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November 4, 2009

EXPOSITION TEOTIHUACAN, CITE DES DIEUX. Paris, Musée du quai Branly

TEOTIHUACAN, CITE DES DIEUX.

Exposition du Musée du Quai Branly. Paris, du 6 octobre 2009 au 24 janvier 2010.

Exposition Teotihuacan  001, cité des Dieux. Jaguar de Xalta
Exposition Teotihuacan 001, c…
Exposition Teotihuacan, cité des Dieux  002. Sculpture du Seigneur de l'Au-Delà
Exposition Teotihuacan, cité d…



C’est la première exposition de cette ampleur jamais réalisée en Europe qui donne à la fois une vision archéologique et anthropologique de la cité. Elle présente 450 pièces, venues pour la plupart du Mexique, du musée d’anthropologie de Mexico et du musée de Teotihuacan, essentiellement et de quelques collections particulières. Elle a été conçue par l’archéologue Felipe Solis Olguin, directeur du musée national d’anthropologie de Mexico, décédé le 23 août dernier. Les pièces sélectionnées sont magnifiques et très bien mises en valeur.

Exposition Teotihuacan, cité des Dieux 004. Masque de Malinaltepec, en mosaïque
Exposition Teotihuacan, cité d…
Exposition Teotihuacan, cité des Dieux 008. Masque avec ornements d'oreilles et incrustations
Exposition Teotihuacan, cité d…

Cette exposition retrace l’histoire de la plus grande ville précolombienne (1er siècle av. J.C., VIe S. après J.C.) qui connue son apogée au IVe S. après J.C. et qui fut abandonnée en 650 (brûlée et pillée par des tribus barbares venus du Nord). Elle a donné naissance à une civilisation qui influencera toute la sphère méso-américaine. Située à 40 km. de l’actuel Mexico, sa construction procédait d’une vision cosmogonique qui se voulait une représentation de l’univers dans sa structure même. Peuplée de 80 000 à 1000 000 habitants, couvrant une surface urbaine de 22 Km2, seul 5 % du territoire a été fouillé jusqu’à présent et 90 % du site est encore enfoui. De beaux jours encore de découvertes pour les archéologues !. Ce sont les Aztèques, qui la découvrant 15 siècles plus tard, impressionnés par le gigantisme des constructions, l’ont appelé la cité des Dieux. Ils la trouvaient trop grandiose pour avoir été construite par des hommes. Ils la mythifièrent pour en faire la cité où les dieux se réunissaient pour créer le cinquième soleil. Ce sont eux qui ont également donné leurs noms aux pyramides de la lune et du soleil. Ils reprendront à leur compte la vision cosmogonique de la cité.

Depuis 11 ans, une équipe internationale d’archéologues fouille l’intérieur de la pyramide de la lune. Ils ont montré que l’actuelle pyramide est composée de 6 pyramides emboîtées l’une sur l’autre, à la manière des poupées gigognes russes. Elles ont été construites à intervalles réguliers de 52 ans, du 1er siècle au IVe S. après J.C. Six dépôts d’offrandes sacrificielles ont été trouvés (sacrifices d’hommes et d’animaux sacrés). L’exposition présente une partie des pièces, résultats de ces fouilles.

Exposition Teotihuacan, cité des Dieux 086. Sculpture anthropomorphe
Exposition Teotihuacan, cité d…
Exposition Teotihuacan, cité des Dieux 089. Sculpture anthropomorphe
Exposition Teotihuacan, cité d…
Exposition Teotihuacan, cité des Dieux 091. Couteaux en forme de serpent
Exposition Teotihuacan, cité d…

Ces travaux ont permis une avancée déterminante des connaissances concernant la faune, la flore, la croissance et la santé des hommes sacrifiés, les modes alimentaires, l‘importance des échanges entre groupes géographiquement éloignés. Ils ont également mis en évidence le caractère hégémonique et guerrier de la cité. Ils remettent en cause la croyance que la cité n’effectuait pas de sacrifices humains. Si le caractère hiérarchisé de la cité et son caractère pluriethnique (peuples dominés par les Nahuas, guerriers originaires du Nord) a été mis en évidence, on ne sait toujours rien sur la nature du pouvoir. Le mystère demeure quant à son organisation politique et aux raisons de sa disparition.

