Je lis actuellement un livre sur La photographie contemporaine - rassurez-vous, je ne comprends pas tout - et parmi les artistes majeurs cités dans l'ouvrage, des noms comme Bernard Plossu ou Martin Parr vous diront probablement quelque chose.
Dans ma petite cervelle de néophyte qui n'aura probablement jamais tout le temps et toute la concentration nécessaires pour combler ses lacunes culturelles, cette lecture provoque quand même un certain nombre de réflexions.
Elles ne sont pas toutes d'ordre artistique je vous le dis tout de suite et si mon intention première était de les partager amplement (plus tard peut-être ou par fragments... encore que le livre appartienne à la bibliothèque municipale...), je me contenterai pour l'instant d'un simple exemple car j'ai en ce moment d'autres plats sur le feux (au propre comme au figuré).
Pour bon nombre comme pour moi-même qui avons abordé la photographie à travers Internet, quelques revues spécialisées et... le marché de la quincaillerie photographique, l'usage des toys camera et la photo cheap en général restent définis comme une réaction à la technicité qui, par absence de mémoire des préjugés, est aujourd'hui devenue synonyme de l'image numérique, sinon retravaillée, provenant au moins d'un appareil très sophistiqué. Nous n'y croyons probablement pas (ou plus) vraiment tous de la même façon mais cette vulgarisation a fait son chemin, tout comme la lomographie d'ailleurs qui lui correspond commercialement.
Bien sûr si j'avais écrit foto povera au lieu de photo cheap j'aurais déjà fourni quelques indices chronologiques sur les origines d'une pratique bien antérieure au début des années 90. Je le pressentais déjà plus ou moins mais je n'imaginais pas jusque là qu'elle puisse remonter au début des années 70. Or c'est justement ce que je viens de découvrir en parcourant ce livre sur la photographie contemporaine lorsque j'ai vu cette photo de Nancy Rexroth intitulée My Mother et réalisée avec un Diana en 1970 (extraite de la série Iowa).
Mieux même, en excluant maintenant toute analogie avec les actuelles toys camera et en élargissant la question à celle d'une démarche artistique reposant sur du matériel léger et amateur, nous devrions pouvoir reculer encore plus en arrière dans le temps.
J'ai déjà lâché l'idée mais mon sentiment est qu'il nous semble parfois découvrir ou redécouvrir des pratiques sans toujours nous rendre compte que nous agissons au contraire comme des instruments de leur banalisation.
D'un autre côté et depuis me direz-vous, la Photographie s'est institutionnalisée, de jeunes photographes diplômés d'une Grande École sont capables de doper leurs oeuvres avec des discours et des références savantes à l'Histoire de l'Art, des banques ou des fournisseurs d'accès à Internet jouent les mécènes, des vedettes se ruent sur les Leica M8 tandis que d'autres exhument en grande pompe leurs polaroids...
Tout ce qui sort de là n'est pas forcément plus grand j'en conviens.