16 mai. Un petit mot pour qu'il puisse exister. Il n'existe pas. Il est des mots. Il n'existe pas. Je connais pas son odeur, ni la texture de ses cheveux et encore moins la couleur de ses yeux. Quand je pense à lui qui n'est pas, mon ventre se tord car lui seul a gardé son empreinte.

Je n'en parle pas, comment dire "on a mal" pour quelq'un qui n'est pas, meme pas dans mon imagination. Parfois quand mon fils dort, je retrouve dans sa bouche quelquechose qui me rapelle mon autre enfant, celui qui n'a pas voulu vivre. J'aime quelqu'un qui n'a pas existé. Mon corps-coeur a fait un enfant et celui-ci né pour mourir, n'a pas crié, ne m'a pas aimé.

Personne ne comprend, on ne veut que la vie, bruyante, colorée, rapide mais on peut aimer la mort, silencieuse, calme.

 

Alors je vais entre la vie et la mort, d'un monde à l'autre.