UNION EUROPEENNE ET AGROCARBURANTS:

“MANGER OU CONDUIRE, IL FAUT CHOISIR”?



Ca va être beau. Oui, vraiment, ça va être beau. Quand on aura définitivement épuisé les ressources pétrolières de la planète et qu’il faudra attendre, sans appel, cinq cent millions d’années pour revoir une goutte de pétrole jaillir du sol, rien qu’à voir comment le monde réagit à l’écroulement du capitalisme traditionnel quelques mois seulement après les émeutes de la faim partout sur la Terre, on imagine quelle peur bleue va saisir les habitués de la pompe à essence qui devront mettre leur chère voiture à la casse, si l’on n’a rien trouvé entre temps pour adapter nos véhicules actuels aux énergies nouvelles. Aucun doute n’est permis, ça va être beau à voir!



Et s’il n’y avait que la disparition du pétrole comme problème. C’est que, dans le même temps, la planète se réchauffe, depuis déjà un bon bout de temps, et ça ne va pas en s’arrangeant. Autant dire que, quoi qu’on fasse pour disposer de solutions de remplacement, le même problème qu’avec le pétrole continuera de se poser, à savoir qu’il faudra toujours bien éviter d’aggraver encore un changement climatique déjà bien entamé.



Alors, qu’est-ce qu’on va donc y mettre, dans nos bagnoles? Les rendre toutes électriques, ça ne sera pas possible, on le sait déjà. Le solaire, il faudra du temps pour qu’on sache comment rouler avec. L’éolien, en voiture, ça pourrait être compliqué. C’est à ce moment-là que d’aucuns vont nous reparler de l’huile de friture, interdite à l’emploi comme carburant en France mais qu’un certain nombre d’automobilistes ne se privent pas d’utiliser déjà, au mépris des sanctions encourues, sanctions qui profitent surtout aux pétroliers, faut-il le souligner. De là à nous reparler de cette idée déjà ancienne, mais, nous dira-t-on, pas si bête que ça au bout du compte, des agrocarburants, il n’y a qu’un pas.



Les agrocarburants, on connaît tous, même les piétons comme moi. Au lieu de mettre du pétrole dans sa voiture et de polluer tout le monde en gaz d’échappement, on y met de l’agroéthanol, ce carburant fabriqué par fermentation de matières riches en sucre, comme la betterave ou la canne à sucre, ou en amidon, comme le sont le maïs et le blé. Produit surtout en Amérique du Sud et aux Etats-Unis, la France en est aussi productrice, utilisant quant à elle la betterave et le blé. Ou alors, on met de l’agrodiesel, obtenu à partir d’huiles de palme, de colza, de jatropha, de tournesol, de soja, de ricin ou d’arachide et dont les principaux producteurs sont l’Europe et l’Asie, auxquelles s’ajoute une Afrique en pleine croissance en la matière. En France, ce sont 65% de la production d’huile de colza qui sont consacrés aux agrocarburants.



Ah oui”, va-t-on me répondre, “vous voulez parler des biocarburants, n’est-ce pas?”. Oui et non.



Il y a bien ceux qui appellent ça des biocarburants, mais là, il faut se méfier. Parler d’agrocarburants, c’est mettre l’accent sur le caractère agricole de la matière première utilisée, là où biocarburant pourrait induire en erreur en laissant penser qu’il s’agit d’agriculture biologique, ce qui n’est pas toujours le cas, bien au contraire. Souvent, gouvernements et entreprises utilisent volontairement le terme biocarburants afin, justement, de tromper le consommateur sur une prétendue dimension écologique de cette alternative aux produits fossiles.



Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, c’est bien à cette solution des agrocarburants que pense l’Union européenne, actuellement présidée par la France et son chef de l’Etat, pour résoudre les deux problèmes, tant la pénurie d’énergie que le réchauffement planétaire. Alors, tout va bien? Oh que non.



Les agrocarburants, c’est la fausse bonne idée par excellence. Et pour cause.



