Une entrée typique des livres de Zola, un escalier aux marches recouvert d'un tapis usé par les pas, et une porte plus petite, cachée dont la vitre porte l'inscription "cours". Elle s'ouvre sur un passage étroit ou nous trouvons les portes des arriéres-boutiques de luxe, les poubelles et une porte digne des meilleurs taudis parisien. Souvenez-vous de "Pot Bouille" de Zola, il y a description de l'escalier que monte Octave Mouret. Un escalier si peu large et à chaque palier, la porte de service de la cuisine. A chaque porte on entend les conservations des appartements haussmaniens. A chaque fois que je monte cette escalier, je posais mes pas dans ceux d'Octave, les mots de Zola me revenaient et je vivais ce que j'avais lu en ressentant les mêmes sensations.

                                                Branlant, branlant l'escalier se terminait sur des murs défraichis et des tuyaux en tout sens. Nous étions ailleurs sous les toits de Paris, ailleurs. Sous les toits de Zinc. Sur les riches familles de Paris. Au dessus d'une ville lumière que l'on pouvait respirer en s'asseyant sur le zinc du balcon, écouter la ville qui se réveillait, qui s'endormait, regarder ses lumiéres et en tomber amoureuse. Ses lumières artificielles ou les lumières dont la paraît le ciel, le soleil.

                                                   Le toit se divisait en minuscule chambre ou les vies dans leurs matériels aspects devaient se reduire au minimun. Nous n'avions pas le temps pour nous occuper des apparences ; un vieux lit qui servait de chaises, de tables, de canapé et de bibliothèque, au mur unique des volets servaient d'étagéres dont chacune avait un thème : le volet cuisine, le volet salle de bains, le volet livres. Et c'était tout.

Nous n'avions pas le temps. Trop de chose à faire. On ne savait pas pourtant que nous n'aurions pas le temps.

Nous n'avons pas eu le temps.Bien sûr on avait pas un rond mais on connaissait le monde à force de trainer dans les musées, les expos des copains et de fonçer dans des projets complètement dingues. L'esprit s'échauffait si vite.

Alors oui c'est comme ça que ça a commençé.                                                                

                                                                       II

 

J'ai engagé ma voiture sur le gazon américain que Nathan avait ramené des états-unis. Chemin le plus rapide pour atteindre le garage quand l'allée de pierre faisait des tournicotis esthètiquement chiants pour atteindre le meme lieu. J'ai décidé depuis longtemps que ma voiture était garée du moment où j'arrêtais le moteur. Je sors et je compte jusqu'a cinq pour qu'il me hurle de garer ma p..de voiture ailleurs. Je tend les clefs vers le véhicule et enclenche sa fermeture. Non elle restera là.

  Dis moi Nathan, tu  te souviens quand on faisait tout avec rien, on se construisait des chateaux sous des tentes et sous la flotte. On parlait de demain. Dis Nathan, pourquoi tu n'as plus de mots quand tu rentres extenué. Je veux encore te montrer les couleurs que j'invente pour toi, je veux encore te faire rire, entendre tes fous rires quand j'invente, je grimace. Eh Nathan, j'ai pas envie de te perdre pour de matériel raison quand on inventait le monde sur le papier. Je me fous bien de chaque bien quand je peux m'endormir contre ton épaule.

Nathan mon Nathan, ours qui crie qui se fâche avant de m'attraper entre ses pattes toutes douces Nathan oh Nathan. Je continue à raconter cette vie qui ne ressemble ni à toi ni à moi.

La mer avec Nathan. J'aime l'eau, être dans l'eau, être eau. J'aime me lever et découvrir la plage quand les gens sommeillent, je m'enfonce, me retourne, me "planche". Je bouge plus. je regarde le ciel et l'eau me berce.  Mer. Eau. j'aime être seule là où ils seront tant mais plus tard dans la journée. Nathan se lève, traine, je m'énerve, je tourne. Café, cigarette, glandage. Ce temps n'est pas à moi.

Nous arrivons à la plage vers 15 heures, plage rempli d'un monde. Du monde de la vie parisienne, les mêmes, égoistes, se foutant du voisin. Nathan a le don pour les trouver, les attirer. Je me baigne seule. Je me fais un passage entre la nuée de raquettes, ballon, freesbee. Je réussis à ne recevoir rien dans la tête et je peux me frayer un passage entre les bateaux, bouées, gonfleurs, joueurs. Une fois Nathan m'a délicatement pris la main, sans un mot nous nous sommes levés et dirgés vers la mer. Main dans la main, nous nous sommes enfonçés dans l'eau et je me foutais bien du monde, des raquettes, des ballons, j'étais avec Nathan. Le ciel me semblait si bleu d'un coup.J'ai plongé d'un coup et je l'ai attendu. Il regardait l'horizon. Il s'est approché pour me dire : "j'avais tellement envie de pisser" et il est resorti.

                                                                  III

ALors tout va finir ou tout commence : Sophie Calle.