mains, dans Moi, ce que veut la plante. Et finalement avant de pouvoir s'exprimer, il me fallait écouter.