Le Début
 
 
 
Au temps lointain.  Lorsqu'un genou à terre. Je retire un gant. J'enfonce ma main dans la terre et je sais. J'écoute le sens premier de la vie, le son de la terre.
 
Il faut que j’écrive tant que je peux. Mon corps me lâche, mes yeux aussi et mon cerveau se perd entre cette réalité et celle où on se réfugie parfois. Il faut que j’écrive tant que j’en suis capable. On ne peut pas dire qu’il fait froid. Je sens la terre où je suis tombée. Mes cheveux se mélangent  aux feuilles mortes. Parfois je ferme les yeux mais je veux regarder le jour s’éteindre encore une fois et la nuit installait le voile qui me couvrira. Est-ce que tout est fini ? Eteint le peuple millénaire qui vit avec les hommes quand il vivait parmi les hommes ? Je serre dans ma main la terre humide. Le froid s’insinue dans mes vêtements. Ceux qui restent vont-ils oublier les contes des anciens ? Et les coutumes, j’ai passé tellement de temps à parcourir les terres pour les apprendre à chaque clan.
 
Et les feux ? Assis autour, le plaisir de se retrouver et de savoir que l’on est du même sang. Les flammes qui nous réchauffent, nous le peuple des Loups et les nouvelles qui circulent de clan en clan, les frères qui se rappellent et se tapent dans le dos où ruissellent leurs cheveux longs. C’était là, il n’y a pas si longtemps ; l’enfant bougeait dans mon ventre, l’enfant des hommes, l’enfant de l’homme. Je portais cette promesse pour mon clan, par l’amour pour l’Homme. C’était il y a quinze ans à peine, c’était pourtant à quelques kilomètres du monde des hommes. Certains d’entre eux avaient fait de nos coutumes leurs rythmes de vie. La plupart vivaient avec nous depuis toujours. Et d’autres en aspirant à les rejoindre avaient ouvert le chemin aux hordes urbanismes et constructibles. Et sans avoir bougé de ma terre, c’est moi qui vis parmi eux aujourd’hui. J’ai regardé les champs devenir pavillonnaires, je m’amuse des chemins qui disparaissent aux regards des hommes. Nos maisons solides où les familles devenaient clans se morcellent en appartement ou la plupart des nôtres perdent leurs repères devant la vie facile des hommes..
 
 
I
 
Il fait froid. M’enfonçer dans mon esprit, me lover au plus profond de mon âme et que le corps, mécanique, exécute ce que le quotidien des hommes lui demande. J’ai mal. Le duvet blond qui recouvre mes bras est tout ce qui me reste du peuple des Loups et le bleu presque blanc de mes yeux. J’entend les machines qui éventrent la terre, la retourne de leurs pelles géantes. Je devine les roues géantes qui défoncent les chemins qui nous ramenaient chez nous lorsque nous revenions raconter nos aventures, leurs autres clans. Je sens l’enfant se replier contre moi. Le duvet qui le recouvre le rend insensible au froid alors que je tremble. Chaque jour j’ai du regarder la ville des hommes empiétait sur la campagne où nous vivions.
 
II
 
J’avais toujours trouvé par hasard d’autres enfants du clan. Dans les tavernes.J’aurais voulu parler mais les sons refusent toujours à former des mots, inutile dans un monde de sens. Autour d’une grande table aussi massive que les hommes qui y sont accoudés, les uns ont échangés avec d’autres leurs verres, encore un rituel que des nuits et nuits effaceront. Jolies danses de verres qui dans la langue de nos pères signifiaient le respect. Coutumes que l’Homme a repris pour se bourrer la gueule lors de leurs apéros de merde ou il n’a rien d’autre à faire que boire pour boire . Coutumes si lointaines d’une terre que je me rappelle car je suis du premier clan. La nuit. A travers les banalités du monde des hommes, la joie des miens à se retrouver, à se reconnaître emplissaient la salle d’un bonheur que les hommes petits ressentaient aussi. Les femmes si dures dans leurs traits et si belles dans la sauvagerie de leurs gestes, leurs formes guerrières et les hommes, Loup dans leur attitude. Et moi, assise dans la pénombre, je bois pour boire, les jambes allongées, et les pieds bottés sur le tabouret. La soirée s’étirait avec ces inconnus qui se reconnaissaient. Reconnaissait la marque de mon poignet. Le brouhaha des voix emplissait la salle d’une musique sauvage. Ces voix fortes, criantes et braillardes qui m’endormaient enfant quand les miens vivaient simplement dans leur monde, le monde des hommes. C’était quand les barrières millenaires des coutumes permettaient à chacun de voir en l’autre le voisin et l’ami. Les hommes petits deja se barricadaient dans les enceintes de leurs villes quand les hommes côte à côte avec le clan des Loups défrichaient les terres, ensemble dans la vie. Et quand le clan des loups se battaient avec les hommes pour élever des villages, quand le soir ils parlaient du temps de demain. Les hommes petits dans leurs villes ,sécurisaient dans les enceintes de leurs morales que leurs âmes construisaient en élevant des tours.
 