L’Union européenne, c’est par définition l’Europe, cette même Europe qui, pour se protéger d’une immigration massive en laquelle elle voit aujourd’hui un péril alors que toutes les études démographiques montrent que c’est sa seule chance de survivance à plus ou moins long terme, parle à tort et à travers de “co-développement”, c’est à dire d’aider sur place les pays du Sud afin que leurs ressortissants n’aient plus envie de déferler sur l’Eldorado européen, du moins ce qu’ils croient l’être. Non seulement c’est donc un mauvais calcul dès le départ, mais en plus, quand bien même, c’est très mal pensé. En témoigne on ne peut plus à propos, au premier plan, le problème des agrocarburants.



Cette solution, ou prétendue telle, aux problèmes de l’Europe, correspond pour le Sud à une angoisse incommensurable, tant au niveau de l’environnement que sur le plan social et, surtout, alimentaire.



Déjà, il faut savoir que la communauté scientifique a émis de sérieux doutes sur l’avantage des agrocarburants en matière écologique, particulièrement, et ce n’est pas sans ironie, en ce qui concerne les gaz à effet de serre. Mauvais début.



Après tout, d’où sortent-ils, les composants des agrocarburants? Ils sont issus de monocultures intensives, ce qui signifie qu’ils concourent à accélérer la déforestation. Ainsi de l’Indonésie, où l’équivalent en forêt d’un terrain de football disparaît toutes les dix secondes, transformé en plantation de palmiers à huile. Et c’est loin de s’arrêter là. Pour produire de l’énergie, il faut utiliser, précisément, de l’énergie; le tout est que ce soit rentable, au vu de la quantité d’énergie mise en œuvre pour en produire. Or, le “rendement énergétique”, soit le gain d’énergie par rapport à celle utilisée pour la production, n’est pas idéal avec les biocarburants. A titre d’exemple, pour produire un litre d’agroéthanol, l’on brûle à peine moins d’énergie que l’on n’en obtient, autant dire que l’on n’y gagne rien.



L’on n’y gagne pas non plus en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, puisque le gain en est de moins de 1.5%. Pire, les agrocarburants pourraient même aggraver le changement climatique, puisqu’ils causent un changement d’affectation des sols et accroissent la déforestation. Sans oublier le danger que les monocultures présentent pour la biodiversité, la consommation d’eau ou les risques génétiques, lorsque les cultures concernent des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM). Au temps pour ceux qui voient en les agrocarburants la solution miracle en matière d’environnement!



En fait de “solution miracle”, les agrocarburants en sont d’autant plus loin qu’ils menacent aussi les cultures vivrières. Ils accaparent la terre et les ressources naturelles, d’où une menace tout aussi réelle et grave pour les populations locales. Alors que des centaines de millions de personnes dans le monde souffrent d’extrême pauvreté et de faim, la poursuite du développement massif des agrocarburants ne fait qu’aggraver encore la crise alimentaire mondiale, dont cette année a montré qu’elle a déjà atteint son paroxysme, ou en tout cas, ça y ressemble.



Ce sacré éthanol, mine de rien, il ne faut pas moins de 232 kilos de maïs pour en produire 50 litres, donc faire le plein d’une voiture. Avec la même quantité de maïs utilisé tel quel, on apporte les calories nécessaires à l’alimentation d’un enfant pendant un an. Il s’agit donc de savoir si un plein d’essence, ou de son remplaçant, vaut la vie d’un enfant. On en est là!



J’entends déjà les petits malins qui vont me dire: “Mais, attendez une minute, mon cher: si les pays du Sud peuvent développer la production d’agrocarburants pour la consommation locale, puisque vous dites que l’Europe les prive de leurs ressources, ça pourrait aussi leur permettre d’accéder à l’énergie, d’où renforcement de l’agriculture de proximité et, surtout, source de revenus! Et vous êtes contre ça?” Bien sûr que non. Mais ça, c’est le principe, c’est l’idéal. Le problème, c’est qu’en l’état actuel des choses, quand je dis que l’Europe prive le Sud de ses ressources au nom des agrocarburants, c’est parce qu’il ne se passe pas autre chose.