Exposition Teotihuacan, cité des Dieux 042. Oiseau avec bouclier, lance et fleur. Peinture murale
Exposition Teotihuacan, cité d…
Exposition Teotihuacan, cité des Dieux 051. Tlaloc récoltant du maïs
Exposition Teotihuacan, cité d…

Dans l’exposition on peut admirer des fragments de peintures murales. Il faut imaginer que les pierres volcaniques noires des édifices, tels qu’on peut les découvrir aujourd’hui, étaient couvertes de plâtre et de stucs peints. On peut voir également de très beaux masques, les plus beaux de la Méso-Amérique, en pierre ou en céramique. On ignore leur fonction. Ils ne peuvent être portés, ils sont dépourvus de traces d’usure ou d’usage. On pense qu’ils servaient dans les cérémonies d’inhumation.

Le site a été inscrit au patrimoine de l’Humanité de l’Unesco en 1987.

Un important et volumineux catalogue de l’exposition (480 pages au format 24,5 x 29,5 cm, 550 illustrations, dont 21 plans et cartes - EAN 978 2 757202 95-1) (42 €). Deux publications intéressantes, plus légères, sur lesquelles je me suis appuyé pour cet article : Télérama hors-série : Teotihuacan, aux origines du Mexique (7,90 €) et Connaissance des Arts H.S. N° 424. Teotihuacan, cité des Dieux (9 €) (très belle iconographie).

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October 31, 2009

PARIS. EXPOSITIONS PHOTOS EN PLEIN AIR.

PARIS. EXPOSITIONS PHOTOGRAPHIQUES EN PLEIN AIR.

Deux très belles expositions de photographies en plein air devraient attirer photographes et amateurs de belles images, qui toutes deux sont centrées sur des pays non-occidentaux.

Paris. jardin du Luxembourg. Mékong. Exposition Lâm Duc Hiên 01
Paris. jardin du Luxembourg. M…

- L’une, sur les grilles du jardin du Palais du Luxembourg (du 19 septembre 2009 au 6 janvier 2010), est le regard d’un reporter photographe, Lâm Duc Hiên, originaire du Laos, sur le fleuve Mékong, « MEKONG, HISTOIRES D’HOMMES » (Le site de l'exposition : www.mekong-lexposition.com)
, à travers les six pays qu’il traverse : Chine, Birmanie, Laos, Thaïlande, Cambodge, Vietnam.

Pour Lâm Duc Hiên, Mékong, histoires d’hommes (http://www.lamduchien.com/) est le fruit de quinze années de travail. Remontant le fleuve sur 4200 Km du delta au Viêt-Nam jusqu’à sa source au Tibet et revenant sur les eaux qui ont bercé son enfance, le photographe retisse son histoire personnelle en croisant celles des hommes du fleuve.

Reporter sans frontières, Lâm Duc Hiên s’est intéressé depuis des années à ses racines, et aux grands fleuves de ce monde. De renommée internationale et ayant une démarche engagée vis-à-vis de la protection des ressources naturelles ou des droits humains, le photographe Lâm Duc Hiên a obtenu de nombreuses distinctions et est l’auteur de 7 ouvrages et d’un film documentaire sur le Mékong.

« Réalisée par un photographe de très grand talent, 
Lâm Duc Hiên, elle offre aux passants des prises de vue des pays traversés par le Mékong autour du thème de l’eau et de la biodiversité.

Cette exposition nous fait découvrir les peuples riverains de ce fleuve dans leur vie quotidienne, par une scénographie où des paysages alternent avec des portraits.

Lâm Duc Hiên, cet « enfant du fleuve », a su, au travers de sa sensibilité, nous narrer sa propre histoire et explorer celle des autres. Il nous invite ainsi au voyage mais aussi à réfléchir aux enjeux liés à l’eau.

C’est ce regard, ce parcours, que le Sénat a souhaité vous offrir en accueillant cette exposition. ». Gérard Larcher.
 Président du Sénat

« Réouverture du Laos en 1988. Je retrouve le pays que j’ai quitté treize ans plus tôt dans le fracas de la guerre. Face à moi le Mékong.

