| September 2008 | ||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Sun | Mon | Tue | Wed | Thu | Fri | Sat | ||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||
| 28 | 29 | 30 | ||||||
Ayant récemment terminé la lecture de "La main gauche de la nuit" (U. Le Guin) et l'ayant beaucoup apprécier, je me suis engagé dans quelques réflexions relatives aux sujets abordés. Avant de parler de ses réflexions, abordons le contenu et la forme de ce livre.
"La main gauche de la nuit" ("The left hand of darkness" en V.O.) est un livre de science fiction très particulier. Les sciences fictives utilisés par l'auteur ne sont pas classique dans ce genre littéraire. Usuellement, on observe un étalage de physique/chimie/astrophysique plus ou moins hypothétique. Dans cet œuvre, une part léonine est faite aux sciences sociales et politiques. Les seules "inventions" techniques remarquables sont "la communication inter-sidérale instantanée" et "l'hibernation". Rien de bien extravagant pour le genre. On peut même sourire à la lecture de : "A une distance de soixante-douze années-lumière, quelqu'un était certainement en train de perforer fiévreusement la carte à introduire dans un ordinateur[...]". C'est comme dans les vieux Star-Wars, quand l'amiral de la flotte transmets aux ingénieurs de bord les ordres de Dark Vador et que ceux-ci pressent assez aléatoirement des boutons lumineux disposés recouvrant d'immenses murs. L'informatique ne sent sort jamais bien en Science Fiction (sauf peut-être dans Blade Runner (version cinématographique uniquement)).
Revenons maintenant au sujet de départ de ce millet. Le livre présente à un moment de l'aventure une discussion entre le narrateur (messager du "gouvernement" interplanétaire) et un Devin de Géthen (planète sur laquelle se déroule l'histoire) dont l'idée principale est que croire en Dieu ou croire à l'inexistence de dieu (majuscule omise intentionnellement) c'est la même chose. Idée étrange sans un minimum d'explication !
En fait "croire en l'existence de Dieu" c'est donner fois à quelque chose qui ne peut pas être prouvé (et dont on peut prouver qu'elle ne peut pas être prouver). On peut remplacer "existence" par "inexistence" (et enlever une majuscule) sans changer la fausseté de la phrase. Si on replace ce texte dans son contexte géographique d'écriture (USA) on comprend mieux le raisonnement de l'auteur. En effet le concept de laïcité est très différent d'un coté et de l'autre de l'Atlantique (ce qui pousse parfois certains détracteurs à assimilés les USA à une théocratie). En fait la laïcité américaine consiste simplement à traiter toute les religions avec égalité. On peut par exemple remplacer la bible du tribunal ("levez la main droite et jurez de dire la vérité toute la vérité, rien que la vérité") (qui n'est pas utilisée dans tout les états) par n'importe quel texte sacré de son choix. Et dans ce contexte, les athées sont traités comme des membres de la religion "athéisme" (il peuvent jurer sur la déclaration d'indépendance si ça leur plait). Au fond, c'est reconnaitre à chacun (croyant ou athée) ses particularités (et ses différences).
Oui MAIS (car le "mais" est d'importance) on peut aussi voir l'athéisme d'une façon toute différente et lui redonner ainsi ce dont on vient juste de le priver.
On peut, comme le devin de l'histoire, dire "Noussouf" (expression géthenienne signifiant "ça ne fait rien", "c'est pas grave", "tant pis", "peu importe", "osef"... mais que l'auteur fait le choix de ne pas "traduire" explicitement). En effet, pourquoi se torturer à propos d'une question dont on peut prouver l'indécidabilité ? Pourquoi chercher à répondre quand la réponse est de toute façon sans fondement ? Pourquoi même poser la question ? L'athéisme se perçoit alors comme un refus catégorique de l'absurde.
On peut également réduire (c'est le cas de le dire) l'athéisme à une application du rasoir d'Occam. L'"existence de Dieu" n'est pas nécessaire pour expliquer ni le pourquoi, ni le comment du monde qui nous entoure. On peut progresser dans toute les sciences sans avoir besoin de l'hypothèse du divin. Si on n'a pas besoin de dieu, ne supposons pas "gratuitement" son inexistence. L'athéisme revêt un habit plus sérieux que dans la situation précédente.
En regardant bien, ça fait un bout de temps que je n'avais pas écrit un millet si sérieux. Et tout ça pour quoi ? "Accroissement de la complexité et de l'intensité du champ de la vie intellectuelle" (La main gauche de la nuit, U. Le Guin) ?
Send a message
Search for members