J’ai grandi dans l’essence même de la liberté. Mes pas sont libres dans les chemins que eux ont constuits et je peux piétinner les plates bandes de fleurs crées. J’ai grandi les yeux vers le ciel et mes pupilles en ont gardé la couleur glaciale. J’ai écouté les paroles d’un père. J’ai écouté une mère qui me racontait les femmes qui ont fait d’un choix un clan.
 
Dans cette taverne, là, attablée avec les miens où sans éveiller les soupçons des Hommes petits , nous ne faisons que rechercher le souvenir des veillées de nos péres. Où nos mères couronnaient nos têtes de fleurs des champs, où les enfants couraient à travers les champs en hurlant sans peur aucune du Loup. Champs de blé qui ne poussaient que pour partir vers les villes des Hommes petits. Et les lourdes bottes qui nous habillent encore et qui frappent le sol accompagnant les lourds éclats de rire, retrouveront-elles le chemin de nos campagnes ? Et les lourdes chevelures des femmes seront-elles de nouveau couronnées d’épis de blé ? Il faut avançer avec notre monde qui coule dans nos veines, apprendre à nos enfants à regarder ce monde sans les craintes et les barrières des Hommes petits. Apprendre à garder son identité sans l’influence d’un monde où les miens , maintenant, devront vivre.
 
Si. Si rien n'avait changé. L'Homme grand aurait posé sur ma tête la couronne de blé. Il ne serait pas parti combatrre sur des batailles auquel il n'a rien compris. Mais si.
 
Mais si. SI rien n'avait changé, jamais l'Homme grand n'aurait croisé mon chemin. Jamais il n'aurait imposé sa présence. Ses silences aujourd'hui pour les rires d'hier quand de tiges végétales, il me faisait des bracelets.
 
 
 
Les LOups
 
Lorsqu'ils savaient, sentaient les loups, les hommes du clan descendaient d'un pas rapide au village des hommes pour les prevenir. Les hommes du clan levaient la tête, les sourcils fronçés et ils écoutaient le silence devant les hommes qui ne savaient plus. Alors, le soir,  les loups pouvaient traverser  le village des hommes enfermés dans leurs maisons. Ces hommes qui a mon époque les détruisent.
 
J'ai gardé du peuple des loups les peaux qui me recouvrent. J'ai gardé du peuple des Loups des yeux bleus. J'ai gardé du peuple des loups l'ecoute de la terre. Je sais encore entendre ses murmures et sa souffrance, aussi quand l'homme lui plante en son ventre ses grues, lorsqu'il la remplit de goudron et de ciment. L'homme détruit celle qui lui appris a tenir debout. L'homme a oublié qu'elle était pres de lui lorsqu'il tenait a peine debout. Et de ses deux mains libres, il a frappé celle qui le nourrissait. Et deja le peuple des loups regardent credules son frére tapait celle qui avait toujours été là.
 
Je ne sais pas
Ils nous appelaient les chasseurs de peaux, le peuple des Loups. Lorsque les notres revenaient, riant, parlant fort en portant toutes les peaux qu'ils avaient chassés, les hommes les attendaient à l'entrée de leur village qu'il fallait traverser. Ils leur tapaient dans le dos, admiraient les peaux et les enfants arrivaient en criant " les chasseurs de peaux, le peuple des Loups". Souvent les miens posaient les bêtes au sol et racontaient aux hommes du village  la chasse de la journée. Les femmes du village les rejoignaient alors, et leurs offraient la bière qu'elles avaient brassées la journée.
Le jour déclinait alors dans les discussions hautes parlées, les rires forts, et les hommes du clan traversaient le village accompagnés des hommes, des femmes, des hommes. Ils rejoignaient le clan