Pour que les agrocarburants soient une alternative viable au pétrole, leur utilisation devrait favoriser un modèle de développement moins consommateur d’énergie, afin que chacun y trouve son compte. Or, ce que l’on constate à ce jour, c’est qu’au contraire, ils entretiennent la surconsommation dans le secteur des transports. En décembre prochain, le Conseil européen des Chefs d’Etat et de gouvernement devra trancher sur l’obligation d’incorporer 10% d’agrocarburants aux carburants fossiles (issus du pétrole) d’ici 2020, et sans même attendre jusque là, la France, actuelle Présidente de l’Union européenne, a adopté, non sans que des groupes de pression y soient pour quelque chose, un Plan biocarburant encore plus ambitieux. Mis sur pied en 2004 et révisé en 2005, le Plan biocarburants (sic) fixe un objectif d’incorporation dans le marché automobile de 10% à l’horizon 2015, instaurant en outre des dispositions fiscales à titre d’incitation et prévoyant le développement des voitures “flexfuel”, équipées à la fois pour les “biocarburants” et le carburant E86.



Tout ça serait bien joli, et très louable, si l’on disposait seulement de certitudes quant à l’efficacité d’un tel plan. Seulement, il faut savoir que, déjà, le plan français prévoyant de remplacer 7% des carburants pétroliers par des agrocarburants d’ici 2010 diminuerait les émissions de gaz à effet de serre des transports routiers de moins de 5%, alors que les transports routiers en France ont vu leurs émissions augmenter de 23% depuis 1990. Globalement, cela représente donc, comme souligné plus haut, une réduction des émissions nationales d’environ 1.3%. Pas de quoi pavoiser.



Supposons maintenant que la totalité de la production mondiale des cultures contenant de l’amidon et du sucre, que ce soit le blé, la betterave, le maïs, la canne à sucre ou quoi que ce soit d’autre, soit convertie en agroéthanol. On n’y touche plus pour manger, rien que pour rouler. Résultat: elle ne permettrait de répondre qu’à 40% de la consommation mondiale actuelle de carburants, ce qui veut dire que non seulement l’alimentation mondiale s’en trouverait gravement affectée, mais aussi, et surtout, qu’il faudrait tout de même faire appel à des sources complémentaires d’énergie. La preuve est faite, les agrocarburants ne tiennent pas leurs promesses, et l’on pourrait ajouter, pour porter l’estocade, que l’objectif européen de soutien à la production d’agrocarburants pour 2020 finira par coûter plus de 22 milliards d’euros aux contribuables de l’Union européenne. Inefficace, et en plus, ruineux, ou l’inverse.



N’oublions pas, de surcroît, que l’Union européenne ne possède pas suffisamment de terres pour atteindre ses objectifs sans impact sérieux sur la production alimentaire. Alors, elle ne peut que reconnaître qu’elle devra importer des pays producteurs du Sud, politique irresponsable car vouée à générer de graves problèmes au niveau de l’environnement, mais aussi sur le plan social.



Cela dit, l’Union européenne ne manque pas d’arguments pour faire face aux incurables sceptiques. Elle propose d’appliquer aux agrocarburants des critères sociaux et environnementaux qui soient à même de certifier leur caractère durable. L’ennui, c’est qu’aucun outil de certification ne peut répondre au problème clé que constitue la demande excessive en carburants au Nord. Pis encore, ces critères sont élaborés sans concertation avec les acteurs du Sud et laissent de côté les enjeux fonciers et de sécurité alimentaire. Il y aurait bien les agrocarburants de “deuxième génération”, ceux qui utiliseraient toute la plante et non pas les seules parties comestibles, mais là encore, ce n’est pas une solution. Non seulement ces produits ne seront pas disponibles en production industrielle avant longtemps, mais ils seront toujours dépendants de monocultures à grande échelle et détourneront les terres, l’eau et les intrants des cultures vivrières. Ce n’est vraiment pas le moment.



