Sauf quand je l'invente avec mes mots. L'unique réalité de Lui est une photo que je garde mais ne regarde pas. Personne ne la regarde et je n'en voudrais qu'une interpretation d'artiste, un dessin, une peinture ou je pourrais regarder son visage. Comment peut-on se ballader avec la photo d'un enfant mort sur soi ? C'est que c'est l'unique photo qu'il y a de lui.

  Cela pourrait sembler compliquer si ce n'était pas si simple. Je ne pleure pas, je n'ai pas mal et je ne souffre pas car il ne souffre pas, il n'a pas mal et il ne pleure pas. Il manque à mon corps qui a gardé son empreinte et a mon égoisme qui aura voulu pouvoir l'embrasser. Quelle mère je suis qui n'a pas embrasser son enfant. Je ne suis pas mère, il n'est pas enfant.

 Pourquoi cet inconnu me manque et pourquoi je l'aime puisqu'on ne se connait pas ?