Nombreux sont ceux qui prétendent que la peinture et la photographie sont intimement liées. Toutes deux possèdent une relation inéluctable et directe à l'image. Mais comparer la photographie à la sculpture devient immédiatement une entreprise d'un autre ordre! La fracture entre ces deux disciplines se situe à la base même de la conception des œuvres. Le photographe est pris d'une émotion profonde à la vision d'une chose qu'il immortalisera. Tandis que le sculpteur imagine, dessine avant de concevoir sa création tridimensionnelle. Son chef-d'œuvre est l'aboutissement d'un long mûrissement intellectuel. Le photographe, tout comme certains peintres, est un artiste qui tire parti de l'environnement.

Le surfeur ne fait plus qu'un avec les vagues, le skipper prend avantage des courants et des vents, le skieur opte pour des parties de pentes optimisant sa vitesse. Le photographe applique le même principe que ces sportifs de la glisse. Il cherche à réunir les conditions naturelles (lumière, couleurs,...) optimales afin de réaliser la plus belle des photos. Le chasseur d'images est donc un pacifiste. Il ne tente pas de lutter contre les éléments, il est leur complice.

La relation privilégiée entre le photographe et les forces de la nature amène l'artiste à ressentir une sensation d'unité avec l'univers. Ne formant plus qu'un, tous deux vivent en homéostase... du moins le temps de composer la photo.

Benoît

Many people claim the painting and the photography are closely linked. Both own an inescapable and straight relationship with the image. But to compare the photography with the sculpture immediately becomes an inconceivable business. The photographer is taken by a strong feeling at the sight of something he will immortalize. Whereas the carver plans out, designs before building his three-dimensional creation. His masterpiece is the result of a long intellectual thought. The photographer like some painters is an artist who takes advantage of the environment.

The surfer forms one part with the waves, the skipper benefits of the streams and the winds, the skier opts for parts of hillsides optimizing his celerity. The photographer applies the same principles than such different kinds of riders. He attempts to gather the optimal natural conditions (light, colors, ...) to take the most beautiful photograph. So, the picture’s hunter is a pacifist. He doesn’t try to fight the elements, he is their accomplice.

The priveleged relationship between the photographer and the nature forces leads the artist to sense a feeling of unity with the universe. Forming one part, both live in homeostasis... at least the time needed to compose the photograph.

Benoît