A ce jour, ce sont 862 millions de personnes dans le monde qui souffrent de sous-alimentation, la majorité en zone rurale et dans les pays du Sud, et ce alors que la Terre produit suffisamment pour nourrir toute l’humanité. La seule conclusion logique est que c’est au niveau de la répartition que se situe le problème – et quel problème, puisque 20% de la population mondiale confisque aujourd’hui 80% des richesses!



Depuis 2005, le prix des denrées alimentaires a quasiment doublé, et de nombreuses études démontrent que la montée en puissance des agrocarburants est un facteur déterminant de cette hausse. Investisseurs et industriels ne font que renforcer encore cette dynamique en spéculant sur l’augmentation des cours, avec des conséquences catastrophiques sur les consommateurs des pays du Sud où les ménages pauvres dépensent jusqu’aux trois-quarts de leurs revenus pour se nourrir. Les émeutes de la faim de cette année dans une quarantaine de pays en sont le meilleur témoignage.



Près de trois cent millions de personnes supplémentaires sont mises en danger par la crise alimentaire et nécessitent une aide immédiate. Si la ruée vers les agrocarburants venait à se poursuivre, d’ici à 2025, ce chiffre pourrait être doublé.



Trois milliards de personnes au monde vivent principalement des revenus d’une agriculture familiale et vivrière. Elles souffrent d’une importante précarité que les politiques publiques et sociales s’obstinent à ignorer. Avec les quotas d’incorporation des agrocarburants dans le secteur des transports, c’est un marché artificiel qui a été créé, avec ses impératifs de production et de consommation qui poussent les pays du Sud à mettre en avant ces nouvelles cultures pour l’exportation.



Malgré les dénégations des gouvernements, ce sont les meilleures terres, en plus des terres “marginales” ou “délaissées”, qui sont mobilisées par les agro-industries pour l’exploitation d’agrocarburants, aux dépens des petits producteurs. Au bout du compte, ce sont quelques grands groupes qui se partagent la majorité des terres et réduisent les paysans à la dépendance, contraignant ceux-ci à modifier leur production ou à céder leurs terres.



Ce cycle d’exploitation donne lieu à de nombreuses atteintes aux Droits de l’Homme à l’encontre des populations, en particulier des peuples autochtones. Nombreux sont ceux qui se retrouvent au chômage, deviennent des migrants ou doivent accepter un travail sur les terres mêmes dont ils ont été chassés, en plus de quoi les conditions en sont la plupart du temps inhumaines.



Et le pire, c’est que, tandis que les pays du Sud subissent déjà les premières conséquences négatives du progrès des agrocarburants stimulé par la demande au Nord, l’Agence internationale de l’Energie prévoit que leur consommation totale sera multipliée par dix d’ici à 2030. Si rien n’est fait, les agrocarburants pourraient laminer les pays du Sud.



Alors, faut-il en conclure que les agrocarburants, fausse bonne idée avérée, doivent être abandonnés immédiatement?



Pas forcément.



Une première alternative à la situation actuelle serait le recours aux filières de proximité. Souvent, les populations rurales des pays du Sud sont privées d’un accès satisfaisant à l’énergie, y compris pour travailler la terre et cuisiner. Dans ce contexte, les agrocarburants destinés à une consommation locale ouvriraient la voie à de nouveaux services énergétiques, tels que l’électrification et la mécanisation d’activités domestiques ou productives, grâce à un carburant abordable. De telles filières auraient pour avantage d’optimiser les coûts de production et de placer les petits producteurs au cœur du processus.



Mieux encore, il faut croire que cette production des agrocarburants de proximité, au travers de technologies simples, peu coûteuses et sans danger pour la santé humaine, est bel et bien la seule possible.



Mais les solutions existent aussi au Nord, si l’on veut s’en donner la peine.



