JOURNEE INTERNATIONALE DES FEMMES 2008: INGRID BETANCOURT LIBRE!

  

Le 1er mars dernier, Raúl Reyes, le numéro deux des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), a été tué dans une attaque de l’armée régulière colombienne.

On pourrait y voir un paradoxe, mais Lorenzo Delloye, le fils d’Ingrid Bétancourt, a déploré cette mort. Et pour cause. Avec la disparition de Reyes, la famille de l’ancienne sénatrice perd son principal interlocuteur, celui qui pouvait entre tous faciliter, du côté des ravisseurs, une libération prochaine de l’otage franco-colombienne.

C’est aussi ce qu’avance le Président de l’Equateur, Rafael Correa, qui ajoute que la mort de Reyes a effectivement empêché une libération approuvée par les FARC et programmée d’Ingrid Bétancourt ainsi que d’autres otages.

Vrai ou faux? Puisque l’Equateur et le Venezuela ont dépêché des troupes à leurs frontières respectives avec la Colombie et rompu leurs relations diplomatiques avec Bogotá, il est impossible de savoir s’il s’agit d’une accusation de complaisance ou d’une frustration authentique.

En tout cas, les FARC savent désormais ce qu’elles ont à faire si elles veulent redorer leur blason, en cet instant propice où c’est l’armée colombienne qu’elles affrontent qui est mise en cause. Samedi, nous sommes le 8 mars, Journée internationale des Femmes, et la seule otage politique qui reste aux FARC est une femme, comme le sont les deux chefs de file de ses défenseurs en France et dans le monde – Yolanda Pulecio, ancienne sénatrice colombienne elle aussi, et Mélanie Delloye, respectivement mère et fille d’Ingrid Bétancourt. C’est un combat de femmes pour une femme, pour un pays, et pour toute l’humanité.

Que les FARC honorent cette journée pas comme les autres en rendant sa liberté une bonne fois pour toutes à Ingrid Bétancourt, dont la prolongation de sa détention signifierait sa mort à brève échéance. Si elles ne le font pas, l’on saura sans plus aucun doute ce que vaut leur parole, et l’on sera surtout à même de constater qu’elles ne sont «révolutionnaires» que par le nom, puisqu’elles passent à côté de la vraie révolution qui est celle de ce siècle.

Cette révolution, la première de l’histoire à ne pas faire couler le sang ni parler les armes, c’est la révolution des femmes, par lesquelles passe tout l’avenir du monde. Ingrid Bétancourt, Yolanda Pulecio et Mélanie Delloye incarnent trois générations de femmes porteuses de cette révolution, celle de la beauté et de la noblesse, lesquelles s’ajoutent à un courage et une intelligence dont il est à présent bien prouvé qu’elles ne sont pas le monopole des hommes – le comportement des FARC jusqu'à ce jour en étant l’ultime preuve pour qui doute encore.