Ce fleuve qui m’a vu naître, je l’ai traversé une nuit de 1975 pour rejoindre les camps de réfugiés en Thaïlande, puis trouver asile en France. Les émotions dévalent sur moi comme les pluies tropicales, impérieuses, salutaires, toutes puissantes.

À travers le rideau d’eau, je distingue les silhouettes familières de mon enfance, ma grand-mère Bà, les flamboyants penchés sur le fleuve, les vendeurs de rue… Je suis assailli d’odeurs, de sons, de sensations qui résonnent en moi comme l’appel incessant de la terre natale : le martèlement cadencé de la pluie sur la tôle des toits, son souffle salvateur, l’odeur enivrante des fruits murs, le carillon mélodieux et nonchalant de la langue laotienne. Rien n’a changé, mais les années écoulées dans l’isolement ont comme pétrifié cet écrin de l’enfance. Dans cette confusion des sens et des émotions, se mêlent le bonheur de retrouver les miens et la tristesse insondable de l’exilé. Cette douleur fantôme du membre amputé ne me quittera plus.

Est-ce ce jour-là que le désir de ce projet a germé en moi ? C’est en tout cas dans cet éternel aller-retour qu’il a pris forme, dans ce balancier entre l’ici et l’ailleurs. Remonter le Mékong, fouler le limon rouge pour panser l’âme meurtrie, donner un visage à des émotions souterraines. Puis, au fil de l’eau, rencontrer le destin des hommes du fleuve, être leur porte-voix. Au-delà du témoignage intime, je souhaite aujourd’hui que ce projet vous parle de nos fleuves autant qu’il parle du mien. » Lâm Duc Hiên, 
photographe.

« Lâm Duc Hiên
est un sacré photographe..

Les images de son voyage sur le Mékong allient la magie d’un fleuve qui nourrit soixante-cinq millions de personnes à la diversité des six pays qui le bordent. Le tout avec une émotion voyageuse rare, une sensibilité à laquelle son origine laotienne n’est pas étrangère.
Vouloir comprendre un fleuve, c’est d’abord questionner ses sources, ses rives, son delta ou les États le long desquels il court. Dans tous les cas, les enjeux ne sont pas les mêmes.
La Chine rêve d’un Rhin asiatique et en tient avec autorité les rênes en amont. En aval, dans le delta où se rencontrent ses eaux fluviales et maritimes, c’est le grenier du Viêt Nam, sans compter la maîtrise stratégique d’une ouverture sur la mer. Ensuite, des pays directement dépendants du Mé
kong, à l’exemple du Laos, ou, dans une proportion moindre, de la Birmanie.
Fleuve frontière, nourricier, littéraire, son aménagement est, en ce début de siècle, crucial. Barrages, centrales électriques, voies de communication : « L’avenir du Mékong dépendra de la capacité des États à gérer l’ensemble de ses ressources. » Reste qu’il continue d’envoûter les voyageurs que nous sommes. »
. Jean-Luc Marty, rédacteur en chef de Géo.

- Le livre : Lam Duc Hien, textes de Philippe Franchini. Mékong, histoires d’hommes. Editions du Chêne, 2007, réédition septembre 2009. Code ISBN / EAN : 9782812301520 19,95 €


- L’autre exposition, PHOTOQUAI 2 (www.photoquai.fr), LA 2EME BIENNALE DES IMAGES DU MONDE, se déroule du 22/09/09 au 22/11/09, sur le quai Branly, en face du musée et en partenariat avec des institutions culturelles.

Paris. Quai Branly. Photoquai 04. Photo de Julio Bittencourt (Brésil). Par une fenêtre de la tour Prestes Maia
Paris. Quai Branly. Photoquai…

Photoquai a été créée en 2007 par le musée du quai Branly et consacrée à la photographie non occidentale. Saluée dès sa première édition pour sa qualité, son originalité, son ambition et sa pertinence, Photoquai poursuit en 2009 sa mission fondamentale : mettre en valeur et faire connaître des artistes dont l’œuvre reste inédite ou peu connue en Europe, susciter des échanges, des croisements de regards sur le monde.