Tout d’abord, c’est le recours massif aux carburants, notamment pour les transports, qui doit être remis en cause. Quels que soient les carburants, une utilisation sobre et plus responsable s’impose, laquelle passe par exemple par le fait de préférer les transports en commun à la voiture, de rouler moins vite, de préférer le train à l’avion, de trier ses déchets, de soutenir les producteurs locaux, l’agriculture biologique et le commerce équitable, entre autres choses. Mais la responsabilité du choix énergétique incombe avant tout aux Etats, dont les politiques et les priorités budgétaires fixent le cap. Au lieu de s’obstiner à encourager un marché destiné à ne profiter qu’à quelques groupes d’intérêt, les gouvernements pourraient et devraient lutter de manière effective contre le changement climatique et favoriser la transition vers un modèle de consommation durable, en accroissant leur aide aux transports publics, réglementant la réduction de la vitesse maximale, incitant les constructeurs automobiles à produire des véhicules moins gourmands et promouvant les énergies renouvelables.



C’est le sens d’une campagne lancée par Oxfam France – Agir Ici, en partenariat avec les Amis de la Terre, le Comité catholique contre la Faim et pour le Développement et plusieurs partenaires du Sud (www.oxfamfrance.org/php/actions_camp_voir.php?IdCampagne=77).



Il faut soutenir cette campagne, car le temps presse. Cette année 2008 restera comme celle de la fin, sinon du monde, en tout cas d’un monde, celui où l’on pouvait laisser le Sud mourir de faim en spéculant au Nord sans retenue. Huit ans après l’an 2000, c’est aujourd’hui que meurt réellement le vingtième siècle, et qu’il faut admettre enfin que les Trente Glorieuses, la légendaire envolée économique sur trente ans qui a suivi la Seconde Guerre Mondiale et qui devait son nom à l’économiste Jean Fourastié, sont mortes et enterrées depuis déjà trente-cinq ans et ne reviendront pas, jamais.



Sur la fin de ces Trente Glorieuses, la Prévention Routière française, qui n’avait pas encore pris le nom du personnage de chef indien Bison Futé, nous disait à la télévision: “Boire ou conduire, il faut choisir”. Si l’on s’acharne sur les agrocarburants comme c’est le cas actuellement, la formule de l’avenir sera peut-être: “Manger ou conduire, il faut choisir”. Et pour bien manger, il faudra apprendre à bien conduire, non pas tant à l’auto-école qu’à la station-service.



Pour ce faire, Nicolas Sarkozy, Président en exercice de l’Union européenne jusqu'à la fin de l’année, pourrait appeler les chefs d’Etat et de gouvernement du Conseil européen à s’opposer à l’objectif obligatoire proposé par la Commission européenne d’une incorporation de 10% d’agrocarburants dans les carburants d’ici à 2020 ou à tout autre objectif chiffré, de même que notre Président de la République, hyperactif devant l’Eternel, pourrait oeuvrer avec Michel Barnier, son Ministre de l’Agriculture, à une révision du Plan biocarburants en supprimant l’objectif d’une incorporation de 10% dans les carburants d’ici à 2015, ainsi que tout autre objectif chiffré, et au-delà, revenir sur les mécanismes de soutien à la filière agrocarburants française.



Dans le même temps, les Présidents des Conseils Régionaux pourraient utilement développer les transports publics de passagers, ainsi que le ferroutage pour les marchandises en tant qu’alternative au transport routier, ce qui contribuerait à réduire la surconsommation de carburants.



Là où l’on disait ne pas arriver à trouver trente milliards d’euros pour résoudre les problèmes mis en avant par les émeutes de la faim, l’on a trouvé cent milliards pour renflouer des banques en difficulté dans la foulée de la crise boursière aux Etats-Unis. C’est établi: quand on veut, on peut. Alors, si l’on veut vraiment préparer l’après-pétrole et ce d’une manière qui aide à combattre le réchauffement de la planète, c’est aux mêmes injustices et au même système devenu hors de contrôle qu’il faut s’attaquer. Nicolas Sarkozy disait récemment au sujet de la crise financière: “Un problème mondial appelle une solution mondiale”. Que le Président franco-européen applique ce même principe aux agrocarburants et à la faim dans le monde et l’on n’en demandera pas davantage.



Oxfam France – Agir Ici a contribué à cet article.