La direction artistique de la deuxième biennale Photoquai est confiée à Anahita Ghabaian Etehadieh, galeriste iranienne et fondatrice de la Silk Road Gallery, lieu unique, dans son pays, dédié spécifiquement à la photographie.

Exposition dédiée à la photo contemporaine, elle révèle de nouveaux talents. Regards croisés sur le monde, avec des centaines d’images de 32 pays et la participation de 50 photographes du monde entier, inconnus en Europe, issus de zones géoculturelles auxquelles le Musée du Quai Branly se consacre : Afrique, Asie, Océanie, Amérique. Les photos de cette exposition « combinent ensemble un possible instantané du monde non occidental », par ceux qui y vivent. Le choix des images retenues porte sur la qualité des regards, regards poétiques qui peuvent combiner ancrage social et lecture politique. L’environnement, la guerre, la violence, les conflits culturels et religieux, les déracinements et les migrations, les errances identitaires, travaillent nombre de photos. Les questions identitaires des femmes sont développées par les femmes photographes du Moyent-Orient, de l’Afrique noire et du Maghreb.

Manifestation grand public, Photoquai complète son dispositif de mise en avant des artistes en associant des partenaires artistiques à travers la capitale, de la colline de Chaillot au quartier du Marais, pour dessiner un panorama de la création photographique contemporaine dans le monde (voir liste sur www.photoquai.fr).

PHOTOQUAI, le catalogue de l’exposition (EAN 9782742786374) : « Conçu comme un beau livre d'art et un répertoire professionnel, ce catalogue est destiné à tous ceux qu'anime la photographie contemporaine autour du monde ». 204 pages au format 19,5 x 27,5 cm, 207 illustrations. Prix de vente public : 30 €

Published at 17:03 ( 2 comments / 35 visits )
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January 31, 2009

VOICI BIENTÔT VENU LE TEMPS DU CARNAVAL DE VENISE / Hereby coming the time of Venice’s Carnival

Venise 02. Canal derrière la Place Saint-Marc. Reflets
Venise 02. Canal derrière la P…

Venise
Pour le bal qu’on prépare,
Plus d’une qui se pare,
Met devant son miroir
Le masque noir

Alfred de Musset

En février, voici venu le temps du Carnaval de Venise. Venise, la Sérénissime, reine de l‘Adriatique !. Avec ses palais, ses églises, ses campaniles et ses coupoles qui semblent sortir du sein des eaux, de quel plus beau cadre de théâtre peut-on rêver pour la comédie du carnaval ?. Apparu aux environs du Xe siècle, le carnaval était un rite païen du Moyen-Âge qui se rattachait aux fêtes de la terre et de la moisson. Il transgressait les hiérarchies et interdits. Jusqu’au XVIIIe siècle, il durait six mois, il était prétexte de libertinage et de débauche dans une Venise en déclin. L’interdiction du port du masque par les Autrichiens, qui imposent leur domination sur la Cité des Doges en 1798, fait disparaître le carnaval. En 1980, Venise renoue avec une fête dont on a perdu de vue le sens. Le carnaval se déroule pendant les quinze jours de février qui précèdent le Mardi Gras. Des personnages costumés semblent sortis d’un jeu scénique de la commedia dell’arte ou d’une pièce de théâtre de Carlo Goldoni. D’autres portent des costumes plus originaux, créations personnelles. Chacun se met en scène et se donne en spectacle, à travers la beauté et le chatoiement des couleurs de l’habit, l’originalité et l’extravagance de la coiffure et du maquillage, les poses calculées. Scène éphémère, le spectacle se défait et se renouvelle en différents lieux de Venise : sur la Place Saint-Marc, la Logetta, la Piazetta et le môle, le quartier du Rialto, les ruelles et les ponts traversant les canaux. Des musiciens costumés animent les rues de la ville. Vitrines de masques des artisans « maschereri » dans le quartier de Dorsaduro. Des ballets de gondoles, au couchant du soleil, en route vers le grand canal, transportent leur charge de passagers à quelque bal ce soir-là.
Les personnes costumées répondent complaisamment aux sollicitations des photographes. Aussi ne boudez pas votre plaisir de photographier sans entraves !.

Carnaval de Venise 02. Devant le Palais des Doges
Carnaval de Venise 02. Devant…

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